La chute du dinar fait de l’Algérie le pays le plus instable de la région

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L’Algérie n’est pas le seul pays au monde qui affronte une crise économique et financière inédite née dans le sillage de la pandémie de la COVID-19. Ceci dit, l’Algérie à cause de son instabilité politique, institutionnelle et sa mauvaise gouvernance fait partie des pays les plus fragiles. La chute récente et brutale du dinar algérien démontre ce postulat malheureux. Preuve en est, les monnaies des autres pays maghrébins résistent nettement mieux aux conséquences économiques de la pandémie de la COVID-19. 

Prenons le cas de la Tunisie. Sa situation est beaucoup moins reluisante que l’Algérie. Et pour cause, la Tunisie traverse une crise sans précédent aggravée par la crise sanitaire. Le chef du gouvernement tunisien a dressé récemment un état des lieux de la situation économique et sociale. Des comptes dans le rouge, un chômage au plus haut et un exode de la jeunesse vers l’Europe.  La Tunisie est plus que jamais proche de la faillite avec un déficit budgétaire qui atteindra le niveau record de 14 % du PIB, à savoir de la richesse nationale. Parmi les conséquences, un chômage qui atteint désormais près de 20 %. La Tunisie est fortement endettée à l’extérieur avec près de 29 milliards d’euros.

En dépit de cela, le dinar tunisien résiste beaucoup mieux que le dinar algérien aux chocs extérieurs. Depuis le début de l’année 2020, le dinar tunisien n’a perdu que 4,09 % face à l’euro. Depuis le commencement de la deuxième vague épidémique au début du mois de novembre passé, le dinar tunisien avait concédé 2,03 % face à l’Euro. Des performances nettement plus honorables que celles du dinar algérien.

Idem pour le dirham marocain qui a su tirer son épingle du jeu lors de cette crise brutale et violente face aux devises les plus puissantes du monde. Face à l’euro, le dirham marocain n’a perdu que 1,68 % depuis le mois de janvier 2020. Et face au dollar américain, la monnaie marocaine n’a absolument rien perdu. Au contraire, elle a augmenté de plus de 6 % et un dollar américain équivaut aujourd’hui à 8.97 dirham marocain.

Le Maroc souffre, lui-aussi, d’une très délicate situation financière et depuis le début de la pandémie, il a contracté plus de 1,2 milliard d’euros de dettes auprès de plusieurs bailleurs de fonds internationaux comme la Banque Mondiale et l’Union Européenne. En plus, le Maroc a pris ses dispositions face à la crise en s’autorisant un dépassement du plafond des financements extérieurs de 2,8 milliards d’euros par rapport à ce qui était fixé dans la loi de finances pour l’année budgétaire 2020. Les autorités marocaines ont voulu assurer des emprunts en devises, que ce soit à travers des emprunts sur le marché international, ou auprès des partenaires bilatéraux du Maroc ou des bailleurs de fonds. Le Maroc avait pour stratégie d’avoir un niveau suffisant de devises est une garantie de souveraineté car, au contrairement à la riche Algérie, le Maroc n’a pas de réserves de change conséquentes. Ses avoirs en devises dépassent à peine les 27 milliards d’euros.

Malgré tous leurs désavantages, la Tunisie et le Maroc résistent mieux que l’Algérie et leurs monnaies ne se sont pas effondrées. Pourquoi ? Parce que nos deux voisins sont beaucoup plus stables politiquement et leurs autorités ont davantage de légitimité aux yeux de la communauté internationale. En plus, ces deux voisins ont une politique monétaire, basée sur un taux de change raisonnable et des taux d’intérêts pas très élevés afin de ne pas nuire à l’économie nationale, beaucoup plus réactive et intelligente que celle de la Banque Centrale algérienne. Dans cette situation, c’est l’Algérie qui devient le pays le plus instable de la région avec ses déséquilibres économiques et financiers qu’elle peine à maîtriser.

 

3 COMMENTS

  1. Sidi mlih zid Lou lahoua wa Rih!!
    Sans aucun doute si ces dirigeants restent en place et sans transition démocratique réelle l’Algérie sera en faillite d’ici peu de temps.
    Une année de transition avec des représentants de la société civile pour établir une nouvelle constitution, en éliminant tous les partis islamistes de toute représentation politique. La séparation de la religion et de l’état doit être actée. Ouverture des investissements à la diaspora avec un guichet unique et facilitations des installations et transfert de technologies.
    Refonder l’école de A à Z et bannir tous les programmes religieux.
    Auditer par des cabinets extérieur toutes les sociétés étatiques et même la présidence et les ministères.
    Le conseil de transition fera des référendums sur tous les sujets sensibles.
    Restructurer les wilayas en une vingtaine de régions, qui seront gérées par des présidents élus et pas plus de deux mandats de 4 ans. La décentralisation doit être instaurée car c’est la seule à pouvoir sortir les régions de leurs marasme actuel.
    Le ministre de la justice doit être un universitaire bardé de diplôme en droit, et la séparation du pouvoir central et de l’exécutif doit être actée illico.
    Le parlement ne doit en aucun cas avoir plus de 100 députés.
    Le sénat doit être supprimée.
    Le conseil d’État ne doit revenir qu’à de vrais intellectuels ayant fait preuve de patriotisme dans tous les domaines.
    Les sociétés étatiques déficitaires doivent être toutes nationalisées.
    Quant à sonatrach il faut un dirigeant ayant une expérience d’au moins une vingtaine d’années dans les sociétés pétrolières de par le monde et non en Algérie. Son staff doit être recruté en externe et si il faut licencier des dizaines de milliers de glandeurs il faut le faire.
    Le ministère de l’agriculture doit être géré pareil par des professionnels avec comme objectif la suffisance alimentaire sous 3 ans.
    Le SMIC dans l’agriculture doit être supérieur au SMIC traditionnel.
    Redistribuer les terres mal acquises par tous les suceurs de sang et les donner a d’autres avec des feuilles de routes précises et au cas de non respect au suivant. l’Algérie doit faire sa révolution pour espérer accrocher le train du développement et surtout se retirer les deux boulets qui freinent tout développement, l’islam d’état et l’Arabisme forcené. Sinon comme on dit chez nous lakhbar ydjibouh twalla.

  2. Une feuille de route limpide !!!…Vous voyez charlatans de malheur, politiciens khoubzist & militaires chiguivariens, aveuglés par vos appétits voraces …Les solutions existent pour notre nation ! mais vous êtes le problème …Un soulèvement pacifique & une crise sans précédent, ne suffisent pas à vous convaincre & avoir honte de vous même !!! Malheur à celui qui pense qu’il ne sera pas jugé un jour pour haute trahison à sa patrie … Nourrissons nôtre pays d’espoirs, de justice & de travail !…Nous sommes des lions chez nous & nul n’est roi chez les autres 🌈