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Exclusif. Gaz et pétrole de schiste : la Sonatrach a lancé une première étude expérimentale à Hassi Messaoud

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Au mois d’avril dernier, la Sonatrach a lancé une première étude expérimentale pour exploiter un réservoir non conventionnel d’hydrocarbures à Hassi Messaoud, a appris Algérie Part au cours de ses investigations. En effet, Sonatrach a lancé une étude sur l’utilisation de la fameuse et controversée technique de la fracturation hydraulique sur un réservoir non conventionnel du bassin de Hassi Messaoud. Et les résultats de cette première étude expérimentale ont encouragé la direction générale de Sonatrach à se lancer dans l’exploration et l’exploitation des ressources non conventionnelles, à savoir le pétrole et gaz de schiste présent en forte abondance sur le territoire algérien. 

Il faut savoir que la fracturation hydraulique est la principale technique qui permet l’extraction du gaz de schiste. Le gaz de schiste est enfermé dans la roche sous forme de microbulles, et prisonnier d’une couche d’argile. Pour fracturer la roche et les libérer, on injecte de l’eau, du sable et des détergents à très haute pression. « La mise en valeur des ressources de gaz non conventionnelles s’avère plus coûteuse et exige le recours à des technologies spécifiques conçues pour faciliter la production du gaz. La fracturation hydraulique est une des principales technologies mises au point en vue de rentabiliser la production du gaz et/ou pétrole provenant de ces nouveaux réservoirs », reconnait à ce sujet le résumé de l’étude expérimentale réalisée à Hassi Messaoud pour tester la fracturation hydraulique.

Mais cela n’a pas empêché Sonatrach de procéder à  « l’analyse de la technique de fracturation hydraulique pour l’amélioration de l’indice de productivité », explique ainsi le même compte-rendu obtenu par Algérie Part au cours de ses investigations.

Pour les besoins de cette expérimentation, Sonatrach a choisi le champ de Hassi Messaoud qui est  situé dans la partie centrale du Sahara Algérien. Il a été découvert en 1956 et mis en exploitation en 1958. Il faut savoir que ce réservoir se situe dans les formations du Cambroordovicien entre 3300 et 3500 m de profondeur.  Le champ de Hassi Messaoud fait partie d’un ensemble de structures formant la partie Nord de la province Triasique, et se situe au Nord-Est du Sahara Algérien à environ 750 km au Sud Sud-Est d’Alger, et à 280 km au Sud-est du gisement de gaz condensât de Hassi R’Mel.

Au niveau de ce champ, la Sonatrach a identifié un plan d’eau se trouvant initialement à la profondeur de 3380 m.  Les techniciens de Sonatrach se sont intéressés à une zone précise présentant les meilleures caractéristiques pétrophysiques. Cette dernière est la plus productive du réservoir Cambrien situé entre 3300 et 3500 m de profondeur. « Les caractéristiques de la roche réservoir varient selon leur classement, leur degré de quartzification et leur teneur en argile », a noté cette étude expérimentale de Sonatrach.

Il est à noter enfin que la fracturation hydraulique n’est pas méconnue en Algérie.  C’est une technique de stimulation relativement ancienne, introduite en Algérie en 1960 ! Cependant, ce n’est qu’au début des années 1990 qu’elle a été appliquée régulièrement dans le champ de Hassi Messaoud. Sonatrach avait engagé au niveau de ce dernier une campagne de fracturation hydraulique pilote étalée sur 3 ans, pour comptabiliser 405 puits fracturés au 20/08/2015.

L’analyse du déroulement des 25 campagnes de fracturations réalisées sur le champ entre le début des années 60 et le milieu des années 80 s’est soldé par des échecs cuisants pour Sonatrach. Pourquoi ? Les ingénieurs de Sonatrach ont fait preuve d’une méconnaissance de la contrainte géostatique mineure et la nature des équipements et des fluides mis à
disposition par Sonatrach à ses équipes a ralenti grandement ce travail.

En 2008, Sonatrach a repris l’utilisation de la fracturation hydraulique. Mais aujourd’hui en 2020, à Hassi Messaoud, nous comptons cinq (05) puits horizontaux fracturés par une nouvelle technique de la fracturation hydraulique. C’est dire que l’intérêt de Sonatrach pour cette principale technique d’exploration et exploitation du gaz et pétrole de schiste remonte à de nombreuses années.

Or, force est de constater que depuis la chute des réserves conventionnelles du pétrole et gaz en Algérie, la Sonatrach a renforcé son intérêt pour la fracturation hydraulique afin d’explorer et exploiter les immenses réserves du pétrole et gaz de schiste. D’ailleurs, les conclusions de l’étude expérimentale lancée au mois d’avril 2020 sont éloquentes. Et pour cause, elles soulignent tout simplement  « la nécessité et l’importance du recours à la technique de la fracturation hydraulique pour les puits verticaux à faible débit d’huile ».

« Ceci dans le but d’augmenter la productivité de ces derniers et remédier aux problèmes d’exploitation notamment les venues d’eau ou de gaz », indiquent encore les conclusions de cette étude d’après laquelle la réussite de la fracturation hydraulique est « conditionnée, d’une part par une bonne sélection du puits candidat à la fracturation hydraulique en analysant toutes les données géologiques et pétrophysiques de réservoir et d’autre
part l’historique de production ainsi que les opérations d’intervention réalisées sur le puits ».

Cette étude est-elle un signe avant-coureur du lancement officiel de l’exploitation du gaz de schiste en Algérie ? Fort probable car les autorités algériennes ont bel et bien compris que les ressources conventionnelles en gaz et pétrole ne suffisent plus pour financer les besoins du pays.

 

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