Sous couvert de lutte contre le terrorisme, l’Algérie durcit sévèrement le contrôle des passagers et voyageurs dans les ports et aéroports

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Live d’Algérie Part avec Abdou Semmar : Dans la plus grande discrétion, les autorités algériennes ont décidé d’adopter un dispositif réglementaire qui durcit sévèrement le contrôle des passagers et voyageurs dans les ports ou aéroports du pays. Désormais, tous les passagers et voyageurs de ou vers l’Algérie seront fichés et leurs données personnelles analysées, stockées, enregistrées et transmises aux services secrets ainsi qu’aux autorités militaires ou le haut commandement de l’Etat-Major de l’Armée. Et pour justifier le bien-fondé de ce dispositif, les autorités algériennes invoquent… la lutte contre le terrorisme et la criminalité sous toutes ses formes. Explications.

C’est un décret qui est passé pratiquement inaperçu. Et pourtant, il s’agit d’un décret qui va changer radicalement le quotidien des voyageurs et passagers algériens qui voudront quitter ou entrer sur le territoire national. Il s’agit effectivement du  Décret présidentiel n° 21-351 du 6 Safar 1443 correspondant au 13 septembre 2021 portant création d’un dispositif national de traitement d’informations passagers et fixant ses missions, son
organisation et son fonctionnement.

Ce décret présidentiel paru le 20 septembre dernier affirme clairement qu’il a pour « objet la création d’un dispositif national de traitement d’informations passagers et fixant ses missions, son organisation et son fonctionnement, désigné ci-après le « dispositif » ».

Ce dispositif va imposer un nouveau contrôle absolu sur les informations liées à l’enregistrement des passagers et contenues dans le passeport ou dans un autre document de voyage et des informations générales concernant le vol ainsi que les informations liées à la réservation et contenues dans les dossiers créés par les transporteurs et les opérateurs de voyages, les compagnies aériennes ou leurs agents agréés, pour chaque vol.

Le nouveau dispositif doit contrôler aussi « toute information quel qu’en soit son support, concernant une personne identifiée et nécessaire pour permettre le traitement et le contrôle des réservations par les transporteurs et les opérateurs de voyages », indique-t-on dans le même décret présidentiel.

Ce nouveau dispositif a instauré également une « Unité nationale d’informations passagers (UNIP) ». Il s’agit d’un nouveau organisme qui « est présenté comme un organe opérationnel intersectoriel à caractère national, chargé de la collecte, du traitement, de la transmission et de la conservation des informations des passagers empruntant les voies aérienne, maritime, terrestre et ferroviaire, de ou vers l’étranger, transmises par les transporteurs et les opérateurs de voyages », nous apprend encore le décret présidentiel du 20 décembre dernier.

Cette UNIP a été placée sous le contrôle d’un tout autre nouveau organisme que les autorités algériennes ont créé : il s’agit du conseil d’orientation et de coordination appelé par le nouveau décret présidentiel « conseil ». Ce dernier va permettre aux services de sécurité d’accéder à toutes les informations passagers selon le niveau souhaité ou exigé pour les besoins d’une enquête sécuritaire.

Il est à noter que ce « conseil » sera présidé par le ministre chargé de l’intérieur et il sera composé d’un représentant du ministère de la Défense Nationale, du commandant  de la Gendarmerie Nationale, de la DGSN et des deux principales directions des services secrets algériens, à savoir le renseignement extérieur et intérieur.

« Les conclusions des travaux de chaque session du conseil font l’objet d’un rapport adressé au Président de la République, avec copie au Premier ministre ou au Chef du Gouvernement, selon le cas, ainsi qu’au Chef d’Etat-major de l’Armée Nationale Populaire, au plus tard, dix (10) jours après la date de la tenue de la session », explique ainsi le nouveau décret présidentiel pour mettre en relief la nouvelle organisation sécuritaire adoptée afin de contrôler plus minutieusement les sorties et entrées sur le territoire national.

Avec la création de l’Unité Nationale d’Informations Passagers, les autorités algériennes vont ainsi procéder à « la collecte, du traitement et de la conservation des données de réservation, d’enregistrement et d’embarquement des passagers, notamment les données
API-PNR, transmises par les transporteurs et les opérateurs de voyages ». En clair, tous les déplacements de la population algérienne seront scrutés, analysés et potentiellement enregistrés dans des bases de données.

Il faut savoir, en outre, que cette nouvelle unité « est composée de personnels détachés
des services habilités du ministère de la défense nationale, de la direction générale des douanes et de la direction générale de la sûreté nationale ». Ainsi, l’Armée sera associée de manière inédite au contrôle des passagers et voyageurs qui emprunteront les ports, aéroports ou gares maritimes du pays.

D’ailleurs, on nous apprend encore à ce propos que « les données de réservation, d’enregistrement et d’embarquement des passagers ainsi que les modalités de leur transmission, par les transporteurs et les opérateurs de voyages, sont déterminées par arrêté conjoint du ministre de la défense nationale et des ministres chargés des finances, de la justice, de l’intérieur et des transports ». C’est dire que l’institution militaire est, désormais, grandement impliquée dans le contrôle des flux de voyageurs nationaux ou étrangers qui entrent ou sortent du territoire nationale. C’est une nouveauté intrigante qui renforce ainsi encore davantage la mainmise du ministère de la Défense Nationale sur des volets qui relevaient habituellement en Algérie de la DGSN, des Douanes ou de certaines institutions civiles comme le ministère des Transports.

11 COMMENTS

  1. Cette nouvelle occupation de l’Algérie est inédite !
    Elle n’est ni à l’Anglaise ; ni à la française, mais à
    la « Idha Ôribat Khoribat »:
    On chasse les autochtones, on fait la razzia et on
    se partage le butin. Et en prime, on vous dit pour
    vous narguer :
    Inal li ma ihabnach !

  2. Frère balou on fera ce que IDIR atherhem rebee a fait c’est à dire exile personnel moi l’Algerie adieu tant que les fils de putes gouvernent,inaadine rebee nessen ,j’ai toute ma famille là-bas qui me manquera énormément aderzegh oula adeknough ces fils de putes ne déciderons jamais sur ma vie Loco a entièrement raison de tout nier leurs races et religion qui n’ont rien avoir avec nous les vrais algériens .

  3. A frère Amara
    Je partage ton point de vue, mais moi personnellement je ne peux pas imaginer
    qu’une poignée de mercenaires voleurs et corrompus puissent m’interdire ou m’empêcher
    de regagner les terres de nos ancêtres sans réagir
    C’est ces mêmes pourritures qui crient haut et fort sur le fait de l’occupation du Sahara occidentale et de la Palestine .. alors qu’ils appliquent le même processus à l’encontre des autochtones.

  4. Dans une autre rubrique, il est dit que « le niveau encore élevé du sous-développement technologique et numérique de notre pays » est flagrant et certainement préjudiciable à l’évolution globale du pays. Et le rédacteur de cet article de conclure: « Il y a une véritable urgence à moderniser rapidement l’Algérie ».

    Oui, mais…

    C’est ce qui est entrepris actuellement par les différents services de renseignements à l’image de ce qui est pratiqué « ailleurs » et particulièrement en Chine avec les populations d’origine ouïgours, mais pas que… toutes critiques de Xi est immédiatement sanctionnée, dans l’heure!

    Il est en effet important que l’outil informatique soit mis à la disposition de la société algérienne mais il y a un risque de dérive. Explications: Tant que nous n’avons pas une démocratie réelle et un état de droit authentique qui offrent aux citoyens des espaces de liberté de penser, de croire, de se déplacer, de créer, … fondé sur le droit, cet outil peut devenir, pour une caste, ou une ethnie, un parti politique, un moyen efficace d’asservir l’ensemble de la population d’un pays donné.

    La mise en place d’instruments de la surveillance des individus se déplaçant vers l’étranger, et en particulier vers la France, n’est que le début de la première phase d’une véritable surveillance de la population de ce pays. Avec toutes les dérives que cela comporte quand la justice est à la botte du pouvoir et qu’une caste n’existe que grâce à la prédation qu’elle tire des recettes de l’Etat.

    Un autre point important est la mise en place de cet outil et son ouverture sur le monde. Les régimes à la mode chinoise font en sorte d’avoir la main mise sur ce qui se passe dans leur propre pays. Et pour cela ils bloquent toutes applications, toutes sortes de réseaux sociaux comme tous sites de vidéos et de streaming. Donc cet outils devient alors un moyen de conditionnement de la population et au libre cours de la propagande.

  5. Ce jour un crochet pour se recueillir sur la tombe d’un grand Monsieur à Moissac.
    Que d’émotions.
    Après cette pandémie, je me suis promis d’aller me recueillir sur la tombe d’un autre grand Monsieur à l’île de la Réunion.
    Quant à n’anjiri, arighass thavlat iwoul.
    Bien à vous mes frères et sœurs.