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Un médecin algérien contaminé par le COVID-19 raconte comment il « voyait la mort s’approcher à petit pas »

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Le docteur Hadj Sadok Zoheir, âgé de 52 ans, est le directeur de la santé et de la population de la wilaya de Ain Defla. Il fait partie de ces médecins algériens qui ont été contaminés par le coronavirus COVID-19 au cours de l’exercice de leur travail. Le docteur Hadj Sadok Zoheir a vécu une véritable mésaventure qui aurait pu mal se terminer. Aujourd’hui, ce médecin garde des séquelles de cette maladie qui a failli mettre sa vie en péril. Dans un témoignage diffusé par l’agence APS, ce médecin et responsable de la direction de la santé de la wilaya d’Ain Défla raconte l’intensité de cette maladie qui l’avait beaucoup affaibli. Il décrit les moments les plus difficiles et confie qu’il « voyait la mort s’approcher à petit pas ». Un témoignage touchant que la rédaction d’Algérie Part a décidé de le partager avec ses lecteurs et lectrices afin de prendre conscience des dangers de cette épidémie. Chacun d’entre nous est exposé à ce danger. Soyons tous vigilants et respectons les règles sanitaires. Et celui, ou celle, qui n’en est pas encore convaincu, nous lui conseillons de lire ce témoignage : 

 

Aux premiers rangs de la lutte contre le Covid-19 à Aïn Defla depuis des semaines, le Dr. Hadj Sadok Zoheir a fini par faire les frais du redoutable virus, échappant de justesse à une mort qui semblait certaine.

Tout en mettant cette expérience inédite sur le compte des « risques du métier », ce médecin de 52 ans et également directeur de la santé et la population (DSP) de la wilaya a livré à l’APS un témoignage poignant sur les 23 jours d’isolement sanitaire passés chez lui et à l’hôpital, soutenant que la pandémie laissera en lui « des traces indélébiles qui le marqueront à jamais ».

C’est lors d’une réunion tenue avec un groupe de médecins spécialistes (épidémiologistes, médecins-réanimateurs et ceux s’adonnant à la médecine préventive) en vue de discuter des voies et moyens susceptibles d’améliorer les conditions de prise en charge des malades atteints du Covid-19 que Dr Hadj Sadok a été contaminé par un médecin exerçant à l’hôpital de Khémis Miliana lequel était atteint par l’ennemi invisible ».

« J’ignorais lors de cette rencontre de plus de deux heures que ce collègue était sous traitement car lui-même atteint du virus », a-t-il reconnu, signalant qu’à la faveur de son statut de médecin, il a très vite compris que des symptômes tels les douleurs thoraciques, la fièvre, les courbatures, la diarrhée et la fatigue constituaient des indices de sa contamination au Covid-19.

Sans perdre un instant, il passe un scanner qui a révélé une atteinte radiologique typique du Coronavirus, se faisant aussitôt ausculté par un médecin, ce dernier décidant de son placement au niveau du service d’isolement de l’hôpital de Aïn Defla pour une durée de onze jours.

 == Des séquelles indélébiles ==

Passant désormais du statut de médecin à celui de malade, Dr Hadj Sadok reconnaît avoir rencontré des difficultés d’adaptation au début de son admission à l’hôpital si bien qu’il a perdu tout envie de manger.

« Mon bilan sanguin était perturbé car je ne mangeais pas, une situation exacerbée par des céphalées et des courbatures », a-t-il expliqué, faisant néanmoins état d’une progressive amélioration au bout du huitième jour « grâce notamment aux effets positifs de la chloroquine ».

Après avoir quitté l’hôpital, M. Hadj Sadok est astreint à une autre période de confinement chez lui (12 jours) au bout de laquelle il est, à sa très grande joie, déclaré complètement guéri.

« En me rappelant les faits selon leur ordre chronologique, je dis, sans risque de me tromper, que je suis revenu de loin », a-t-il reconnu, assurant qu’au paroxysme des douleurs, il « voyait la mort s’approcher à petit pas » (il répéta cette expression quatre fois).

Dans ses tentatives de surpassement et pour se donner du courage en vue de tenter d’échapper à la mort, il s’est concentré sur l’un de ses meilleurs enseignants qui lui a inculqué l’amour de la médecine, en l’occurrence feu le Pr Mehdi Si Ahmed, terrassé par l’horrible virus il y plus d’un mois alors qu’il était à l’avant-garde de la lutte contre l’épidémie à Blida.

« C’était un médecin hors-pair, une sommité dans le monde de la médecine disposant de surcroît d’une moralité et d’une conscience professionnelle inégalables », a-t-il assuré.

Pour Dr Hadj Sadok, sa contamination au Covid-19 et le combat livré pour le vaincre resteront à jamais gravés dans sa mémoire, observant que sept jours près-avoir été déclaré guéri, ses jeunes filles (7 et 11 ans) évitent de l’enlacer car redoutant une contamination de sa part.

Relevant par ailleurs non sans philosophie qu’ »à quelque chose malheur est bon », il a estimé que l’avènement de la pandémie en Algérie a permis de réhabiliter les blouses blanches.

« Les gens s’intéressent d’avantage aux médecins et à leur rôle dans la lutte contre toute sorte de pathologies », s’est-il félicité, observant qu’en lieu et place de certaines scènes d’agressions à l’endroit des médecins, des paramédicaux et des agents de sécurité au sein même des enceintes hospitalières, ces derniers, outre les applaudissements auxquels ils ont droit, se voient remettre des cadeaux et des fleurs par les citoyens en guise de reconnaissance du travail effectué.

Mais, parallèlement aux efforts consentis par le corps médical dans la lutte contre le Covid-19, le DSP de Aïn Defla mets en exergue l’importance de l’adhésion du citoyen dans cette démarche, mettant l’accent sur la nécessité de l’observation du confinement sanitaire.

Pour lui, les images aussi choquantes que bouleversantes de cohue et de frénésie observées dans des marchés bondés de monde attestent que les gens prennent le sujet à la légère, estimant que « le mal n’arrive qu’aux autres.

« A peine les marchés furent-ils rouverts que la+ fièvre acheteuse+ s’est emparé des gens, leur faisant oublier les risques encourus par le Covid-19 », a-t-il regretté.

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