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Tellement préoccupé par la répression du Hirak, le pouvoir algérien a négligé la menace de l’épidémie du COVID-19

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C’est une erreur fatale que l’Algérie est en train de payer chèrement, très chèrement. Depuis le début de l’épidémie du COVID-19, « officiellement » fin février 2020, les autorités algériennes n’ont pas pris très au sérieux cette menace pour la santé publique. Confinement bâclé, dépistage dérisoire, enquêtes épidémiologiques très défaillantes, l’Etat algérien s’est montré totalement négligeant face à l’une des pires pandémies de l’histoire contemporaine de la planète. 

L’addition de ces négligences successives est très salée : aujourd’hui, l’Algérie est totalement dépassée par la crise sanitaire et le nombre des cas contaminés a totalement explosé plongeant ainsi toute l’Algérie dans une angoisse générale obligeant les Algériens à subir pendant encore longtemps les mesures sanitaires drastiques qui limitent leur vie sociale et, surtout, leurs activités économiques. Ces négligences s’expliquent essentiellement par l’obsession du pouvoir algérien d’étouffer définitivement le Hirak, le mouvement populaire du 22 février 2019.

Depuis le début de l’épidémie du COVID-19, le pouvoir algérien a utilisé abusivement le prétexte de la crise sanitaire et du confinement pour arrêter à tour de bras les activistes et militants du Hirak. Les incarcérations se poursuivaient chaque jour pour un simple commentaire sur Facebook ou un dessin ironique diffusé sur les réseaux sociaux. En pleine pandémie, au lieu d’appeler à l’union nationale pour faire face au COVID-19, le régime algérien a considéré la situation sanitaire comme « une bénédiction » pour justifier sa répression afin de profiter des rues désertes qui s’offraient à lui en raison du civisme des Algériens qui ont refusé de poursuivre le Hirak dans le seul but de préserver la santé publique.

Depuis le début de la crise sanitaire, les prisons se sont remplies comme jamais auparavant en Algérie. La promiscuité dans les plus grandes prisons du pays comme à El-Harrach ou Koléa a provoqué l’avènement de plusieurs foyers de COVID-19. En parallèle, les autorités algériennes, totalement concentrées sur la mission de bâillonner définitivement le Hirak, ont démissionné sur le front sanitaire confiant ainsi la gestion de cette crise historique à un ministère de la Santé noyé par les lobbys affairistes et les bureaucrates corrompus. Les conséquences furent lourdes de conséquences : à la mi-mai, le scandale de la Pharmacie Centrale des Hôpitaux (PCH) éclate, la mort de la jeune médecin enceinte Boudissa Wafia le 16 mai dernier  des suites d’une contamination au COVID-19 a fini par prouver toute la gestion chaotique des hôpitaux algériens. Des hôpitaux incapables d’endiguer la vague de contaminations.

Le populisme des autorités algériennes en plein mois du Ramadhan a aggravé enfin la propagation de pandémie. Des commerces rouverts et des marchés de proximité tolérés pour faire diversion et poursuivre en douce la répression à l’encontre des acteurs des Hirak. Depuis le début de ce mois de juin, la bombe qui était à retardement a fini ainsi par exploser. La pandémie s’est enracinée dans une Algérie très mal-gérée.

Ce dimanche 28 juin, trois-cent cinq (305) nouveaux cas confirmés de Coronavirus (Covid-19) ont été enregistrés sur le territoire national. Un record depuis le début de l’épidémie le 26 février 2020. La veille, le samedi 27 juin, plus de 283 nouveaux cas ont été recensés. Le vendredi 26 juin, 240 cas. Ces chiffres sont naturellement en deçà de la réalité épidémiologique en raison des capacités de dépistage très faibles du pays. Mais ils suffisent, tout de même, pour dessiner une amère vérité : l’Algérie est devenue un dangereux foyer du COVID-19 et l’été promet d’être très compliqué pour les Algériens. A qui la faute ? No comment.

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