L’International Crisis Group (ICG): pourquoi le Hirak risque de s’épuiser

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“Algérie, vers le déconfinement du Hirak ?”, c’est le titre du dernier rapport consacré par l’International Crisis Group (ICG) à l’Algérie. L’ICG est une très influente ONG spécialisée dans la prévention et la résolution des conflits meurtriers grâce à un travail de recherche sur le terrain, des analyses et des recommandations indépendante. Elle vient de réaliser une importante étude géostratégique sur la situation politique et économique actuelle en Algérie.

Dans ce rapport de conjoncture publié le 23 juillet dernier, l’International Crisis Group (ICG) a analysé ls probables évolutions du mouvement algérien de contestation populaire, alias le Hirak.

En effet, l’ICG, une ONG de 110 professionnels dans le monde entier, de 46 nationalités et parlant 53 langues différentes, a expliqué dans ce dernier rapport consacré à l’Algérie que l’épuisement du hirak est un scénario totalement probable en Algérie.

Et pour cause, « ni le pouvoir ni le hirak ne semblent prêts à subir les conséquences d’une offensive mal préparée », estiment les analyses de l’ICG qui rappellent qu’en « plus de 50 ans, le pouvoir a cumulé une vaste expérience dans la gestion des dissidences et les partisans d’un durcissement plus radical de la réponse au hirak seraient en train de perdre du terrain ».

Le dernier rapport de l’ICG explique, par ailleurs, que le retour des « anciens du département du Renseignement et de la Sécurité (DRS) » constituent une véritable menace pour le Hirak et ses animateurs.  « Le camp des dits « anciens du DRS » se renforcerait ainsi, promouvant davantage la neutralisation des figures du hirak par la cooptation, le chantage aux dossiers, l’emprisonnement suivi de négociations sur les modalités de réhabilitation conditionnelle, la récupération des mots d’ordre démocratiques et populaires, l’infiltration d’organisations associatives, syndicales et politiques ainsi que la réorientation de leurs sources de financement », détaille encore le rapport de l’ICG.

Face à cette nouvelle stratégie, le Hirak va demeurer sans aucune organisation et ne désignera pas « des représentants officiels » et aucune représentation du Hirak ne devrait être désignée « de sitôt ». Dans ce contexte, les analystes de l’ICG constatent que « cette absence de leadership officiel conduit donc les animateurs les plus influents du mouvement à refuser les initiatives de dialogue politique proposées par les autorités ». « De fait, le hirak pourrait se maintenir encore longtemps dans sa tranchée et s’épuiser. Ceci créerait un vide qui pourrait éventuellement pousser des groupes minoritaires qui en sont issus à durcir leur discours et à radicaliser leur mode d’action », conclut ainsi le rapport de l’ICG, une ONG dotée d’un personnel hautement qualifié, agissant en tant qu’yeux et oreilles du monde face à l’imminence de conflits, et d’un conseil d’administration jouissant d’une grande influence et capable de mobiliser une action efficace de la part des décideurs politiques du monde entier.