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L’argent et la politique : le milliardaire Abdelmalek Sahraoui, symbole de « l’intégrité » de la « Nouvelle Algérie »

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« Des élections loin de l’argent sale ». C’est avec ces termes que le Président Abdelmadjid  Tebboune a promis aux Algériennes et Algériens des nouvelles élections législatives « propres et transparentes » et libérées de l’influence  des lobbys de l’argent, à savoir ces milliardaires qui achètent tout simplement leurs sièges au sein du Parlement à coup de milliards de centimes en finançant des campagnes électorales populistes et mercantiles. Tebboune avait promis de nouvelles élections législatives anticipées le 12 juin prochain totalement différentes des échéances électorales du passé. 

 Il s’avère que Tebboune a fait encore une fois de fausses promesses. Preuve en est, au FLN, le parti historique qui joue toujours les premiers rôles lors des élections législatives ou locales, les grandes manoeuvres ont déjà commencé pour lancer les « enchères » et offrir les futurs sièges de parlementaires aux plus « offrants ». En effet, le milliardaire Abdelmalek Sahraoui, le dernier des oligarques de l’ère Bouteflika qui a été épargné par la purge menée par l’institution militaire et judiciaire au sein des milieux économiques, a sorti le « chéquier » et s’est proposé de prendre en charge les frais les plus onéreux du FLN dans plusieurs wilayas du pays à condition… que la direction du parti lui concède le droit de se représenter une nouvelle fois dans la wilaya de Mascara pour briguer un deuxième mandat de parlementaire… et jouir ainsi de la très précieuse immunité parlementaire.

Abdelmalek Sahraoui a pris attache directement Badji Abou El Fadhel, le secrétaire général du FLN, pour lui demander ouvertement la « faveur » de valider sa candidature en tant que tête de liste du FLN dans la wilaya de Mascara. En contrepartie de cette ultime faveur, le milliardaire, et patron de Petroser ainsi que de Promo Invest et de plusieurs autres entreprises activant dans le secteur de l’agriculture, la distribution des carburants ou produits énergétiques ainsi que l’immobilier, s’engage à sortir de ses poches les fonds nécessaires à une belle et intense campagne électorale du FLN dans les wilayas les plus  stratégiques du pays.

Ce deal fait l’objet encore d’une réflexion approfondie au sein de la direction du FLN. Mais il constitue une violation terrifiante des engagements pris par Abdelmadjid Tebboune qui avait promis de mettre à l’écart les lobbys affairistes des institutions névralgiques de l’Etat algérien comme l’Assemblée Populaire et Nationale (APN). Au final, rien n’a absolument changé. Les plus riches continuent d’acheter des voix et de s’offrir des « mandats de députés » grâce à leurs fortunes acquises dans des conditions douteuses et troublantes. Le deal secret d’Abdelmalek Sahraoui avec la direction du FLN démontre parfaitement que la « Nouvelle Algérie » n’est que pur mensonge.

Abdelmalek Sahraoui est le dernier des oligarques corrompus encore en liberté en Algérie. C’est, effectivement, le seul des oligarques de l’ère Bouteflika qui a échappé à la purge menée par la Justice algérienne à la suite du Hirak du 22 février et de la chute du clan présidentiel de la famille Bouteflika. Parmi les plus généreux bailleurs de fonds du 4e mandat et 5e mandat d’Abdelaziz Bouteflika, comme il a été prouvé et démontré par les investigations d’Algérie Part, Abdelmalek Sahraoui a profité des largesses du système Bouteflika pour bâtir une fortune et un immense patrimoine financier dont les actifs dépassent aujourd’hui en valeur le 1 milliard de dollars.

Après la déchéance d’Ali Haddad, Mahieddine Tahkout, les frères Oulmi, les frères Benamor ou les frères Kouninef, Abdelmalek Sahraoui est devenu depuis 2020 la deuxième fortune du pays derrière le richissime Issad Rebrab. Mais si ce dernier n’a pas échappé aux déboires judiciaires en 2019, Abdelmalek Sahraoui, grâce à son immunité parlementaire et ses connexions avec de nombreux clans puissants au sein de l’institution militaire algérienne, est demeurée intouchable.

A la suite de la dissolution algérien du Parlement algérien prononcée par Abdelmadjid Tebboune le 21 février dernier, comme tous les autres députés algériens, Abdelmalek Sahraoui a perdu son immunité parlementaire. Mais ce dernier ne désespère pas et il prépare d’ores et déjà sa course électorale dans l’espoir de redevenir député lors des prochaines élections législatives anticipées du 12 juin prochain, a pu confirmer Algérie Part au cours de ses investigations. Oui, la deuxième fortune du pays veut s’offrir une nouvelle fois l’immunité parlementaire alors que le Président Tebboune avait promis de rompre définitivement avec les liaisons dangereuses entre l’argent et la politique.

Convoqué la semaine passée par un juge d’instruction près le tribunal de Chéraga, le milliardaire Abdelmalek Sahraoui est cité dans de nombreux scandaleux de corruption impliquant de hauts responsables comme l’ancien patron de la gendarmerie nationale, le général-major Abderrahmane Arrar, limogé de son poste au début du mois d’août 2020, ou l’ex-Commandant régional de la Gendarmerie nationale d’Oran, le général Mohamed Triki, qui croupit depuis plusieurs jours à la prison militaire de Blida. Dans toutes les affaires occultes de ces généraux corrompus, nous retrouvons l’implication controversée d’Abdelmalek Sahraoui, l’ex-député FLN de la wilaya de Mascara. Plusieurs rapports des enquêteurs de la gendarmerie nationale sont accablants à son encontre. Mais ses connexions au sein du ministère de la Justice ont tout fait pour lui permettre de jouir jusqu’au bout de son immunité parlementaire alors que d’autres membres du clan Bouteflika ont été rapidement déchus et jugés, voire emprisonnés.

 

3 COMMENTS

  1. Elle est belle la nouvelle Algérie, toujours les mêmes mafieux illettrés et incultes et leurs sectes de mangeurs de merde aux commandes , j’ai vue le président de la nouvelle Algérie ce soir recevoir des lettres de doléances des ambassadeurs nouvellement installés dans la nouvelle Algérie, je n’ai jamais au grand jamais vue un président digne de ce nom se mettre au garde à vous pour recevoir des bout de papier. La honte.

  2. Les oligarques, les cachiristes, les baltaguias, et autres mouches à m…. sont les dealers du régime algérien.
    La nomenklotura s’appuie sur eux pour distiller leurs venins sur tout un pays. Le pays est pris en otage par la famille camorra sans foi ni lois au point de clochardiser, marginaliser, terroriser tout un peuple innocent. Imaginez des dealers qui vivent du produit de leurs ventes de drogues qui tue à petit feu toute une jeunesse pendant que ces sbires roulent carrosses dans la ville !
    Leur arrivent-ils de penser au moins une fois au mal qu’ils causent ?
    Ils font oeuvre de shayatines et Aâzrayene se frotte déjà les mains à l’idée de les recevoir. Quelle triste fin !

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