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L’Algérie va-t-elle regretter l’abandon de la politique du montage des véhicules neufs ?

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Depuis que l’Algérie a abandonné totalement les usines de montage des véhicules neufs, le pays connait une crise sans précédent des véhicules neufs et une pénurie inédite de véhicules tout court dans un vaste pays géographiquement où la voiture est un moyen de transport incontournable à cause des carences criantes des transports collectifs. 

En 2018, plus de 190 mille véhicules étaient assemblés et montés dans les usines de montage de Hyundai, Renault, KIA ou Volkswagen. Or, à partir de 2019, à la suite de la chute du clan présidentiel de Bouteflika, les patrons de ces usines ont été tous arrêtés et emprisonnés pour leur implication dans les financements des diverses campagnes électorales d’Abdealziz Bouteflika et dans d’autres supposés scandales de corruption.

Les usines sont à l’arrêt et les entreprises qui les gèrent sont confiées à des administrateurs judiciaires qui vont aggraver leur mauvaise gestion et leurs pertes financières. Des milliers de travailleurs sont menacés par le chômage et ne perçoivent plus leurs salaires dans des conditions convenables. Le marché automobile est totalement gelé. Et aucune nouvelle voiture n’a pu voir le jour en Algérie dés l’année 2019. Ni importations ni projets de montage des véhicules neufs. Dés le début 2020, le nouveau Président Abdelmadjid Tebboune annonce la couleur et diabolise outrageusement ces usines d’assemblage ou de montage des véhicules en les associant à des « vulcanisateurs » qui font dans les transferts illicites de devises à l’étranger.

Promis aux algériens, les importations des véhicules de moins de 3 ans est vite tombée à l’eau faute de ressources financières au moment où le pays subit de plein fouet les conséquences de la crise financière dans le sillage de la pandémie de la COVID-19. L’Algérie patauge et ne trouve aucune autre solution pour se procurer des voitures. C’est l’impasse.

Ailleurs, sur le continent africain, des pays ont fait le choix inverse ! Renoncer petit à petit aux importations pour encourager le montage et l’assemblage local des véhicules. En juillet 2019, le japonais Isuzu Motors a lancé les préparatifs pour  la création d’une usine d’assemblage de véhicules en Ethiopie, prévue pour être totalement opérationnelle d’ici cette année 2021. Bloquée et rejetée en Algérie, Hyundai a augmenté dés 2019 la capacité de production automobile en Ethiopie à 10 000 véhicules par an. Au Rwanda, c’est le constructeur automobile allemand Volkswagen qui a  débloqué près de 20 millions $ pour créer une usine d’assemblage de 5000 véhicules chaque année. Quelques mois plus tard, Volkswagen se lance dans la préparation d’une usine d’assemblage au Ghana et l’expansion de ses activités au Nigéria. En Algérie, le géant allemand a quitté totalement le marché à cause des choix radicaux des autorités algériennes de bloquer le montage des véhicules neufs.

Contrairement à l’Algérie, le Nigeria a décidé de maintenir le développement des usines de montage des véhicules neufs pour ne pas dépendre de l’importation des voitures d’occasion depuis l’étranger.  Honda a inauguré en juillet 2015 sa première usine africaine au Nigéria, d’une capacité de… 1.000 voitures par an. Le français PSA a relancé aussi l’assemblage de son usine, mais pour des volumes très réduits. Volkswagen a réactivé également son site d’assemblage de Passat. Des projets que le Nigeria ne cesse d’encourager sans se poser trop de questions sur leur efficacité future. Pourquoi ? Parce que d’autres pays africains ont pu faire du montage des véhicules neufs une expérience économique rentable.

Le Maroc en est un parfait exemple. Dans ce pays voisin, la production automobile est passée de seulement 50 000 véhicules en 2010, contre 335 000 en 2017. Et d’ici cette année 2021, le pays veut atteindre une production de 650 000 véhicules par an. Ses voitures sont commercialisées au niveau local, mais aussi sur le marché international. Les exportations de ces véhicules assemblées et montés localement ont rapporté au Maroc plus de 3 milliards d’euros.

En 2020, malgré les bouleversements provoqués par la pandémie de la COVID-19, l’usine du groupe Renault de Tanger a exporté 197.336 véhicules, soit près de 94% de sa production. L’usine Renault de Casablanca, Somaca, a exporté 75% de sa production, soit 50.615 véhicules. La production des usines de Tanger et de Casablanca est expédiée à un total de 73 pays. Des résultats encourageants qui inspirent d’autres pays africains comme le Ghana ou le Nigeria.

L’Afrique du Sud est l’autre exemple de réussite du montage des véhicules neufs sur le continent africain. Au début de ce mois de février, le géant automobile américain Ford a annoncé mardi un investissement de 1,05 milliard de dollars (868 millions d’euros) dans ses usines en Afrique du Sud, qui devrait créer des milliers d’emplois et stimuler la production dans le pays le plus industrialisé du continent. Ford va renforcer la production de son pick-up Ford Ranger en Afrique du Sud. À cette fin, le groupe a indiqué qu’il allait embaucher 1.200 personnes supplémentaires, portant le total des effectifs de Ford en Afrique du Sud à 5.500 personnes. Environ 10.000 nouveaux emplois vont aussi être créés au sein du réseau de fournisseurs locaux du groupe.

Lorsque l’Afrique du Sud a débuté dans l’industrie automobile au cours des années 50, il y avait beaucoup de doutes. Aujourd’hui, la réussite est flamboyante : le marché de l’automobile, production de véhicules et de composants, a un poids considérable en Afrique du Sud : 6,9 % du PIB et 30 % du secteur manufacturier, soit environ 21 Mds EUR ; 11 % du PIB si l’on compte tous les secteurs tirés par l’industrie automobile. Environ 110 000 emplois sont concernés par le secteur.

En 2019, 386 863 automobiles ont été exportées par l’Afrique du Sud contre 351 000 en 2018. Toutes les expériences internationales prouvent qu’avec de la patience et de la bonne gouvernance, le montage des véhicules neufs rapportent de la valeur ajoutée et contribue au développement économique.

En Algérie, cette vérité a été occultée et certains experts accusaient les partisans de la filière du montage véhicule de détourner des devises illicitement vers l’étranger. Les usines d’assemblage des véhicules neufs ont été assimilés à des mécanismes de « siphonnage » des devises du pays. Une idée reçue qui n’a jamais été démontrée par des expertises sérieuses.

Et pour cause, l’importation des véhicules neufs pour 100 mille véhicules va coûter à l’Algérie plus de 2 milliards d’euros. L’importation des kits CKD ou SKD pour assembler plus de 180 mille véhicules va coûter 1,5 milliards d’euros. En réalité, les importations directes engendrent des pertes financières beaucoup plus importantes pour le Trésor Public que les activités du montage des véhicules dans des usines locales. Ensuite, c’est la bataille du taux d’intégration industriel qui cause problème en Algérie. Pour que cette industrie monte en puissance, il faut que le taux d’intégration local soit le plus important possible. Or, pour cela, il faut encourager la sous-traitance locale et développer un véritable tissu industriel. Et pour ce faire, il faut encourager les groupes mondiaux à ramener dans leurs bagages leurs sous-traitants traditionnels. L’expérience sud-africaine a prouvé son efficacité dans ce domaine.

Le e Programme de Developpement du Secteur Automobile (MIDP) du gouvernement. sud-africain est à l’origine de la réussite du secteur automobile dans ce pays. Lancé en 1995, ce programme a fonctionné jusqu’a son arrêtt progressif en 2012. Le MIDP a favorise les exportations en permettant aux fabricants automobiles locaux d’inclure les valeurs du total des exportations dans le total de leur contenu local, et leur permettant ensuite d’importer la même valeur en produits hors taxe. Cela a permis aux fabricants automobiles de se concentrer sur la fabrication de certains véhicules ou pièces destinées a l’exportation tout en important d’autres modèles.

Le MIDP a offert aussi une indemnité de capital production aux fabricants de véhicules qui investissent dans des usines et des équipements en leur remboursant 20 % de leurs dépenses de capital sous la forme de credit a l’importation et aux taxes sur une durée de cinq ans. Cette stratégie a permis aux producteurs locaux en Afrique du Sud de booster le taux d’intégration industrielle. L’Algérie pourrait s’en inspirer au lieu de saboter toute velléité industrielle en se basant sur une courte expérience de 4 années des précédents projets locaux abandonnés tristement en 2019.

 

15 COMMENTS

  1. C les signes peut être qu’on est dans la m….. Hachék. Une grosse erreur a été faite depuis longtemps, c de ne pas habituer les algériens à travailler plus longtemps. On ne travaille pas assez. La machine travaille tourne au ralenti. Voilà le résultat général. Continuons ainsi et après il ne faut pas pleurer. Le Dubai de l’Afrique du Nord,c dans les rêves et pour longtemps !

  2. La filiere automobile du Maroc ne monte pas des voitures, elle les produit avec un excellent taux d’integration. Cet article peche par meconaissance du sujet.

  3. @Axis7. Le maroc, honneur à lui,gère mieux l’ensemble de son pays comparé à L’Algérie. L’Algérie c le pays où tout le monde vole dans la caisse. Nous sommes les champions du monde. Et aussi le peuple le plus dormeur de la planète. Avec tout ça tu as les résultats catastrophiques du pays. Ils ne comprennent pas comment fonctionne le monde moderne. Alger est à une heure de vol de Marseille, et on est pas capable d’avoir un environnement approximative de Marseille. C toute une mentalité malade qu’il va falloir revoir. Le problème c que c voleurs, menteurs et les indisciplinés, pensent qu’ils sont propre dans leur tête. Et ça va à la mosquée. Pauvre peuple et pauvre algerie.

  4. C’est le makhzen et les sionistes qui sont la cause de tout ce qui se passe en Algérie. Que Dieu bénisse nos chouhadas et vive la république arabe du polizario.

  5. Depuis Ben Bella à nos jours, nos dirigeants sont sans l’incapacité de penser à autre chose, mais à part vendre du pétrole, et oui mes chers compatriotes nos dirigeants savent uniquement vendre du pétrole, ne dit-on pas En politique, on succède à des imbéciles et on est remplacé par des incapables. Comme dirait Mr lāalam: fumons du thé tout en restant éveillés, le cauchemar continue.

  6. « En 2018, plus de 190 mille véhicules étaient assemblés et montés dans les usines de montage de Hyundai, Renault, KIA ou Volkswagen. Or, à partir de 2019, à la suite de la chute du clan présidentiel de Bouteflika, les patrons de ces usines ont été tous arrêtés et emprisonnés pour leur implication dans les financements des diverses campagnes électorales d’Abdealziz Bouteflika et dans d’autres supposés scandales de corruption. »
    WAWOOO
    des voitures assemblées en Algérie !!!
    C’est un gros mensonge
    supposés scandales de corruption !!!!! tu ne dis pas la meme chose que RABRAB

  7. Dubaï et les autres villes du moyen orient n’existent que grâce à l’assentiment de kippaland.
    Leurs traîtrises a rendu possible leur avènements.
    Nôtre bêtise ne permettra jamais dans l’état actuel des choses toute élévation du pays.
    Nos ânes nous ont mis sous ( double) tutelles.
    Libérons nous de nos harkas avant toutes choses, le reste viendra et éradiquons toute forme de culte de la personnalité pour soit disant notre bien être…

  8. Durant les annees 80 il y avait un projet de montage de voiture qui etait dirige’ par un des freres de Chadli. le projet s’appele’ « Fatia » et la partie des multinaltionals des autos qui alle’ monte’ les voitures c’etait FIAT. Le projet devait avoir un taux d’integration de 50%. Miterand/Belkheir via les genraux DAF ont torpile’ le projet comme la majorite’ des industries qui appele’ industrialisante!!!

    Tant que le peuple ne gere pas ses projets et ne les controles pas et peut sanctioner les fauteurs, rien ne marchera; car les racistes et colonialistes Francais et autres ont leurs petites mains derrieres les rideaux pour faire echouer toutes bonnes initiatives en Algerie.

  9. @Toutoune is seek miskine14 février 2021 At 20 h 09 min
    Nous avons donné notre accord pour
    Quand GW Bush a décidé de créer la MENA( Miadle East North Africa) le monde a dit OUI je dis bien le monde car l’Europe oui et elle est perdante aussi. Les US et les arabes sont les seuls gagnants
    Mercedes Algérie c’est sous la coupe des emiraties
    les algériens ont applaudis (pas moi)
    Les ARABES ont transformé le MAROC en maison Clause , c’est ce qu’ils vont faire de l’Algérie
    Je pense que la solution c’est un coup de pied dans la FOURMILLIERE
    MALHEURESEMENT

  10. … dans les années 80 l’Algérie été socialiste et le projet de fatia était confié à la Sonacome pas au frère de chadi !…Passons …. Le premier a s’opposer aux usines de montage était Béda le ministre corrompu et corrupteur aujourd’hui en prison de teboune premier ministre !….. Maintenant la politique industrielle de Teboune s’avère etre un fiasco , une catastrophe avec de gros dégâts , le Président teboune doit assumer le choix de ses hommes !…Mais qui a parrainé Ferhat ali au President pour ce poste justement connaissant l’avis de ce comptable sur le sujet ! lui qui a attaqué sans vergogne les monteurs de voitures disant préférer l’importation avec une seule usine a savoir celle de renault !…. Non Teboune devra assumer ses échecs ! car c’est lui qui en 2017 s’est déjà attaqué aux construteurs leur préférant des importateurs!…. Son délai de grâce touche presque à sa fin et si d’ici le Ramadhan s’il ne change pas de politique par un choix d hommes il court à sa perte qui peut entraîner celle du pays !….

  11. …..Non Ya abdou ! l’affaire des voitures de moins de 3 ans n’a pas été abandonnée parce que le pays n’a pas de devises! il faut rectifier ! l’importation des véhicules de moins de 3 ans est bénfique pour le pays et pour le trésor ! c’est le citoyen importateur qui paie de ses propres devises ! l’Etat ne débourse aucun dollar dans l’affaire ! en plus l’Etat empoche presque la moitié du prix du véhicule importé sous forme de taxes et de droits de douane ! Non cette affaire scandaleuse d’un simple comptable promu ministre alors qu’il n’en a pas l’envergure en humiliant l’APN et la loi de finances 2020 a un seul objectif ! enrichir les concessionnaires alliés a des étrangers ce qui permettra les pots de vins et les surfacturations tout en siphonnant les réserves de change!!….. Jamais ferhat ali n aurait pris la décision de consacrer 2 milliards de dollars à jeter par la fenêtre s’il na pas reçu l’ordre de ceux qui tirent les ficelles pour noyer le pays !… ferhat ali empiète sur les compétences des autres ministres! ce n’esrt pas a lui de gérer l’importation! il y a bien un ministre du commerce ! ce n’est pas à lui de combattre et de promettre la fin du square d’ici 2023 ! ….Il y a bien quelque chose qui n’est pas claire !…il faut s’ attendre à une explosion populaire car le peuple s’est réveillé et c’est cette politique d’industrie qui provoquera l’incendie ! car ait ali ne s’attaque pas uniquement aux investisseurs dans le secteur automobile mais a tous les industriels qu’il veut couler et de la tout le pays ! il s’attaque dangereusement aux fabricants de électroménager , de l’electronique et tout ce qui est industrie !….. on dirait qu’il applique les directives de la france qui veut que l’Algérie reste un comptoir commercial qui la maintiendra dans le sous développement !…. Je pense que les jours non seulement de teboune mais de tous les décideurs surtout les militaires sont comptés !

  12. On te comprend, tu regrettes la belle époque avec ton parrain Tahkout, le gonfleur de pneus. Tu te souviens de ton reportage bidon chèrement monnayé par Tahkout pour nous expliquer que l’usine de ton copain mafieux n’était pas bidon.

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