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Inquiétant : Faute de moyens financiers, l’Algérie ne peut pas financer une politique de dépistage contre le coronavirus COVID-19

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Les chiffres sont éloquents. L’Algérie fait partie des pays qui testent et dépistent le moins sa population au monde. Au 20 septembre, le pourcentage de diagnostic de l’infection COCVID-19 par la PCR, par rapport à l’ensemble des cas suspects et positifs en Algérie, est d’à peine 35,9 % à l’échelle nationale. C’est un taux très faible et inquiétant car il ne permet nullement à l’Algérie de mesurer avec précision l’ampleur réelle de la pandémie sur le territoire nationale.

Certaines wilayas algériennes ont utilisé des tests de dépistage dans une proportion  inférieure à 10 % ! Ce sont par ordre croissant Chlef, Saïda, Bordj Bou Arreridj, Médéa et Mascara. Comment peut-on dans ces conditions cerner la circulation effective du virus en Algérie ? Cette question divise les experts et les observateurs algériens alors que les autorités algériennes n’ont, semble-t-il, réfléchi à aucun plan d’action pour se doter d’une véritable politique de dépistage basée sur des tests PCR, les plus fiables scientifiquement et les seuls qui sont considérés comme une référence en matière de lutte contre la pandémie de la COVID-19.

Cette dangereuse déficience de l’Algérie intervient dans un moment crucial du développement de l’épidémie. Dans le pourtour méditerranéen et en Europe, les pays craignent l’arrivée de l’hiver et assistent à une remontée du nombre des personnes contaminées. De nombreux pays redoublent d’efforts pour améliorer leur capacité de dépistage dans le but d’identifier rapidement les porteurs du virus afin de les isoler et de les traiter avant qu’ils ne contaminent des personnes fragiles dont la vie est susceptible d’être en péril à cause des conséquences dramatiques sur leur état de santé des symptômes du coronavirus COVID-19.

Selon Our World in Data, l’Inde et les États-Unis effectuent le plus de tests quotidiens, mais Joe Hasell, le chargé de projets de recherche, explique que le nombre de tests réalisés n’est pas nécessairement le signe d’une bonne gestion de l’épidémie.  “Ce chiffre est vraiment de peu d’utilité car il ne dit pas grand-chose. Ce qui compte, ce n’est pas le nombre de tests mais que l’on en fasse suffisamment, c’est-à-dire assez par rapport à l’ampleur de l’épidémie”, explique-t-il

Ce qu’il faudrait plutôt voir, c’est la proportion de cas positifs dans chaque pays, c’est-à-dire la part de tests positifs sur l’ensemble des tests réalisés. Le taux de positivité indique l’ampleur des tests rapportée à l’ampleur de l’épidémie. D’après l’Organisation mondiale de la santé (OMS), un taux de positivité de moins de 5% signifie que l’épidémie est sous contrôle. Actuellement, ce taux est de 1,4% en Grande-Bretagne. En France, ce taux de positivité dépasse désormais 6%. En Espagne, il se situe autour de 13%.

En Algérie, il est encore impossible de calculer ce taux de positivité parce que notre pays n’a encore aucune politique de dépistage massif de la population ! Les autorités algériennes naviguent à vue et prennent à la légère le risque élevé d’une nouvelle vague de contaminations et d’hospitalisations à l’approche de l’hiver.

Selon des sources proches du gouvernement algérien, le manque cruel de moyens financiers empêchent l’Etat algérien de se lancer dans une politique de dépistage massif de la population. Il faut savoir que le prix d’un test PCR est effectivement cher. En Belgique,  l’Institut national d’assurance maladie invalidité (INAMI) a évalué le coût d’un test PCR à 46,81 euros. Ce montant couvre l’achat de matériel, le personnel, les réactifs, les contrôles de qualité, le transport, etc.

Si par exemple un pays a un rythme de dépistage de 35.000 tests/jour, il devra dépenser pas moins de 193,2 millions d’euros pour mener des campagnes de dépistage massif pendant 4 seuls mois. C’est une addition très salée que l’Algérie ne peut payer en raison de la crise financière qu’elle traverse en ce moment. Le dépistage massif de la population est donc avant-tout une affaire de richesse et de puissance financière. A titre d’exemple, au cours de la semaine du 7 septembre, 1,19 million de tests ont été réalisés en France. La facture pour l’Assurance maladie française frôle déjà les 900 millions d’euros.

Il faut savoir qu’en France, le prix d’un kit de dépistage PCR avoisine les 73,59 €. Un montant fixé au terme d’une âpre négociation entre les autorités et les syndicats professionnels de la santé.  Ce prix se décompose de la façon suivante : 54 € pour le test PCR en lui-même, 9,60 € pour le prélèvement par le personnel médical, 4,59 € de forfait pré-analytique (protection anti-covid des personnels) et 5,40 € pour le système d’information et de dépistage, une plate-forme sécurisée où sont enregistrés les résultats des tests.

Dans les autres pays européens, le test PCR est facturé 59 € en Italie en moyenne, contre 50,50 € en Allemagne, un prix défini par décret. Ce prix est encore bien inférieur en Espagne, où il oscille entre 30 et 45 €. Cela signifie que l’Algérie ne peut pas commercialiser les tests de dépistage à moins de 10 mille Da, voire 15 mille, soit au moins la moitié du salaire minimum garanti en Algérie. Qui peut se permettre un test de dépistage à un tel prix ? Presque personne ! Il faudrait donc que la sécurité sociale algérienne prenne en charge les frais du dépistage. C’est cette perspective qui fait peur au régime algérien, assurent diverses sources bien informées à Algérie Part. Les autorités algériennes craignent une hémorragie des devises du pays si une politique de dépistage massif de la population est entreprise sur le territoire national. En clair, l’Algérie n’a pas assez de devises dans ses caisses pour financer le dépistage de sa propre population. Une impasse face à laquelle le régime algérien peine à trouver des solutions alors que le risque sanitaire dans les semaines à venir sera de plus en plus élevé.

 

 

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