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Logement, emploi, santé ou accès à Internet : Une étude de la Banque Mondiale dévoile l’ampleur des inégalités en Algérie

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L’Algérie est un pays de plus en plus inégalitaire. Et les conséquences désastreuses de la pandémie de la COVID-19 sont en train d’aggraver les inégalités dans le pays, rapporte une étude approfondie réalisée par la Banque Mondiale et publiée dans son bulletin de conjoncture du mois de juin. Il s’agit des travaux sur l’impact de la crise sanitaire sur les ménages les plus défavorisés.

Malgré le manque de données relevé par le rapport (Cf. « aucune donnée ne mesure directement l’impact de la pandémie de COVID-19 sur le bien-être des Algériens »), les auteurs ont établi des comparaisons régionales afin d’envisager une analyse de l’impact de la pandémie en Algérie.  Selon ces travaux, les mesures de confinement sont plus susceptibles d’avoir impacté négativement les personnes vulnérables en raison d’un accès limité à internet et par manque d’équipement adéquat.

L’étude précise que seulement 26 % des Algériens disposeraient en effet d’internet à leur domicile. Dans la catégorie des Algériens aux revenus les plus bas et les moins riches, les résultats exposent une situation encore plus précaire puisque seulement 6% des individus disposeraient d’un ordinateur personnel et 1% aurait accès à Internet.

La promiscuité des logements et le manque d’accès à l’eau sont également susceptibles de dégrader leurs conditions de vie et augmenteraient le risque de contaminations dans ces foyers. A ce propos, l’étude de la Banque Mondiale démontre qu’au sein des algériens les plus pauvres, au moins 3 personnes dorment dans la même chambre d’un logement alors que ce nombre est de 2 personnes pour les catégories les plus aisées de la population algérienne.

36 % des ménages algériens ayant les revenus les plus bas du pays n’ont pas encore accès à l’eau potable et courante au sein de leurs foyers, nous apprend la même étude alors que 98 % des Algériens les plus aisés jouissent quotidiennement de l’eau courante au sein de leurs logements. Par ailleurs, 20 % des ménages les plus pauvres de la population algérienne n’ont pas encore un accès à des toilettes privatives et doivent ainsi partager des toilettes avec d’autres foyers.

« Les Algériens pauvres et vulnérables vivent dans des conditions de promiscuité accrue, disposent d’installations sanitaires de moins bonne qualité et souffrent du manque d’accès à l’eau courante à l’intérieur de leurs logements, ce qui les rend plus susceptibles aux contaminations », déplore encore à ce sujet la même étude de la Banque Mondiale d’après laquelle « les Algériens les plus pauvres vivent dans des conditions de promiscuité avec trois personnes par chambre, en moyenne, contre deux, en moyenne, pour les ménages
plus aisés ».

Il faut savoir que pour évaluer les inégalités entre les niveaux de vie de divers groupes sociaux au sein de la même population, les experts en sciences économiques trient la population d’un pays déterminé par ordre décroissant de fortune personnelle. Ensuite, ils découpent le résultat en 5 morceaux de taille égale appelés dans le jargon des économistes et sociologues des quintiles. 1er quintile = Les 20% les plus riches, 2eme quintile = ceux entre 20 et 40% (donc les riches), 3eme quintile = ceux entre 40 et 60% (classe moyenne), 4eme quintile = ceux entre 60% et 80% et enfin ceux entre 80% et 100% (les très pauvres).

Partant de cette méthode empirique, l’étude de la Banque Mondiale s’est  interrogé également sur le caractère inégalitaire du système de santé algérien, qui malgré des dépenses individuelles de santé plus élevés en comparaison à des pays au PIB comparable, demeure inégalement réparti. A titre d’i’lustration, le rapport de l’institution financière internationale a évoqué les différences de couvertures entre les personnes appartenant aux quintiles les plus riches (couverts à 88%) contre celles du quintiles le plus inférieur (couverts à 54%). En conclusion, la Banque recommande de réformer du système de santé algérien, afin de le rendre plus équitable en matière de couverture financière.

Algérie Part reviendra avec beaucoup plus de détails sur les conclusions de cette savante étude de la Banque Mondiale sur les inégalités accrues en Algérie dans ses prochaines publications.

 

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