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Les chinois se détournent de l’Algérie depuis l’arrivée de Tebboune et se tournent vers l’Egypte ou le Maroc

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Le partenariat exceptionnel qui liait pendant ces 10, voire 15 dernières années, l’Algérie à la Chine s’est gravement étiolé en 2020 et les investissements chinois se sont détournés de l’Algérie pour prospecter d’autres marchés plus stables comme l’Egypte, le Maroc ou le Nigerai ainsi que l’Afrique du Sud. Depuis l’arrivée d’Abdelmadjid Tebboune au pouvoir le 12 décembre 2019, aucun projet chinois majeur n’a été enregistré en Algérie et excepté quelques aides médicales symboliques, la puissance chinoise a déserté l’Algérie. Explications. 

En Algérie, tous les projets ambitieux initiés par la Chine et ses investisseurs sont bloqués comme le méga-projet de Hamdania à Cherchell ou le méga-projet du phosphate de l’est algérien qui s’étend sur plusieurs wilayas comme Souk Ahras, Annaba ou Tébessa. Conclus depuis 2017 ou 2018, ces méga-projets ont été mis à l’arrêt à cause de l’instabilité politique qui a secoué l’Algérie depuis début 2019. Mais l’arrivée du Président Abdelmadjid Tebboune ne rassure pas les chinois et aucun projet n’a été relancé en dépit des annonces médiatiques des décideurs du régime algérien.

Face aux blocages dressés sur leur chemin en Algérie, les chinois ont préféré partir chercher une herbe plus verte ailleurs en Afrique. L’Egypte en dépit de son positionnement pro-américain a attiré de nombreux investisseurs chinois depuis 2019 profitant de la crise dans laquelle a patiné l’Algérie : en 2019, les investissements chinois en Egypte ont atteint pas moins de 10 milliards de dollars, tandis que le commerce bilatéral a dépassé les 15 milliards de dollars.

Depuis que l’Egypte a signé un prêt pluriannuel de 12,5 milliards de dollars avec le Fonds monétaire international (FMI) en 2016, ses autorités ont multiplié les réformes pour séduire les gros investisseurs chinois. D’après le Tahrir Institute for Middle East Policy (TIMEP),  la Chine a injecté entre 16 et 20 milliards de dollars dans l’économie égyptienne, sous forme de prêts, d’investissements et de projets de développement depuis 2016. Si en Algérie, les chinois prenaient beaucoup de marchés, mais donnaient peu en contrepartie en termes d’investissements productifs, en Egypte leur politique est totalement différente.

Les chinois sont en train de construire un immense quartier d’affaires dans la nouvelle capitale administrative de l’Egypte, à environ 50 km à l’est du Caire. Ce quartier comprendra entre autres une tour de 385 m de haut, qui sera le plus haut gratte-ciel d’Afrique. D’autres entreprises chinoises de renom, comme Sinohydro, Dongfang Electric, Shanghai Electric, Huawei et la State Grid Corporation of China travaillent également sur un certain nombre de méga-projets liés à l’énergie en Egypte.

Profitant de l’instabilité de l’Algérie, le Maroc a tenté sa chance en faisant preuve d’un pouvoir d’attraction puissant pour convaincre la Chine de mettre ses milliards dans des projets marocains. Le premier de ces atouts majeurs du Maroc est le port de Tanger qui est le troisième mondial en termes de connectivité derrière Shangaï et le Panama.

Cette année 2020 a été marquée par des avancées chinoises au Maroc. Preuve en est, la plateforme d’investissement Winvestnet domiciliée en Chine a récemment mis en place son fonds d’investissement, Win Funds, centré sur l’Afrique.  D’une taille de 2 milliards $, il cible des projets dans les secteurs de l’industrie, de la santé, des énergies, des infrastructures, et de l’agriculture.

Le Maroc a été choisi comme hub régional pour desservir le reste du continent. Avant son déploiement, Winvestnet a l’intention de confier la gestion du fonds à un gestionnaire présent sur le continent. Avant l’annonce et le lancement de ce véhicule d’investissement, la plateforme avait mis sur pied une initiative visant à encourager des investissements étrangers, notamment d’institutionnels chinois vers l’Afrique.

Depuis 2017, plusieurs entreprises chinoises ont annoncé des investissements au Maroc, notamment des équipementiers automobiles (Citic Dicastal, un fabricant de jantes en aluminium et Nexteer Automotive, un équipementier spécialisé dans les systèmes de direction). BYD, un fabricant chinois d’équipements et de véhicules électriques, devrait également construire une usine près de Tanger et les négociations sont toujours en cours. Aussi, le nombre de touristes chinois au Maroc a été multiplié par six en seulement deux ans depuis l’entrée en vigueur de l’exemption de visa en juin 2016. La croissance devrait se poursuivre : le ministère du Tourisme, des Transports aériens, de l’Artisanat et de l’Economie sociale prévoit 500 000 touristes chinois par an d’ici 2020, contre 120 000 en 2017.

Des touristes que l’Algérie aurait pu capter et attirer vers des sites touristiques majestueux comme le Sahara et ses oasis enchanteresses. L’Algérie dispose d’une ligne aérienne directe avec la Chine, à savoir Alger-Pékin, depuis février 2009. Et pourtant, elle n’a jamais su utiliser cet atout stratégique. Le Maroc a inauguré sa ligne aérienne directe avec la, Casablanca-Pékin, depuis seulement le 16 janvier 2020. Et il a su d’ores et déjà attirer des milliers de touristes chinois.

A ce rythme, l’Algérie va perdre beaucoup d’opportunités et sa relation stratégique avec la Chine est en train de se détériorer au profit de ses concurrents régionaux. Contrairement à Abdelaziz Bouteflika, Abdelmadjid Tebboune n’a toujours pas su comment rassurer les partenaires stratégiques du pays comme l’ami Chinois.

Le recul chinois en Algérie intervient au mauvais moment car  Pékin met sur la table depuis 2019 60 milliards de dollars de plus pour le développement économique des Etats africains. De cette somme globale, 15 milliards de dollars financeront des programmes « d’aide gratuite et de prêts sans intérêts ». L’Algérie risque de ramasser des miettes de ces sommes colossales et ses concurrents régionaux vont profiter de notre actuelle faiblesse.

11 COMMENTS

  1. Les projets cite’ etaient dans les mains du president de facto, le fameux Said Bouteflika qui repondera de ces actes, ont l’esperent. Haddad et les Kouninef avaient eu avec les societe’ chinoise corrompu une partie des projets cite’. C’est bien que ses projets soit geles jusqu’a ce que le peuple peut gerer et controller ses propres projets de developpement avec les chinois ou autres. Les chinois ou les entrepreneurs chinois ne sont pas tous des gens integres, ils y des corrompus chinois qu’ils faut exclure des projets.

  2. Les Chinois se détournent de l’Algérie depuis le Hirak maudit, le départ du Président Bouteflika et l’avènement de la médiocrité et de la sottise comme mode réflexion et de gouvernance en Algérie.
    Les Chinois ne veulent pas traiter avec un peuple de barbares, de clochards et d’imbéciles, qui insultent un grand monsieur et ancien moudjahid comme Abdelaziz Bouteflika et préfèrent écouter bêtement les Abdou Semmar, Hicham Aboud, Larbi Zitout et autres harkis de service.
    Les Chinois sont intelligents et ont des milliers d’années d’Histoire qui leur ont enseigné à se méfier des va-nu-pieds.

  3. L’Algérie n’a jamais attiré des investisseurs ni de Chine, ni d’ailleurs. Chez nous il n’y a que des visites officielles qui debouchent sur des « partenariats d’exception ». Défense de rire ! Les investissements pour le Maroc ou le Kenya… et pour nous les déclarations sur l’amitié entre les peuples…. Et en plus ils nous refourguent tous leurs marchandises. CQFD : Valeur ajoutée pour l’Algérie =ZÉRO !!! On nous bassine avec les peuples frères de Chine ou d’Afrique du sud, mais ce sont les marocains qui accueillent les touristes chinois ou sud africains. Les imbéciles qui nous gouvernent n’ont pas encore compris que les états ont des intérêts pas des amis. Les visites de dirigeants étrangers flattent leur ego, ils croient qu’ils sont importants. Pendant ce temps là les autres pays africains raflent les contrats, et c’est comme ça que même le Ghana, l’Ouganda ou le Kenya nous dépassent. Et pourtant ils n’ont pas de pétrole !!!!

  4. Pour vendre ensuite les Renault symbole aux administrations algériennes plus chères que ce qu’elles auraient couté si elle avaient été importée ? Ça c’est du partenariat stratégique !

  5. L’Algérie n’a plus de dollars, ni euros. Les dinars imprimés par milliards quotidiennement n’intéressent personne, encore moins les chinois qui sont les meilleurs commerçants au monde. Tebboune et Jerrad ont déjà du mal à payer les dépenses de fonctionnement, c’est-à-dire en gros les salaires des fonctionnaires. Il ne reste rien pour les projets. Oualou, zero.
    Le discours sur les investissements structurants débité aujourd’hui en Algérie est un leurre destiné à maintenir de l’espoir chez une population désorientée. Les chinois reviendront lorsque le prix du pétrole sera à 100$ le baril. Vous inquiétez pas pour eux. En attendant que ça arrive, les responsables algériens mentent, mentent, mentent, chaque jour de plus en plus. 24 heures de plus au pouvoir est un jour de gagné pour eux. Et c’est ça le drame. Car dire la vérité c’est déjà la moitié de la solution. Mais par manque de légitimité, ils n’osent pas.

  6. Les investissement chinois ne sont pas rentables et l’Algérie est perdantes avec eux , il faut savoir que les chinois sont très dangereux et très corrompus, si on ouvre des enquetes sur eux et depuis qu’ils ont mis leur pieds en Algérie et bien au niveau des banques et des douanes on va trouver pas mal de détournements, en plus dans le batiment tous leur projets sont un véritable danger pour les citoyens car toutes les constructions ne sont pas aux normes et que ces chinois n’accepte aucun controle de la part des Algériens et ils font ce qu’ils veulent et rafflent des sommes importante avec des dossiers falsifiés au niveau des banques et des douanes; Donc pour ce Semmar ne fait pas ses investigations si vraiment il est un journaliste d’investigation sur les projets chinois.
    A mon avis c’est une erreur les investissements chinois pourquoi ne pas voir avec d’autre pays et d’autres investisseurs et ce n’est pas ce qui manque.

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