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Exclusif. Sonatrach : la liste exhaustive des sites de production à l’arrêt faisant perdre à l’Algérie des millions de dollars par jour

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C’est une situation inédite et sans aucun précédent dans l’histoire du secteur des hydrocarbures en Algérie, la première source de devises pour l’Algérie et le véritable poumon économique du pays. Depuis le mois février 2020, de nombreux sites de production et des gisements d’hydrocarbures sont à l’arrêt à cause de certaines paniques techniques ou de conflits avec des partenaires étrangers ayant contracté des marchés stratégiques avec Sonatrach. Cette situation problématique engendre au quotidien des dizaines de millions de dollars de pertes pour Sonatrach, le coeur battant de l’économie nationale et seule source d’exportation qui procure des devises pour le Trésor Public. 

Cette fois-ci, Algérie Part va vous révéler une liste exhaustive des sites de production ou des gisements de pétrole ainsi de gaz qui sont tout simplement à l’arrêt depuis plusieurs semaines sans que cela n’émeuve personne au plus haut sommet du pouvoir algérien. Le complexe Touat Gaz est à l’arrêt depuis plus de 20 jours à cause d’un incident technique qui a été passé sous silence par la direction générale de Sonatrach.

Situé à environ 1 400 kilomètres au sud-ouest d’Alger et à proximité d’Adrar, le projet gazier Touat est dirigé par le Groupement Touat gaz (GTG Partners), composé de Neptune Energy Touat (65 %) et de Sonatrach (35 %). C’est le premier projet co-opéré par Neptune en Afrique du Nord. À noter que Neptune Energy Touat est détenu par Neptune (54 %) et Engie (46 %). Né en 2015 et basé à Londres, Neptune est détenu par les fonds anglo-saxons CVC et Carlyle et le chinois CIC .

Le projet, qui comprend 18 puits producteurs, a été relié au gazoduc GR5, construit par Sonatrach, pour collecter le gaz du sud-ouest de l’Algérie et le transporter à Hassi R’Mel, situé à environ 800 km au nord. Les blocs concernés sont les 352a et 353. La production de Touat représente environ 6 % du total des exportations de gaz de l’Algérie et sera produite pendant plus de vingt ans. Neptune Energy et Sonatrach ont mis en service l’unité de traitement du gaz en février 2019. Elle est officiellement entrée en activité samedi 7 septembre. L’unité de traitement du gaz a une capacité de traitement de 5,2 milliards de mètres cubes par an et produira 4,6 milliards de mètres cubes par an de gaz et 1 800 milliards de barils par jour de condensat stabilisé. Selon nos investigations, l’arrêt de production de ce complexe gazier coûte chaque jour à l’Algérie des pertes minimales estimées à 4 millions de dollars. Et jusqu’à cette heure-ci, aucune date n’a été avancée pour la relance de production de Touat Gaz.

Dans le champ pétrolier d’Oued Noumer, situé à 180 km environ au sud- est de HASSI R’Mel,  l’unité de récupération de GPL est également à l’arrêt depuis plus d’une semaine à cause d’un incident survenu comme dans le gisement d’El Merk au niveau du Four du complexe de production des hydrocarbures de ce gisement qui est en pleine activité depuis 2015 avec avec 4000 barils/jour. L’unité d’extraction de GPL d’oued Noumer à partir des
gaz associés a été mise en service en 1997. C’est l’une des unités de production les plus importantes de Sonatrach.

A Hassi Messaoud, la station de compression et de réinjection de gaz est aussi à l’arrêt à cause d’une panne technique. Et pourtant, cette station a été inaugurée et lancée au cours du 4e trimestre de l’année 2019. Situé à Zcina (Hassi Messaoud Nord), cette station de compression et de réinjection de gaz a une capacité de 24 millions m2 par jour. Cette station a pour mission d’assurer la compression et la réinjection de gaz du puits de Zcina lui-même, ainsi que celui d’autres puis pour augmenter leur production. Cette installation doit traiter 40.000 barils de pétrole par jour, ainsi que 5 millions de m3/j de gaz. L’arrêt de production de cette station de compression et de réinjection de gaz a provoqué également des pertes financières considérables évaluées à 8 millions de dollars par jour.

 

Toujours à Hassi Messaoud, le projet 4ème train de GPL situé au niveau du Complexe industriel GPL ZCINA à 06 Km de Hassi Messaoud et dont la capacité nominale de traitement de gaz est estimée à 8 Millions SM3/jour, est à l’arrêt. Mais, cette fois-ci, ce n’est pas un problème technique ou un incident ayant ravagé des installations de production qui est à l’origine de cet arrêt. Il s’agit d’un conflit ouvert qui oppose Sonatrach à la société italienne Maire Tecnimont laquelle avait été désignée en novembre 2018 pour réaliser cet important projet de production des hydrocarbures afin d’augmenter la production GPL & Condensat stabilisé et améliorer la qualité du gaz destiné pour les besoins gaz lift.

Sonatrach avait confié aux italiens ce projet pour l’équivalent de 248.5 Millions US$. Ce projet comprend notamment les études d’ingénierie de détail, l’approvisionnement des Equipements et Matériels, la construction ainsi que les essais et mise en Service. Ce projet dont la réception définitive est prévue pour le mois de juin 2021, permettra d’augmenter la production du GPL de 3600T/j à 4800/T/j et du condensant de 330 T/j à 480 T/j. Aujourd’hui, il est tout simplement menacé et les italiens demandent à Sonatrach de lui verser des indemnisations de 60 millions de dollars pour la dédommager des retards accumulés sur le chantier à cause des problèmes internes de Sonatrach et de l’instabilité politique en Algérie.

Plusieurs autres projets sont, malheureusement, à l’arrêt accusant des pertes considérables pour l’Algérie. Le projet Isarene est la parfaite illustration de cette paralysie actuelle qui s’empare de la Sonatrach et du secteur des hydrocarbures.  Constitué par SONATRACH, Petroceltic et Enel d’un côté et de la britannique PETROFAC International (UAE) LLC de l’autre, ce méga-projet est à l’arrêt. Et pourtant, il porte sur le  développement du champ gazier d’AIN TSILA, situé dans le périmètre d’ISARENE, à 160 km au nord-ouest
de la wilaya d’Illizi. Le projet de développement du champ gazier d’Ain Tsila devait permettre la récupération de 64 Milliards de gaz avec une production journalière de 10,3 Millions m3 de gaz de vente et 11 500 de baril de condensat et de 17 000 baril de GPL sur un plateau de 14 ans.

Le projet a été lancé en mars 2019, mais aujourd’hui il est totalement bloqué à cause d’un conflit qui oppose Sonatrach à Pétrofac. A Hassi Messaoud encore, le projet de la réalisation d’un centre de séparation et de compression dans la périphérie sud de ce champ pétrolier pour 1,1 milliard de dollars est également bloqué en raison d’un autre conflit opposant Sonatrach au groupe dubaïote Dodsal. Ce dernier avait remporté ce marché en juin 2017 et devait réaliser des travaux qui comprennent en compte l’ingénierie détaillée, l’approvisionnement, la construction et la mise en service du centre avant 2020. A cause des récents dysfonctionnements de Sonatrach et de ses problèmes internes provoqués par l’instabilité et les luttes de clans du pouvoir algérien, ce projet a été ralenti et Dodsal réclame, désormais, des dédommagements et menace de quitter l’Algérie.

La liste des projets stratégiques qui sont à l’arrêt est encore longue : la nouvelle raffinerie de Hassi Messaoud, grand espoir pour la fin de l’importation des carburants depuis l’étranger, ou le fameux projet du boosting du champs gazier de Hassi R’mel, le plus important du pays, plusieurs chantiers très sensibles et névralgiques pour l’avenir des hydrocarbures du pays sont suspendus ou tournent au ralenti à cause des conflits opposants les actuels dirigeants de Sonatrach aux prestataires et partenaires étrangers sans compter les pannes techniques, les incidents causés par des fautes de négligence et des défaillances dans l’entretien des installations pétrolières ou gazières. Jamais au grand jamais, la Sonatrach n’a souffert d’un aussi grand désordre. La mauvaise gouvernance actuelle de la compagnie nationale des hydrocarbures va porter un énorme préjudice financier et économique à l’Algérie. Quel gâchis.

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