Plus de 8,6 millions d’enfants et 6,8 ans d’adolescents algériens : quel pays va-t-on léguer pour les générations futures ?

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L’Algérie compte plus de  8,6 millions d’enfants âgés de moins de 9 ans et plus de 6,8 millions d’adolescents âgés de moins de 19 ans,  nous apprennent les plus récents chiffres sur l’évolution démographique dans notre pays. En effet, l’Office National des Statistiques (ONS) vient de révéler à ce sujet de nouvelles statistiques sur la démographie algérienne et ses nouveaux indicateurs enregistrés en 2020. Et les données de l’ONS révèlent que durant l’année 2020, la part de la population âgée de moins de cinq ans continue sa baisse, passant de 11,7% à 11,5% entre 2019 et 2020, au profit de celle âgée de 5 à 9 ans qui constitue désormais 10,5% de la population totale, contre 10,4% en 2019.

Les données démographiques dévoilées par l’ONS nous dévoilent, par ailleurs, que la population âgée de moins de 15 ans poursuit sa progression puisqu’elle passe de 30,4% à 30,6% durant la même période. Cela signifie clairement que l’Algérie est toujours un pays jeune qui poursuit son renouvellement démographique à travers l’avènement des générations futures. Or, une question s’impose à l’esprit : que fait l’Algérie d’aujourd’hui pour offrir du bien-être, du confort et du développement aux générations futures ? Quelle Algérie va-t-on léguer réellement à ces futurs algériens qui grandissent pour devenir adulte dans les 5 ou 10 prochaines années ?

Les défis seront nombreux à soulever car ces futurs algériennes et algériens auront besoin de logements, de travail, de salaires, de revenus, d’hôpitaux ou d’écoles ainsi que d’universités. Cela signifie qu’il faut financer de nouvelles infrastructures publiques, développer le pays et assurer sa sécurité. Ce qui exigera des dépenses publiques qui nécessiteront, à leur tour, des recettes budgétaires importantes. Au regard des indicateurs économiques et financiers du pays, l’Etat algérien n’est pas du tout prêt à satisfaire les futurs besoins des générations futures. Et pour cause, la croissance démographique est plus forte que la croissance économique. Et le pays ne suit pas le rythme de l’augmentation de sa population.

Alors que l’Algérie du début des années 2000 avait enregistré 580 000 naissances, le chiffre a été de 1.1 million au cours de l’année 2016, soit une progression du simple au double pour une période d’environ 15 ans.

Cette évolution démographique est une potentielle source de conséquences, qui peuvent s’avérer positives ou négatives, même si ces dernières semblent largement l’emporter. Concernant les éléments positifs, il y en a principalement deux. Tout d’abord, la poursuite d’une croissance démographique soutenue conduira probablement l’Algérie à devenir plus peuplée que la France à terme et à en faire la puissance démographique dominante du Maghreb, le Maroc, à la fécondité moindre, semblant distancer. Le pays devrait donc voir son poids géopolitique se renforcer sur la scène internationale. Ensuite, second point positif, la jeunesse de la population, lorsqu’elle est bien canalisée, est source d’innovations, en particulier sur le plan économique.

Concernant les éléments négatifs, ils sont de plusieurs ordres et non négligeables. Le premier concerne les ressources alimentaires. En effet, si la nature algérienne devrait potentiellement permettre de nourrir les quelques dizaines de millions d’habitants supplémentaires prévus, en l’état actuel du niveau de développement de l’agriculture algérienne, cela risque d’être compliqué, étant donné les difficultés à atteindre l’auto-suffisance. Le deuxième problème concerne l’emploi. En effet, dans un contexte de chômage de masse endémique, qui n’apparaît pas dans les statistiques officielles, et de faible création d’emplois, en particulier dans le secteur privé, les perspectives de trouver un emploi dans le futur aux générations pléthoriques est mal engagé. Un troisième problème est d’ordre social. Qui dit jeunesse pléthorique, dit aussi instincts révolutionnaires au moment de l’entrée de l’âge adulte, qui plus est si la situation économique et/ou politique n’est pas à la hauteur des ambitions des jeunes générations. Les années 2030 risquent d’être assez mouvementées si l’Algérie ne décolle pas enfin économiquement d’ici là.

 

6 COMMENTS

  1. Quant à nos responsables grabataires, ils te disent « H’yini el yawm ; W’aqtalni Ghadwa » !
    Les jeunes, c’est l’affaire de leurs pères ; ils n’ont qu’à payer les baltaguis pour leur faire
    traverser la méditerranée pour s’affirmer ailleurs en « Harragas » !!!
    Circulez, y’a rien à voir ! En Algérie, on règne, on ne s’abaisse pas aux problèmes
    d’intendance (de gestion) du peuple !!! C’est depuis 60 ans que ça dure, vous ne l’avez
    pas encore compris ? Vous êtes dure de la feuille ou quoi ?

  2. L’espérance de vie en Algérie est de 77,5 ans…en Afrique elle est de …63 ans. et au niveau mondiale la moyenne est de 72 ans
    C’est un pays très jeune, et de jeunes qui a multiplié sa population de 500 % en 60 ans
    En 1962 , il y’avais 10 millions d’habitant dont 800.000 de pieds noirs…qui eux sont partis
    En 2022, il y’a 45 millions d’habitants ….c’est intenable
    La france est passé de 49,7 millions en 1962 à 67 millions aujourd’hui
    La chine ne s’est développé que quand elle a fait baissé son taux de natalité …
    Nous, on voit la population augmenter de 1,2 millions chaque année avec les couts que cela engendre

  3. Compte tenu du rythme de la croissance démographique de 500 % en 60 ans et de celui du développement économique, en panne sèche, comment allons-nous faire pour nourrir une population qui va doubler à l’horizon de la décade à venir,
    en sachant que nos responsables ne sont plus en âge de gérer un pays mais de régner simplement ?
    Doit-on déduire que l’ouverture des vannes pour « El Harga » est la solution « idoine » imaginée en haut lieu ?
    Est-ce à dire que le peuple est définitivement déclaré comme variable d’ajustement dont l’unique horizon sera la répression ou « El Harga ? Il paraît que gérer, c’est prévoir ; mais régner, c’est faire l’autruche en se mettant la tête dans
    le sable ? Pendant qu’une catégorie d’irresponsables applaudissent en disant « qu’el dzaïr takfina wa intouma hargo » !!!

  4. Ils n’ont pas de pères seulement, mais des mères aussi qui travaillent souvent (enseignantes, infirmières, caissières, en service public, etc…) pour nourrir leurs enfants…
    Ce rappel juste pour rétablir un peu de parité et de justice dans notre société violemment patriarcale…la preuve, même dans cet article la photo est exclusivement masculine….