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Exclusif. Hôtels publics rachetés par des hommes d’affaires : les raisons de la colère de la Présidence de la République

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Le 14 janvier dernier, l’instruction de la Présidence de la République ordonnant à Ahmed Ouyahia de ne pas soumettre les entreprises publiques économiques (EPE) à la privatisation avait suscité l’étonnement des Algériens. Pour beaucoup d’entre eux, il s’agissait d’un désaveu public pour le Premier-ministre Ahmed Ouyahia qui risquait de connaître le même sort qu‘Abdelmadjid Tebboune, limogé de son poste à la tête du gouvernement le 15 août dernier. 

En réalité, la vérité dépasse largement ses lectures factuelles et superficielles. En effet, selon nos investigations, la colère de la Présidence de la République n’était pas réellement dirigée à l’encontre de la conclusion de la charte pour le partenariat public-privé signée lors de la tripartite gouvernement- UGTA- Patronat le 23 décembre 2016.

La Présidence de la République s’était révoltée contre la privatisation des hôtels publics qui était en cours de préparation au niveau du cabinet du Premier-ministre. Une privatisation, a-t-on appris de plusieurs sources sûres, qui devait concerner près de 60 hôtels publics à l’exception de trois grands hôtels situés à Alger : El Aurassi, Sofitel et Mercure. Des hôtels que plusieurs richissimes hommes d’affaires ont proposé de racheter à l’Etat pour les soulager de leur fort endettement et situation financière déstructurée avec certaines filiales au bord de la faillite.

Une short-liste composée de plusieurs « oligarques » puissants et influents a été d’ores et déjà établie pour ouvrir le capital de plusieurs hôtels publics dont des fleurons du tourisme algérien comme  le complexe des Andalouses, à Oran, le prestigieux hôtel El Djazaïr (ex-Saint George) à Alger, Essafir (ex –Mazafran) et El Manar de Sidi Fredj. Le gouvernement voulait commencer par céder au moins 33 % de ses parts dans ses hôtels et nouer un nouveau pacte de partenariat avec ces hommes d’affaires afin de se désengager le plus tôt possible de la gestion des hôtels et complexes touristiques.

Mais ces investisseurs privés envisageaient-ils vraiment d’injecter des fonds conséquents dans les caisses de ces hôtels pour les relancer ? C’est là que le bât blesse car la Présidence de la République a découvert que ces privatisations partielles s’apparentait à une opération de bradage qui ne disait pas son nom.

Et pour cause, l’Etat a déjà débloqué des crédits bancaires au niveau des banques publiques pour financer à hauteur de 100 milliards de Da, soit près d’un milliard d’euros, l’’opération de réhabilitation des hôtels publics. Une opération qui se terminera en 2021. Et sur la liste, établie par le gouvernement, des hôtels à céder aux privés, nous retrouvons tous les hôtels qui ont bénéficié de ces aides conséquentes de l’Etat. En réalité, ces hommes d’affaires allaient acquérir des participations à moindre prix dans des hôtels sur lesquels l’Etat a beaucoup dépensé pour les relancer.

Le manque à gagner est énorme et l’opération n’est pas du tout rentable puisque les fonds engrangés par l’Etat ne vont jamais recouvrir les crédits publics débloqués pour financer la relance de ces hôtels. La Présidence de la République dresse ce constat amer et crie au scandale. L’instruction du Président de la République, Abdelaziz Bouteflika, fait l’effet d’une bombe et cette opération de privatisation tombe brutalement à l’eau. Une fois n’est pas coutume, le pouvoir politique a dit non stop au pouvoir de l’argent.

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