L’International Crisis Group (ICG) : le hirak pourrait s’épuiser créant un vide au profit de groupes plus radicaux

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La célèbre ONG basée à Bruxelles l’International Crisis Group (ICG), spécialisée dans la prévention et la résolution des conflits meurtriers grâce à un travail de recherche sur le terrain, des analyses et des recommandations indépendante, vient de réaliser une importante étude géostratégique sur la situation politique et économique actuelle en Algérie. Dans ce rapport de conjoncture publié le 23 juillet dernier, l’International Crisis Group (ICG) met en très sévèrement en garde contre le risque élevé de la disparition du Hirak et le créé qui profitera à des groupes politiques minoritaires et radicaux. 

En effet, l’ICG, une ONG de 110 professionnels dans le monde entier, de 46 nationalités et parlant 53 langues différentes, a expliqué dans ce dernier rapport consacré à l’Algérie que « le hirak pourrait s’épuiser, et en l’absence de mesures répondant aux aspirations que le mouvement exprime, créer un vide laissant la place, dans quelques années, à des groupes minoritaires prônant un discours plus dur et des modes d’actions plus radicaux ».

L’ICG craint une radicalisation de la contestation politique en Algérie qui pourrait menacer la stabilité sécuritaire du pays. Et dans ce sillage, « pour écarter les scénarios les plus risqués et élargir le soutien au président Tebboune, le pouvoir devrait concrétiser les promesses d’ouverture politique faites par le nouveau chef de l’Etat », conseille l’ICG.

« Ceci passerait, par exemple, par la libération des prisonniers d’opinion, la levée de la censure médiatique et la fin des arrestations arbitraires. De même, il pourrait, sans chercher à les coopter, apporter un soutien accru aux réseaux citoyens que les animateurs du hirak ont mis en place afin de lutter contre l’épidémie et son impact social », suggère encore l’ICG qui ne manque pas de saluer l’attitude du Hirak face à la crise sanitaire du COVID-19.

« Face au danger sanitaire, le mouvement a fait preuve de sens civique et a respecté les mesures restrictives mises en œuvre par le pouvoir pour endiguer l’épidémie. Le hirak a notamment suspendu ses manifestations de rue et établi des réseaux de solidarité afin de réduire l’impact social du confinement », souligne ainsi l’ICG dans ce rapport très savant consacré à l’Algérie.

Un rapport dans lequel il est clairement expliqué que « les retombées économiques et sociales de la crise déclenchée par la Covid-19 et les mesures de confinement que les autorités algériennes ont mises en place risquent de radicaliser le mouvement de contestation (hirak) ». Un danger auquel l’Algérie se préparer et doit l’éviter à tout prix. Et pour ce faire, « le pouvoir devrait profiter de l’union nationale générée par la pandémie pour desserrer son étau sur le hirak et soutenir certaines de ses initiatives citoyennes », précise enfin ce rapport de l’ICG intitulé à juste titre : « Algérie, vers le déconfinement du Hirak ? »