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Le FMI dément Tebboune et démontre que la cherté de la vie et la crise financière en Algérie sont provoquées par les déficits de l’Etat algérien

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Hier dimanche soir 10 octobre, le président algérien Abdelmadjid Tebboune a tenté de faire croire que la cherté de la vie, l’effondrement du pouvoir d’achat des consommateurs algériens et la crise financière qui secoue le pays s’expliquent essentiellement par la spéculation orchestrée par des groupes d’affairistes manipulés par des cercles politiques. Un argument totalement irrationnel qui a été catégoriquement démenti par les dernières analyses du Fonds Monétaire International (FMI) l’une des institutions financières les plus importantes au niveau mondial qui a pour mission d’encourager la stabilité financière, la coopération économique, de produire des statistiques et études et de prêter des fonds en contrepartie de réformes aux pays en crise.

Hier dimanche soir lors d’une interview diffusée par la télévision étatique algérienne, l’ENTV, Abdelmadjid Tebboune a voulu faire croire aux Algériennes et Algériens que la criminalisation de l’acte de spéculation est la solution miraculeuse qui permettra de rétablir le pouvoir d’achat des Algériens.

Les autorités algériennes vont prochainement adopter un dispositif judiciaire qui prévoit une peine « de pas moins de 30 ans de prison et pourrait aller jusqu’à la perpétuité, voire la peine capitale », a prévenu ainsi Tebboune.

S’exprimant lors de sa rencontre périodique avec des responsables de médias nationaux, diffusée dimanche soir par l’ENTV, Abdelmadjid Tebboune a indiqué que « l’acte de spéculation commis par des intrus sans scrupules exploités par des bandits aux fins de semer l’anarchie -des bandits animés par des motifs politiciens-, sera criminalisé et ses auteurs encourront des peines de pas moins de 30 ans de prison, qui pourront aller jusqu’à la perpétuité, voire la peine capitale ».

« Ma décision est prise et j’en ai informé le ministre de la Justice, Garde de sceaux: la prochaine réunion du Conseil des ministres verra la présentation d’une loi incriminant les spéculateurs qui encourront une peine de pas moins de 30 ans de prison, qui pourrait aller jusqu’à la perpétuité, voire la peine capitale », a soutenu Tebboune. « Nous frapperons les spéculateurs d’une main de fer et traquerons les lobbies politiciens qui sont derrière cet acte, qui aurait pu mener à une explosion sociale notamment à la lumière de la propagation de la pandémie de COVID-19.

Il s’avère que les solutions irrationnelles proposées par Tebboune ne correspondent nullement aux problèmes rencontrés par le pays. Et pour cause, les équipes des services du FMI ont produit une analyse détaillée et concrète des dessous de la cherté de la vie et de la paupérisation de pans entiers de la population algérienne. Ces experts du FMI ont rendu récemment compte de leurs conclusions préliminaires après leur visite en Algérie. Le 4 octobre dernier, les conclusions préliminaires de cette mission du FMI ont indiqué que la persistance de déficits budgétaires élevés à moyen terme engendrerait en Algérie des besoins de financement sans précédent, épuiseraient les réserves de change, et présenterait des risques pour l’inflation, la stabilité financière et le bilan de la banque centrale. « Globalement, la capacité des banques à prêter au reste de l’économie serait fortement entravée, ce qui aurait des conséquences négatives pour la croissance », a prévenu ainsi cette mission des experts du FMI.

« En raison de déséquilibres macroéconomiques de longue date, les décideurs disposent d’une marge de manœuvre considérablement réduite. La politique budgétaire expansionniste menée depuis plusieurs années a contribué à porter les déficits extérieurs courants à des niveaux élevés, malgré une politique de compression des importations, et a entraîné de vastes besoins de financement qui ont été, dans une large mesure, satisfaits à travers la banque centrale », a encore analysé cette mission du FMI.

Mieux encore, la mission du FMI a recommandé des mesures concrètes pour lutter contre la cherté de la vie et juguler les effets désastreux de la crise financière sur le pouvoir d’achat des algériens. A ce propos, les experts du FMI ont demandé à l’Algérie un ensemble complet et cohérent de politiques budgétaire, monétaire, et du taux de change afin de réduire les vulnérabilités de l’Algérie.

« Un ajustement budgétaire général, qui donne en même temps la priorité aux mesures de protection des plus vulnérables, devrait être entamé en 2022 et s’échelonner sur plusieurs années pour maintenir la viabilité de la dette. Cet ajustement devrait être étayé par des politiques visant à améliorer le recouvrement des recettes, à réduire les dépenses et à accroître leur efficacité », ont indiqué ainsi les experts du FMI qui ont fortement déconseillé le retour à la planche à billets pour éviter des conséquences fâcheuses sur l’inflation.

« Le financement monétaire devrait être interdit afin d’endiguer l’augmentation de l’inflation et l’épuisement rapide des réserves de change, tout en diversifiant les sources de financement budgétaire y compris à travers le recours à l’emprunt extérieur. Une plus grande flexibilité du taux de change contribuera à renforcer la résilience de l’économie aux chocs externes et un resserrement de la politique monétaire permettra d’endiguer les pressions inflationnistes », ont préconisé ainsi les experts du FMI en insistant sur la stabilité de la valeur de la monnaie avec une nouvelle politique du taux de change du dinar confirmant ainsi l’impact négatif sur l’Algérie de l’instabilité chronique et de la dévaluation continue de sa monnaie nationale.

En aucun cas, ces experts internationaux n’ont parlé de la spéculation « criminelle » parce que la cherté de la vie et la crise financière sont essentiellement provoquées par la mauvaise gouvernance du pays et les dysfonctionnements budgétaires de l’Etat algérien qui aggrave la crise économique nationale.

Il faut savoir que d’ici la fin de l’année 2021, l’Algérie va se retrouver avec un déficit budgétaire record estimé à près de -2784,8 milliards de dinars, soit l’équivalent de 18, 28 milliards d’euros, contre- 2381,5 milliards de dinars à la clôture de l’exercice 2020, à savoir l’équivalent de 15,63 milliards d’euros. Un autre indicateur financier indique également la très mauvaise santé financière de l’Algérie que le Président Abdelmadjid Tebboune occulte sciemment à moins qu’il ignore cette vérité.

Il s’agit du solde global du Trésor qui sera en 2021 de près de -3614,4 milliards de dinars, c’est-à-dire l’équivalent de 23,73 milliards d’euros, soit -17,6% du Produit Intérieur Brut (PIB) global, à savoir la richesse nationale annuellement produite en Algérie. C’est tout simplement du jamais vu car il s’agit de l’une des situations financières les plus complexes que l’Algérie devra gérer. Mais, d’abord, un peu de pédagogie. Que représentent concrètement tous ces déficits ?

Il faut savoir qu’en finances, il existe un déficit budgétaire, ou un solde budgétaire négatif, quand les recettes engrangées par un Etat (les impôts et taxes, principalement) sont inférieures à ses dépenses. D’autre part, la notion de déficit public est proche de celle de déficit budgétaire : elle se réfère non pas au seul Etat central, mais à l’ensemble des administrations publiques (incluant les collectivités locales, les administrations de sécurité sociale, etc.).

Il s’agit d’un danger majeur pour l’Algérie parce qu’elle n’est pas un pays industrialisé et suffisamment producteur de richesses qui peut facilement redresser la barre ou financer pendant longtemps une immense dette publique. L’Algérie sera ainsi victime, si cette situation perdure encore dans les années à venir, de ce qu’on appelle dans l’économie de l’ « effet d’éviction ». Cela signifie que le déficit est mauvais pour la croissance parce qu’il détournerait une épargne qui aurait pu aller vers des projets productifs qui développeront le pays.

L’Algérie sera ainsi contrainte de financer encore et toujours son déficit public pour couvrir essentiellement les frais de ses institutions et de ses services publics comme les budgets de fonctionnement de l’Etat. Lorsque l’Etat algérien doit à chaque fois mobiliser des ressources financières pour financer son déficit, l’argent disponible sur les marchés va se raréfier donc et les taux d’intérêt pratiqués par les banques algériennes vont grimper. Emprunter, pour un acteur privé, est donc plus difficile. Par conséquent, les projets (création d’entreprise, investissement…) se raréfient à leur tour. et la croissance est freinée. L’Algérie vit cette situation depuis 2017-2018 date à laquelle les déficits budgétaires ont commencé à battre des records à cause de la baisse des recettes de la fiscalité pétrolière qui chutent depuis la crise pétrolière de 2014 avec l’effondrement progressif des prix du baril de pétrole.

Le déficit public en Algérie a donc un impact direct sur le chômage, la pauvreté et la relance industrielle parce qu’il sabote la croissance économique.

 

8 COMMENTS

  1. Les militants sont en prison pour contestation !
    Les commerçants le seront pour la spéculation !
    Les jeunes seront évacués à Malaga !
    Pendant que le Hirak se consumera !
    Pour que vive la nomenklotura !
    Tahia Tebboune !
    Et la camora !
    Inal Li Ma Ihabnach !

  2. « une peine « de pas moins de 30 ans de prison et pourrait aller jusqu’à la perpétuité, voire la peine capitale », a prévenu ainsi Tebboune.
    Je pense qu’il doit rapidement être interné dans un asile psychiatrique car il est complètement fou ce kelboune! Ni le whisky ni la cocaine ne peuvent atténuer sa rage et sa folie !

  3. Mais voila une idée quelle est bonne , si tu spécule sur le prix des macaroni, c’est perpète
    voir la peine capital, par contre si jamais tu as de la chance de te trouvé a proximité
    d’une plage de la cote oranaise avec un où deux ballons de cocaïne s’échappant de la calle
    d’un bateau affrété par général, tu na absolument aucune crainte a avoir, et si en plus tu as un peu de piston
    avec un Stewart de chez air couscous, alors la c’est l’Amérique et tu pourra même inondé le marché européen.
    je fume du thé et je reste éveillé à ce cauchemar qui continue, comme le dit si bien l’autre.

  4. Non tout ce qui se passe en Algérie , c’est a cause du Maroc. Si chengriha ne trouve pas la marque de couches pipi qu’il utilise , c’est un complot du Maroc . J’en suis sûr

  5. Ce n’est pas un jeu, la politique de la Planche à Billets à tout va, cela provoque de l’Inflation !
    Une fois que la spirale de l’inflation est lancée, tous les agents économiques anticipent une envolée des prix, ils adaptent leurs comportements en conséquence, et la hausse se poursuit !
    C’est ce danger, qui incite tout pouvoir à user modérément de la planche à billets !
    Mais la Junte est au Delà de cette recommandation !
    Tebboune, en bon membre de la Junte Irresponsable à trouver son Bouc émissaire !
    Les commerçants !

  6. C’est bizarre que les plus grands experts de l’Algérie ici, c’est des marochiens…les esclaves de la narcomonarchie moyennageuse de droit divin…gallek amir mouminine…vous êtes des haschchines et lui le plus grand narco trafiquant de cannabis au monde
    Roi Blanchisseur d’argent sale ( drogues prostitution, recels etc)…avec sa Banque Attijarawafa Bank épinglé encore une fois pour blanchiment d’argent sale, blâme et 500.000 euros d’amendes…
    Donc entre un pays qui vit avec ses revenus et un narco état …il y’a pas photo
    Parlons dette….zero dette extérieur d’un coté…80 milliards de dollars de l’autre
    Défcits? mais le Royaume du cannabis et de la prostitution est en déficit structurel depuis 30 ans…chaque année , le Roitelet mendie un nouveau emprunt pour couvrir le budget de son narco état
    La dette du royaume du Haschich a atteint 92,5 % de son PIB…qui va rembourser ? avec quoi?

    Celui qui connait l’Algérie, connait le marché parallèle. ou noire ..on a les smassrias ( immobiliers ), les banquiers de devises, les grossistes , les businessas avec leurs sociétés non identifiés d’imports , les hommes d’affaires ( escrocs n trafiquants et bonnimenteurs) …
    On accuse les ministres et les généraux…mais quand des centaines milliers de fonctionnaire roulent en voiture à 200-300 briques , s’achètent des maisons ou appartements et passent leurs vacances en Turquie, Tunisie ou Espagne…c’est tout un pays qui est corrompu …la moitié du pays est corrompu et je reste mesuré…
    tes biens ne correspondent pas à tes revenus,, on les sais…i point…on s’en tape de la justice….on fait comme les italiens ou les Grecs ( google Earth , cadastre et cartes grises etc….et l’état saisi sans demander son reste…
    Ils brassent des milliards au noir, ne paient aucun impôts et profitent du système (logements sociaux, enseignement gratuits, médecine gratuites, subventions ( énergies, produits alimentaires, …) …depuis le régime de CHADLI
    Le régime de Chadli a essayé de récupérer l’argent.au noir début des années 80 ..il a changé tout les billets ….les trafiquants ont recrutés des centaines de mulets pour changer des sacs de billets….on a vu des gens avec ses sacs faire de queues partout ..

    Les italiens ont une bonne expérience de l’argent sale…ils ont l’expertisent et le savoir faire…eux peuvent aider l’Algérie
    Selon le FMI, cette fois, le marché noir représente entre 40% et 50 % du PIB

    Endettement : le Maroc pris dans les filets ! – LesEco.mahttps://leseco.ma › business › endettement-le-maroc-pris…
    20 juil. 2021 — Son taux d’endettement global s’est, en effet, situé à 92,5% de son PIB en 2020. Il connaîtra, malheureusement, une légère hausse de 0,2 …

  7. Moi, je trouve ridicules tous ceux qui tombent à bras raccourcis sur les quelques marocains orphelins de leur pays qui viennent s’épancher sur ce site pour se défouler comme ils auraient aimé le faire chez eux pour exister !
    Nous, les algériens, on aime s’abriter derrière le factice pour éviter d’aborder nos vrais problèmes en mettant le doigt là où ça fait mal. Nous avons tous reçus une culture clanique, régionaliste de courte vue qui nous empêche d’être des citoyens libres et respectueux des mérites de son prochain. Nous sommes noyés sous nos décombres, il y’a de quoi faire pour balayer devant nos portes. Alors la première leçon, si j’ose me permettre, c’est le respect mutuel et la reconnaissance de la valeur d’autrui par delà nos réflexes claniques et régionalistes. Condition minimale pour espérer un jour entrevoir le bout du tunnel !

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