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Le choix dangereux du régime algérien : la dévaluation du dinar pour récupérer plus de 7 milliards d’euros et combler le déficit

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Le régime algérien a fait un choix économique très controversé et risqué. Pour ne pas dire dangereux. Ce choix consiste à dévaluer la monnaie nationale le dinar algérien progressivement pour gonfler artificiellement ses recettes budgétaires du Trésor Public. Pour atteindre cet objectif consistant à trouver de nouvelles ressources budgétaires en dinars algériens afin de combler l’immense déficit prévu en 2021 qui dépassera l’équivalent de 18 milliards d’euros. 

Faute d’une économie qui créé des richesses et d’une production nationale de biens et des services capables de ramener au pays des recettes budgétaires, le régime algérien a décidé de procéder à la dévaluation du dinar algérien, la monnaie nationale, à partir de 2021. Un choix assumé par le ministre des Finances de l’actuel gouvernement algérien dirigé par le Premier-ministre, Abdelaziz Djerad.

Jeudi dernier, devant les membres de la Commission des Affaires économiques et financières au Conseil de la nation, l’exposé présenté par le ministre des Finances, Aymen Benabderrahmane sur le projet de loi de finances (PLF 2021) a ardemment défendu la dévaluation de la monnaie nationale, à savoir le dinar algérien. Le ministre algérien a expliqué ainsi que le taux de change du Dinar par rapport au Dollar devra se stabiliser à 142,20 Da en 2021, 149,31 Da en 2022 et 156,78 Da en 2023.

Cette dévaluation a été décidé par le régime algérien sur la base d’une étude réalisée par des experts indépendants consultés par le ministère des Finances et la Présidence de la République. Cette étude a affirmé qu’une dévaluation de 25% de la valeur du dinar conduirait à des recettes supplémentaires de 1 075 milliards de dinars, soit l’équivalent de 54% du déficit budgétaire inscrit dans la loi de finances complémentaire pour l’année 2020. Par ailleurs, cette même étude a affirmé que chaque pourcentage de dévaluation de la valeur du dinar procure au Trésor public l’équivalent de 43 milliards de DA.

Ces chiffres ont fait saliver la Présidence algérienne et le ministère des Finances qui recherchent désespérément de nouveaux modes de financements urgents pour combler l’énorme déficit budgétaire qui ne cesse de se creuser faute d’une véritable économie nationale capable de créer des richesses. Pour convaincre les plus réticents, l’expertise considérée comme une référence par les autorités algériennes affirme que le dinar surévalué actuellement maintient un pouvoir d’achat artificiel et subventionne de fait les importations ce qui mène le pays à l’impasse et à des réajustements plus douloureux car le pays continue d’importer massivement pour proposer des produits achetés en devises à l’étranger à des consommateurs algériens qui ne les paieront pas à leur juste valeur puisque le taux de change officiel est subventionné par Banque Centrale algérienne faisant perdre ainsi beaucoup d’argent au Trésor Public.

Sur le plan purement financier, ce calcul est fondé et détient une part de vérité. Ceci dit, sur le plan économique, c’est un calcul est très contre-productif notamment pour le cas de l’Algérie. D’abord, la dévaluation va nécessairement générer de l’inflation : si les autorités algériennes font  baisser la valeur du dinar algérien, mécaniquement les prix des biens et services vont monter puisque la majorité des biens et services consommés en Algérie proviennent de l’étranger et donc la perte de la valeur dinar algérien sera répercutée sur le prix final des produits de large consommation.

Pour les salariés algériens, ça se traduit par une perte de pouvoir d’achat : ils touchent toujours autant de dinars à la fin du mois mais, comme les prix augmentent, ces dinars leur permettent d’acheter moins de choses.

Sur le plan du commerce extérieur, la dévaluation ne va strictement rien rapporter à l’Algérie. Pourquoi ? Parce que l’Algérie n’exporte presque rien en produits manufacturiers ou en services. Elle n’exporte que des hydrocarbures. Cela signifie que la dévaluation ne lui permettra pas de vendre moins cher les produits qu’elle peut fabriquer localement pour les exporter sur le marché mondial et bénéficiant d’une compétitivité par rapport à ses concurrents internationaux, à savoir les autres pays exportateurs.

Dans ce cas de figure, les économistes parlent d’une évaluation compétitive. Il s’agit d’une politique qui vise à subventionner les exportations des entreprises en faisant porter le coût économique de la subvention à celles et ceux qui touchent des revenus fixes — principalement les salariés et les retraités. C’est l’équivalent à une baisse générale des salaires à ceci près que c’est beaucoup plus discret : la seule chose que verront les millions de salariés impactés par cette politique, ce sont des prix qui montent. En clair, on dévalue la monnaie pour réduire le coût du travail et renforcer les exportations à l’étranger afin d’améliorer les recettes en devises. Or, l’Algérie n’est pas industrialisé et elle ne peut nullement profiter cette configuration.

Au final, la dévaluation ne va profiter à personne ni à l’Etat ni aux Algériens. Elle va gonfler artificiellement les recettes du Trésor Public, mais sans aucune création de richesses et de la croissance économique. Le pouvoir d’achat des algériens sera sacrifié vainement. La meilleure solution est de se doter d’une véritable économie productive capable d’exporter à l’étranger des biens ou des services pour augmenter les recettes budgétaires de l’Etat. Mais pour cela, il faut un vrai gouvernement, doté de véritables compétences, au pouvoir.

 

 

 

 

 

5 COMMENTS

  1. Les gisements fiscaux existent…impôts sur le patrimoine, immobilier, foncier,or et métaux précieux…taxes sur le sucre, le sel, les carburants…peuvent compenser le déficit budgétaire….sans recours à la dévaluation du dinar qui veut dire qu’on va payer une TVA en plus pour les pauvres….

  2. en somme c est l épargne des ménages déca rongée par l inflation incontrôlée qui subira les conséquences de la dévaluation.faut il la retirer en urgence pour acquérir des devises à moins que l état compensera les pertes par un taux d intérêts de bonification.

  3. Il y a beaucoup de marocains qui soutiennent cette merde de abdou semmar et qui se font passer pour des algériens. La corruption a été généralisée par boutflika qui est lui-même marocain et qui empoisonnait l Algérie avec la complicité de momo6, le roitelet dégénéré qui a vendu son pays à Israël et aux chameliers obscurantistes et imbéciles du golfe. André Azoulay en a fait une destination lowcost pour tous les prédateurs sexuels de la planète. Abdou semmar est sous la protection du Mossad et du makhzen, il est financé par une officine sioniste et néoconservatrice américaine. Il vendra sa propre mère pour avoir une carte de séjour.

  4. C’est la mere des reformes a mener en algerie . Il faut que la parite du dinar soit fixee par le marche et doit etre corollee a la production economique .
    Les ex pays de l’Est ont commence par cette reforme qui a force par la suite les reformes politiques .
    Donc , point de salut sans le dinar convertible et l’independance de la banque centrale .

  5. la livre turque a ete devaluee de de 75% en moins d’un mois .
    L’Euro est passe de 4 LT a 7,20 LT ; est pourtant la Turquie n’a pas sombree
    De meme pour le rouble russe , ainsi que la couronne norvegienne en 2015 .

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