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Gestion du secteur des hydrocarbures, poumon économique du pays : le court-termisme inquiétant du régime algérien

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Le secteur est le seul poumon économique du pays en Algérie. Il est le principal pourvoyeur des devises du pays, entre 96 jusqu’à 98 % des exportations en devises du pays, et procure plus de 43 jusqu’à 48 % des recettes fiscales de l’Etat algérien. Malheureusement, ce secteur névralgique pour le pays est dominé par une vision et une gestion court-termiste dont fait preuve l’actuel régime algérien. Une vision qui va provoquer des pertes financières considérables et colossales pour l’Algérie dans les années à venir car rien n’est fait pour préparer le pays au déclin de l’exploitation des hydrocarbures ni pour le ralentir. Explications. 

 

Les autorités algériennes misent toujours sur le court-terme. Elles espèrent ainsi que les décisions de l’OPEP+ vont dégager des perspectives d’amélioration pour l’Algérie. Or, ces perspectives sont nuancées sur le long-terme le rapport de The Shift Project. La 17ème réunion ministérielle des pays de l’Organisation des Pays Exportateurs de Pétrole (OPEP) et non-OPEP – OPEP+ – s’est tenue le 1er juin dernier en présence du ministre de l’Energie Mohamed Arkab. L’Algérie espère à travers les travaux des réunions des pays membres de l’accord OPEP+ un ajustement structurel de la production pour le mois de juillet qui pourrait permettre à la Sonatrach d’augmenter encore sa production quotidienne de 14 000 mille barils de pétrole.

Or, cette augmentation est légère et minime. Elle ne permet même pas d’améliorer les capacités d’exportation du pays pour gagner davantage de revenus en devises afin de soutenir le financement des besoins de l’économie nationale. Mais le régime algérien est aveuglé par sa vision court-termiste et base ses espoirs sur les augmentations des prix du baril confirmées par les données de l’OPEP puisque le baril de Sahara Blend, référence du brut algérien, est passé de 64,01 USD à 67,81 USD entre avril et mai 2021, en hausse de 5,9%. De plus, le Sahara Blend était le 5ème pétrole brut le plus cher en mai 2021. En effet, son prix était supérieur au prix moyen du panier de référence de l’OPEP qui s’est établi à 66,91 USD/baril en mai (+ 5,8% par rapport à avril 2021), son plus haut niveau depuis mai 2019. En outre, l’OPEP indique que la production de pétrole de l’Algérie a atteint 891 000 barils par jour en mai, en hausse de 24 000 bli par rapport à la production moyenne d’avril.

Dans ce contexte, le plan de relance des autorités algériennes ambitionnent de produire 30% de l’électricité à partir de sources renouvelables. Cette feuille de route du gouvernement sur la période 2020-2024 évoque aussi un objectif de 10% d’économie d’énergie à horizon 2021. Pour rappel, le mix énergétique algérien est actuellement composé à 35% de pétrole et à 64% de gaz et à moins d’1% à base d’ENR (PV, Eolien, Hydroélectricité).

Malheureusement, ces petites améliorations du marché mondial du pétrole qui remontent le moral des dirigeants algérien ont un effet éphémère. Et pour cause, à lointaine échéance cette tendance positive pourrait s’inverser pour l’Algérie selon le think tank « The Shift Project » qui a publié récemment un rapport sur les perspectives d’approvisionnement énergétique de l’Union Européenne. Le rapport indique ainsi que la production algérienne devrait connaitre une forte réduction à l’horizon 2030 et 2050.

Le Think Tank précise que la production algérienne de pétrole brut devrait baisser à 0,7 million de barils par jour (MB/]). puis à 0,4 Mb/j respectivement en 2030 et 2050. Ces baisses représentent des reculs de production, par rapport à 2019, de 38% en 2030 et de 65% en 2050. Ainsi, en 2050, la production algérienne représenterait un volume de 130 millions de barils, contre 510 millions de barils en 2019. Cette évolution s’expliquerait principalement par des raisons géologiques, dues à la fois au déclin des champs matures, et au manque de nouvelles découvertes. Par ailleurs, relevant un déclin progressif de la production algérienne (-25 % depuis 2007), The Shift Project rappelle que les découvertes cumulées ont faiblement augmenté depuis 2000, à savoir de +4,5%, représentant 12 milliard de barils, en dépit d’une période de cours élevés qui aurait pu inciter les développements.

Ce déclin annoncé est confirmé par les données de British Petroleum (BP), qui font par ailleurs état d’une forte augmentation de la consommation domestique, qui a progressé de 59% depuis 2007, pour s’établir à 454 bj en 2019, contre 286 b/jil y a 12 ans.

Comment donc gérer la demande intérieure tout en améliorant la production nationale en découvrant de nouvelles réserves ? Voila le véritable défi que doit relever l’Algérie pour se préparer à une baisse conséquente de ses revenus en devises faute de grandes capacités d’exportation de gaz et de pétrole vers l’étranger. Or, dans le court-termisme dominant au plus haut sommet du pouvoir algérien, ce défi est occulté, ignoré et cette insouciance risque de coûter très cher à la stabilité du pays dans les années à venir.

 

3 COMMENTS

  1. Même les Marochiens n’arrivent pas à ce rebondir sur cette article d’une vacuité et médiocrité sans nom….

    Ahhahahahahahaaahah

  2. Dans les années 70, au regne du batard hassan 2 , le papa du baron du cannabis, les agences du makhnez nous prédisaient la fin du pétrole a la fin du siècle dernier
    En 2014, apres la chute des prix de l’énergie, le makhnez prédisaient la faillite économique et la famine en quelques années
    On est en 2021, c’est la même rengaine , le makhnez diffuse les mêmes fakenews
    Dans le même temps l’agence américaine de l’energie classe l’Algerie à la 3e position au niveau mondiale pour ses réserves de gaz de schistes et 7e mondiale pour les reserves de pétrole de schiste
    Pour les reserves d’eau, L’Algerie possède la plus grande reserve mondiale de nappe phréatique

  3. @zakaria75

    Merci pour le discours convenu que certains ressortent, alors qu’ils sont bien installés de l’autre coté.

    Mais entre les bravades et autres vantardises, la réalité que nous vivons tous les jours est tout autre. Qu’en est-il pour toi d’une coupure d’eau qui dure depuis une semaine? Qu’est-ce que j’en ai à faire que l’Algerie possède la plus grande reserve mondiale de nappe phréatique alors que ce matin pour me brosser les dents j’ai du me servir de l’eau en bouteille. Et comment laver le linge sale qui s’accumule? Comment prendre une rapide douche pour se rafraîchir et se sentir propre?

    Comment avoir une certaine hygiène de vie dans ce pays que « l’agence américaine de l’energie classe l’Algerie à la 3e position au niveau mondiale pour ses réserves de gaz de schistes et 7e mondiale pour les reserves de pétrole de schiste »?

    Que le makhnez prédisent ce qu’il veut, qu’il chante ce qu’il veut, qu’il pense ce qu’il veut … On n’est pas dans une cour de récréation d’une école primaire où des enfants d’âge mentale de 5 ans se disputent pour rien. Qu’on s’occupe du sort de notre pays

    La faillite économique est bien là. Ne vous en déplaise, il suffit de s’informer sur le bilan économique 2021 de l’Algérie plutôt que de prendre en considération les racontars des makokos.
    Et la famine peut arriver sachant que nous sommes tributaire de l’étranger pour notre nourriture et que parallèlement notre population augmente d’année en année. Il suffit d’une médiocre récolte de blé mondiale, à cause de raisons politiques ou climatiques, pour que nous soyons impactés les premiers.

    Soixante années d’intox sur le thème des ennemis de l’intérieur/extérieur ont rendu ce peuple incapable d’agir et de construire. Ce n’est pas ce que la propagande des makokos qui importe, ce qui importe c’est que nous soyons capables de faire, de construire, d’inventer, de créer… d’être un pays dynamique où il fait bon vivre.
    .

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