Le dinar algérien va chuter librement d’ici 2022 : pour survivre à la crise, le régime s’en prend au portefeuille des Algériens

    0
    7878

    Le gouvernement algérien a reconnu officiellement que la valeur de la monnaie nationale, le dinar algérien, est en chute libre. Et les prévisions présentées dans la future loi de finances 2020 indiquent que le dinar chutera encore d’au moins 10 % encore entre 2020 jusqu’à 2022. Une chute qui se rajoute à celle constatée  depuis 2014. Cela signifie clairement que durant une période de 6 ans, le dinar algérien va perdre plus de 50 % de sa valeur puisque la dépréciation du dinar algérien entre 2014 et 2019 a été estimée à près de 40 %. Une nouvelle  catastrophique pour le portefeuille des algériens, à savoir leur pouvoir d’achat.

    Hier lundi, le ministre des Finances, Mohamed Loukal a présenté le projet de loi de finances (PLF) 2020 devant la Commission des finances et du budget de l’Assemblée populaire nationale (APN) lors d’une réunion présidée par Tarek Tridi, président de la Commission, et en présence du ministre des Relations avec le parlement, Fethi Khouil. Et à cette occasion, le ministre a reconnu officiellement que le PLF 2020 a été élaboré sur la base d’un prix référentiel du baril de pétrole à 50 dollars et un prix de marché du baril à 60 dollars, et ce pour la période allant jusqu’à 2022 ainsi qu’un taux de change de 123 da/dollar pour 2020, 128 da/dollar pour 2021 et 133 da/dollar pour 2022.

    La chute du dinar a été donc prévue et acceptée par les autorités algériennes. Pis encore, elle a été décidée pour équilibrer le déficit budgétaire de l’Etat algérien.  En effet, dans ses calculs, la dévaluation de la valeur du dinar permet à l’Etat de couvrir le déficit du commerce extérieur après un effondrement des revenus des exportations des hydrocarbures. Comment ? La modification du taux de change induira directement une contraction du niveau des importations et l’élargissement de l’assiette de la fiscalité pétrolière et donc une amélioration des recettes budgétaires.

    Sauf que cette décision économique porte un préjudice énorme au pouvoir d’achat des Algériens. Comment ? L’Algérie sombrera de 2020 jusqu’à 2022 dans l’hyperinflation, à savoir une augmentation vertigineuse des prix des produits de large consommation en contradiction avec des salaires toujours bas et inchangés. Des salaires qui auraient perdu entièrement de leur valeur puisque la ils sont rémunérés en dinar, une monnaie en chute libre.  Cela va occasionner en Algérie  plus de chômage, plus de fermetures d’entreprises et plus d’angoisse pour les salariés. Tout continuera d’être cher et l’Algérie pourra subir une explosion sociale alimentée par une misère collective.

    Il faut savoir que ce n’est pas la première fois où le dinar algérien a perdu énormément de sa valeur.  Entre 1986 et 1990, le dinar algérien a subi une dévaluation de 153%. De 1986 à 2002, le dinar a été déprécié de 1558%. Entre 2012 et 2022, ce record risque d’être encore une fois battu…