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Face à la cherté de la vie, la crise financière et la pandémie de la COVID-19 : 90 % des Algériens se sentent abandonnés à leur sort par leur Etat

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Une enquête d’opinion internationale vient de révéler des résultats très inquiétants sur les souffrances qu’endurent les Algériennes et les Algériens depuis le début de la crise financière et économique née dans le sillage de la pandémie de la COVID-19.  Ce constat a été établi scientifiquement par une enquête d’opinion qui a été réalisée par Arab Barometer, un organisme indépendant partenaire de l’Université de Princeton aux États-Unis, qui a interrogé plus de 25 000 habitants dans 7 pays – le Maroc, l’Algérie, la Tunisie, la Libye, le Liban, la Jordanie et l’Irak – de mars à avril 2021.

Les résultats de cette enquête viennent d’être cités dans une longue analyse consacrée à l’Algérie et publiée le 30 septembre dernier par Riccardo Fabiani, le directeur de projet pour l’Afrique du Nord à l’International Crisis Group, une prestigieuse ONG internationale à but non lucratif créée en 1995, dont la mission est de prévenir et d’aider à résoudre les conflits meurtriers grâce à un travail de recherche sur le terrain, des analyses et des recommandations indépendantes. Il faut savoir que chaque année, Crisis Group publie environ 90 rapports et briefings qui contiennent au total quelque 2 500 recommandations et organise quelque 5 000 réunions avec des dirigeants politiques et autres personnalités importantes dans le cadre de son travail de plaidoyer.

Riccardo Fabiani explique en se basant sur les résultats de l’enquête de l’Arab Barometer que les Algériens se sentent abandonnés à leur triste sort par les autorités de leur propre pays alors qu’ils affrontent au quotidien l’une des crises économiques et financières les plus compliquées de l’histoire. 90% des Algériens interrogés ont déclaré effectivement n’avoir reçu aucune aide de la part de leur gouvernement pendant la crise du COVID-19. Ils ont été ainsi contraints de se débrouiller avec leurs propres moyens de subsistances pour survivre aux conséquences fâcheuses de cette crise alors que des centaines de milliers de travailleurs ont perdu leur travail ou ont vu leurs salaires diminuer drastiquement sans oublier la disparition de plusieurs milliers d’emplois à cause des difficultés financières extrêmes des entreprises algériennes privées de toute assistance face à la paralysie économique engendrée par la pandémie.

Riccardo Fabiani, le directeur de projet pour l’Afrique du Nord à l’International Crisis Group, nous apprend aussi dans son analyse que de plus en plus d’Algériens peinent à se nourrir dignement et craignent de souffrir de l’insécurité alimentaire faute de moyens financiers adéquats pour faire face aux dépenses alimentaires. Preuve en est, 20% des Algériens se plaignant souvent de manquer d’argent pour acheter de la nourriture et 18% des Algériens déclarant avoir parfois cette inquiétude de manquer d’argent pour nourrir leurs familles !

Ce sont des données dramatiques dans un pays de pétrodollars naguère qui fut riche et prospère avec près de 200 milliards de dollars dans ses réserves de change en 2011-2012.

Cette Algérie a, malheureusement, bel et bien disparu et la « Nouvelle Algérie » est marquée par un appauvrissement inquiétant et progressif de sa population. Encore une autre illustration de cette amère réalité.

L’enquête de l’Arab Barometer nous apprend que 42 % des Algériens interrogés ont estimé que la situation économique était « mauvaise » dans leur pays et 21 % la considéraient même comme « très mauvaise ». C’est dire que l’impact économique et financier de la pandémie de la COVID-19 et de l’instabilité politique du pays depuis 2019 a ébranlé durement les ménages algériens.

Par ailleurs, 32 % des Algériens ont indiqué que le coût de la vie de plus en plus élevé était leur plus grande préoccupation liée au COVID-19 et  22 % des Algériens la considère encore comme leur deuxième plus grande inquiétude depuis le début de la pandémie. Pour Riccardo Fabiani de l’International Crisis Group, une conclusion s’impose en toute limpidité : Les contraintes financières et économiques accablant les Algériens signifient que le gouvernement et l’Etat algérien « n’a pas été en mesure d’offrir un soutien financier suffisant à la population ». Ce qui ne cesse de nourrir des frustrations majeures au sein de la population algérienne et une grande incertitude concernant le futur du pays.

 

 

4 COMMENTS

  1. ZEMMAR nous pond souvent ce genre d’article pour faire le buzz et faire venir ses amis marochiens de service sur le site
    Hein Boussad… la crise a épargné le monde entier et se concentre que sur l’Algérie un pays qui croule sur les pétrodollars …
    Niveau cour d’école

  2. Non, un caméléon à multiples facettes qui saute du coq à l’âne est généralement pudique.
    Il faut lui épargner ces réalités qu’il ne saurait voir ni entendre, ya Abou Semmar !
    Les 1000 milliards partis en fumée, c’est du niveau de cour d’école ? On a vu le frère
    de feu l’ex-président brandir la menace de tout faire sauter si on continuait à lui chercher des poux.
    D’ailleurs, de son vivant, personne n’a osé toucher un cheveu du président, et pour cause !
    Alors, les niveaux ardoise, vous êtes prêts à nouveau pour tout effacer et recommencer ?
    Allez, prêts ! Partez ! Mais, cette fois-ci, le précipice prédit par feu Caïd Ahmed est en bout de course !
    A bon entendeur, salut !

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