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Le prix du baril de pétrole continue de « monter », mais l’Algérie n’en profite toujours pas faute d’investissements productifs

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Les prix du baril du pétrole connaissent depuis le début de cette nouvelle année 2022 une nouvelle une forte hausse qui fait le bonheur des pays producteurs. Malheureusement, l’Algérie n’en profite toujours pas à cause de la faiblesse de son outil productif et la stagnation de ses investissements dans le renouvellement et exploitation de nouveaux gisements des hydrocarbures.

Depuis hier jeudi 13 janvier, le prix du baril de pétrole tourne autour d’une moyenne de 84,77 dollars US. Le prix du pétrole brut a ainsi augmenté d’environ 10% depuis le début de l’année 2022.

Mercredi, en séance, le prix du Brent a atteint 85,21 dollars, un chiffre proche des 86,70 dollars atteint en octobre, son plus haut depuis la pandémie de Covid-19. Le WTI a quant à lui plafonné à 83,10 dollars le baril en séance.

Selon de nombreux analystes cités par des agences de presse internationales, les principaux facteurs de hausse des prix sont externes, comme le sentiment généralement positif du marché alors que les inquiétudes autour du variant Omicron du Covid-19 s’atténuent. Un développement économique dynamique continu se reflète également dans la demande de pétrole.

Fatih Birol, directeur exécutif de l’Agence internationale de l’énergie (AIE), «a exprimé son optimisme à cet égard hier, affirmant que la dynamique de la demande est plus forte que ne l’avaient pensé de nombreux observateurs du marché», rapporte Carsten Fritsch, analyste chez Commerzbank. «Le marché pétrolier est incroyablement résistant», confirme l’analyste Tamas Varga de PVM Energy. «Il semble y avoir une opinion largement répandue (…) que le déficit de l’offre qui a caractérisé 2021 se poursuivra sans être perturbé cette année.» La faiblesse récente du dollar a également soutenu le prix du brut, puisqu’il a soutenu le pouvoir d’achat des investisseurs utilisant d’autres devises.

Cette nouvelle embellie des prix du pétrole ne va pas changer radicalement la situation financière de notre pays l’Algérie. Et pour cause, la production nationale demeure encore faible et les capacités des exportations du pays se réduisent d’une année à une autre et peinent à permettre au pays de gagner de précieuses recettes en devises.

Il faut savoir que l’Algérie a vécu toute l’année 2021 au rythme d’une production journalière du pétrole variant entre 800 et 900 mille barils par jour. Ce qui n’est guère suffisant pour profiter de l’embellie des prix du baril de pétrole. La demande intérieure au niveau du marché national consomme à elle-seule plus de 500 mille barils de pétrole avec des raffineries algériennes qui tournent à plein régime. Il reste à peine 400 mille barils que l’Algérie peut exporter. Ce qui fait de notre pays un nain pétrolier impuissant face aux autres gros acteurs pétroliers du marché mondial.

Selon le bulletin annuel des statistiques de l’OPEP de 2021, l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep en français ou Opec en anglais), l’Algérie produisait 887 mille barils de pétrole par jour en mai 2021, 898 mille baril de pétrole par jour en juin 2021 et 912 mille barils de pétrole par jour en juillet 2021. C’est l’une des productions les plus faibles de l’OPEP et l’Algérie a rejoint, désormais, le club des petits pays producteurs qui compte le Congo Brazzaville, la Guinée Equatoriale ou le Gabon, des pays qui produisent tous moins de 500 mille barils de pétrole par jour.

Et si la production algérienne de pétrole s’affaiblit d’une année à une autre, c’est à cause de la baisse des réserves d’un côté, et de la chute des investissements dans le secteur des hydrocarbures. Officiellement, pour palier à ce problème, l’Algérie s’est dotée depuis novembre 2019 d’une nouvelle Loi sur les Hydrocarbures. Mais nous sommes en janvier 2022, les textes d’application de cette nouvelle loi ne sont toujours pas publiés ! Fin avril 2021,  le ministre de l’Energie et des Mines, Mohamed Arkab, avait annoncé à Alger la finalisation de 95% des textes d’application de la loi sur les hydrocarbures qui devrait encourager les opérateurs internationaux dans ce domaine à investir en Algérie. 9 mois plus tard, rien n’a été encore fait pour finaliser tous les textes d’application de cette nouvelle loi.

Les lenteurs politiques et bureaucratiques ont contraint Sonatrach de ne pas attendre la finalisation de ces textes pour commencer à mettre en oeuvre certaines dispositions de cette nouvelle loi sur les hydrocarbures. Preuve en est, Sonatrach avait signé, le 14 décembre 2021 à Alger, un contrat de production pétrolière d’un montant de 1,4 milliard de dollars avec le groupe italien Eni, ainsi qu’un accord de coopération dans la transition énergétique.

« Le montant des investissements est estimé à 1,4 milliard de dollars, pour une production de 45 000 barils équivalent-pétrole par jour (bep/j) », avait indiqué le groupe algérien cité par l’agence officielle APS. Le contrat couvre une superficie totale de 7 880 km2 dans la partie Sud du bassin de Berkine (sud) où Sonatrach et Eni opèrent depuis 2013. Déjà présente dans la partie nord du bassin onshore (Berkine Nord) – à travers une participation de 49% dans les concessions Zemlet El Arbi, Sif Fatima II et Orhoud II -, Eni va désormais pouvoir mener des activités d’exploration et de production d’hydrocarbures dans le sud du bassin. Il s’agit du premier contrat entre les deux partenaires depuis la promulgation en novembre 2019 d’une nouvelle loi sur les hydrocarbures en Algérie introduisant le partage de production.

Un seul investissement a été donc arraché par l’Algérie durant… 3 ans ! Cette mauvaise performance explique amplement pourquoi l’Algérie ne peut pas profiter encore de l’embellie des prix du baril de pétrole. Avec une production encore inférieure à 1 million de barils par jour, notre pays se prive d’une incroyable opportunité de gagner de l’argent. Sans une production dépassant les 1,2 million de barils par jour, l’Algérie ne va hériter que des miettes que lui laisseront les gros producteurs de l’or noir sur le marché mondial.

5 COMMENTS

  1. Bulshit comme d’habitude
    Il y’a des quotas fixé par les pays OPEP et non OPEP depuis 2020
    Et oui l’Algérie n’a jamais été et ne sera jamais un grand pays producteur de pétrole mais de Gaz
    La consommation intérieur a fortement de pétrole et de gaz augmenté et continuera a augmenté
    Les 982 milles barils ont été fixé par l’OPEP et la baisse drastique en 2020 a été imposé à tout les pays signataire
    Que les algériens profitent de leurs richesse enpétrole et de leurs gaz en priorité au lieu de le réserver à l’exportation est une évidence pauvre mec
    Maintenant, il est temps de rationaliser et responsabiliser les utilisateurs
    Vendre du pétrole , du gaz, de l’eau , l’électricité 5 à 7 fois moins cher que leurs prix de revient est un non sens économique , il faut aider les foyers les plus démunis et permettre à toutes ses entreprises étatiques d’équilibrer leurs comptes pourquoi pas dégager une marge bénéficiaire pour investir
    C’est là ou la bas bless avec la BM et le FMI….la vente à perte et les subventions abusives

  2. Il est dingue de penser que des pays comme l’Espagne, l’Italie ou la France, sans une goutte de petrole, ont des compagnies pétrolières puissantes ( Total, Repsol, ENI) avec des chiffres d’affaires bien plus élevés que le PIB total de l’Algérie qui, elle, bien que produisant du pétrole est incapable d’avoir le niveau d’expertise et de capitaux de ces pays.Elle importe même du carburant ou achète très cher des raffineries vetustes ( Augusta) en…Italie!
    Le pouvoir algérien en est réduit à demander des capitaux et des ingénieurs occidentaux pour l’aider à prospecter et produire sur son propre sol…et cela 60 ans apres l’independance.
    Les faits sont cruels, mais ce sont les faits.

  3. Arrêtes de raconter des balivernes aux gens.
    Le quota initial de l’Algérie au sein de l’OPEP est de 1,2 millions de barils/jour. Actuellement, l’Algérie produit l’équivalent de 1 millions de barils/jours. La différence entre le quota et la production actuelle est due en grande partie à la baisse de production décidé par l’OPEP afin de juguler la baisse des prix.
    Donc investissement ou pas, l’Algérie ne peut pas exporter plus de 1,2 millions de barils/jour dans le meilleur des cas.
    Et puis, je sais que les Hmarocains prient tous les jours en direction de …. implorant la fin du pétrole algérien.
    D’abord l’Algérie n’a jamais été un grand pays pétrolier et des petits pays comme le Koeit ont plus de pétrole que l’Algérie. Ce point est justement toujours avancé par les Hmarocains pour nous faire culpabiliser.

  4. Les prédateurs préfèrent la rente, même petite à se partager en famille, que d’investir ou de miser sur des algériens pour
    permettre à tous les algériens d’en profiter. Au bout de 60 ans d’exploitation de ce satané pétrole, on n’est pas encore capables de le maitriser ! Qu’allons-nous faire à la fin du pétrole ? On appellera un nouveau colon pour recommencer
    comme en 1830 ?

  5. L’Algérie est une des 15 grandes puissances mondiales et elle sera prochainement, le 6 ème pays permanant du conseil de sécurité avec droit du véto … inchallah .
    Longue vie aux 6 millions 532 000 chouhadas.

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