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Une étude de la Banque Mondiale explique comment le monopole d’Algérie Télécom aggrave le sous-développement numérique du pays

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C’est un constat accablant qui vient d’être établi par une étude approfondie de la Banque Mondiale sur le sous-développement numérique dont souffre encore cruellement l’Algérie. Il s’agit d’une étude approfondie réalisée par la Banque Mondiale et publiée dans son bulletin de conjoncture du mois de juin dernier. C’est une étude qui regroupe les travaux des experts de la Banque Mondiale concernant l’impact de la crise sanitaire sur les ménages les plus défavorisés dans tous les pays du monde.

Dans cette étude, les experts de la région Moyen-Orient et Afrique du Nord du groupe de la Banque Mondiale expliquent que « les vitesses des communications à haut débit mobiles comme fixes sont inférieures à celles qu’on observe dans le reste de la région Maghreb  bien que l’Algérie ait engagé d’importants investissements publics dans le développement de réseaux de fibre optique, avec un réseau fédérateur d’environ 80 000 km, ce qui pourrait positionner le pays en leader régional de la connectivité numérique ».

Et ce retard numérique accusé par l’Algérie s’explique essentiellement par le monopole absolu exercé par l’opérateur étatique Algérie Télécom sur l’infrastructure des réseaux télécommunications à travers le territoire nationale. « Le partage des infrastructures entre les acteurs du marché reste limité, pour deux raisons principales. Premièrement, Algérie
Télécom n’est pas suffisamment réglementée pour permettre l’accès de ses infrastructures à ses concurrents, et à des conditions raisonnables. Deuxièmement, la Compagnie des Infrastructures de Télécom Algérie (COMINTA/CITA) en charge de la commercialisation
de l’infrastructure de fibre optique excédentaire détenue par des entreprises publiques ne traite en pratique qu’avec Algérie Télécom, excluant tout autre concurrent », déplore à ce propos cette étude de la Banque Mondiale qui dénonce également une réduction « des opportunités d’économies d’investissement pour les prestataires de services de connectivité, les fournisseurs d’infrastructure numérique et les utilisateurs d’infrastructures informatiques de la sphère économique ».

En clair, le monopole offert par l’Etat à Algérie Télécom est une véritable calamité économique pour le pays et un acte de sabotage contre son développement technologique. Et pour cause, la concurrence est une condition indispensable pour l’émergence d’une véritable économie numérique, explique la Banque Mondiale dans son bulletin de conjoncture du mois de juin dernier.

« La concurrence en matière de communication internationale et de données est nécessaire pour faciliter l’émergence de nouveaux acteurs sur le marché, et à terme réduire le coût et améliorer la qualité de l’accès à Internet, tout en promouvant l’emploi des jeunes », argue encore la prestigieuse Institution Internationale basée à Washington.

La même constate enfin quelques améliorations en dépit des défaillances en matière de gouvernance numérique.  « Le classement de l’Algérie à l’indice Individuals Using Internet (Particuliers utilisant Internet) et la pénétration mobile se sont substantiellement améliorés ces dernières années. En particulier la pénétration mobile a connu une progression notable, surtout auprès des jeunes », se réjouit ainsi la Banque Mondiale qui relativise, tout de même, ces performances en soulignant que l’accès à Internet demeure très compliqué pour les populations les plus modestes en Algérie.

« L’accès aux services numériques est inégal, ce qui limite les progrès vers une économie numérique plus inclusive. Les femmes, les personnes les moins instruites et celles qui vivent dans des zones isolées, disposent d’un moindre accès aux TIC, celui-ci restant limité par des contraintes de prix », regrette en dernier lieu cette étude de la Banque Mondiale d’après laquelle « 75 % des ménages algériens n’ont pas encore accès à Internet à leur domicile » à cause du fossé substantiel existant en termes d’accès à Internet à domicile qui sépare « les ménages les plus riches et les plus pauvres ».

 

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