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Exclusif. Les émriatis prennent possession d’un important complexe d’ammoniac à Oran

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Dans la  discrétion la plus totale, les émraits ont pris possession de l’un des plus importants complexes de l’industrie pétrochimique en Algérie. En effet, nous avons appris au cours de nos investigations que le fonds International Petroleum Investment (IPIC), fonds d’Etat d’Abu Dhabi, a racheté les parts du groupe égyptien Orascom Industries Construction(OCI-EGYPTE) dans la société  SORFERT Algérie qui possède le complexe d’ammoniac de la zone industrielle d’Arzew. 

Il s’agit de l’un des plus importants producteurs intégrés d’engrais azotés en Afrique du Nord, avec une capacité de production de 1,26 millions de tonnes métriques de granules d’urée et 1,6 millions de tonnes métriques d’ammoniac anhydre par année. Ce complexe industriel comprend deux trains de production d’ammoniac identiques et un train de production d’urée. Une ligne d’ammoniac est dédiée à la production d’urée et l’autre produitune capacité à commercialiser.

Jusque-là, Sorfert Algérie était l’aboutissement  d’un partenariat entre Orascom Industries Construction(OCI-EGYPTE) à hauteur de 51% des actions et SONATRACH  avec 49% des actions. L’édification de ce complexe pétrochimique a  nécessité un investissement de quelque 1,6 milliard de dollars. OCI a construit le complexe en partenariat avec ThyssenkruppIndustrial Solutions (TKIS, ex-Uhde), qui a apporté une technologie de dernière génération avec un procédé qui a fait ses preuves. La construction du Complexe s’est terminée en 2013 et la première année complète d’exploitation s’est faite en 2014.

Des managers égyptiens étaient aux commandes de la Sorfert Algérie, mais la Sonatrach disposait de son droit de regard et contrôle avec la nomination dans le conseil d’administration de plusieurs représentants. La Sorfert Algérie et son complexe d’ammoniac est un atout stratégique car cette entreprise algéro-égyptienne se place en deuxième pourvoyeur de devises après la Sonatrach.  Largement utilisée en agriculture comme engrais azoté et importante matière première pour l’industrie chimique, ce complexe industriel a toujours prospéré grâce à ses exportations à l’étranger. Sorfert Algérie  a réalisé récemment un chiffre dépassant 500 millions de dollars, malgré la hausse du volume de ses exportations en ammoniac et urée en 2016.

C’est dire qu’il s’agit d’une entreprise hyper-stratégique qui vient d’être acquise par International Petroleum Investment (IPIC), fonds d’Etat d’Abu Dhabi. Une acquisition qui s’est déroulée dans des conditions troublantes puisque les autorités algériennes n’ont jamais communiqué sur ce dossier délicat car il engage des intérêts juteux très occultes. En effet, l’Algérie n’a pas exercé son droit de préemption comme le dicte la loi algérienne en vigueur. Selon des sources officieuses, les émiratis ont racheté sur le plan international toutes les activités pétrochimiques du groupe Orascom Industrie, basé au Caire en Egypte. Mais cet argument n’est guère convaincant car Sonatrach aurait pu, elle-même, négocier le rachat des parts du groupe égyptien et conserver ainsi le contrôle de cette importante société pétrochimique comme l’Etat algérien avait fait lors du scénario de Djezzy en avril 2014.

Au lieu de cela, l’Etat algérien a préféré jouer le rôle du spectateur en concédant aux émiratis un privilège inégalé : prendre possession d’un joyau de l’industrie pétrochimique de notre pays.  Soulignons enfin que l’IPIC a des participations dans plusieurs sociétés de gaz et de pétrole dans le monde. Il contrôle, par exemple, 9,5% du distributeur espagnol Cepsa.

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