Et s’il était plus rentable pour l’Algérie d’importer directement l’huile de soja comme produit fini ?

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Cette question mérite un véritable débat. Et pour cause, sur les marchés mondiaux, les prix de l’huile de soja comme produit fini prêt à la consommation coûte beaucoup moins cher que l’huile de soja fabriquée localement en Algérie à la suite de la transformation des graines de Soja importés depuis l’étranger. Explications. 

En ce moment, sur les marchés mondiaux, le litre de l’huile de Soja coûte 0,30 euros, soit l’équivalent d’à peine 47,94 Da. En Algérie, le même litre de l’huile de Soja coûte 188 Da hors taxes et si son prix toutes taxes comprises (TTC) est fixé en ce moment à 223 Da le litre. Cela signifie que l’huile de soja fabriquée en Algérie coûte presque 5 fois plus cher que l’huile de soja vendue sur les marchés mondiaux. La différence est tout simplement hallucinante. Pourquoi ?

Parce que l’Algérie importe directement des graines de Soja pour ensuite les transformer localement, raffinage, et produire ensuite de l’huile de soja qui sera écoulée au final sur le marché national pour les besoins des consommateurs algériens. Or, ce processus est très coûteux parce que la tonne de Soja coûte en ce moment plus de 1370 Dollars US la tonne. Ensuite, il faut rajouter les coûts de la logistique, à savoir le transport maritime, et le coût de plusieurs taxes douanières même si l’Algérie pratique l’exemption de l’huile de soja des droits de douane et de la TVA.

Les graines de soja dont les prix mondiaux ne cessent d’augmenter coûtent cher à l’Algérie parce qu’ils faut qu’elles soient transformés tout au long d’un processus industriel afin d’extraire ensuite la fameuse huile de soja qui est prisée et désespérément recherchée par les consommateurs algériens. Le processus d’une huilerie de soja comporte généralement de cinq étapes : La manutention des matières oléagineuses, les opérations utilisant des convoyeurs horizontaux et des convoyeurs ascenseurs à vis, la préparation du soja pour l’extraction par solvant, l’extraction par solvant et la désolvantation de l’huile, la désolvantaion des flocons, et le raffinage de l’huile.

C’est ce processus industriel qui est mené par les fabricants locaux algériens comme le groupe CEVITAL, le groupe SIM, le groupe Savola (huile Afia) ou le groupe La Belle. Or, ce processus industriel a un coût et des charges financières à cause des coûts de production qui jouent, malheureusement, sur le prix final de l’huile de Soja qui coûte 5 fois plus cher en Algérie par rapport aux marchés internationaux.

En vérité, si l’Algérie importait directement de l’huile de soja fabriquée à l’étranger et prête à la consommation, elle serait nettement plus gagnante. Avec uniquement 48 Da le litre l’huile de soja importé depuis l’étranger, l’Algérie pourrait facilement commercialiser la fameuse huile de Soja, dans les pires des scénarios, à moins de 120 Da le litre, voire moins de 100 Da, alors qu’elle lui coûte en ce moment plus de 220 Da. Ce calcul simple et évident démontre que l’Etat algérien perd énormément d’argent en important et transformant les graines de soja. L’industrie de la transformation du Soja est loin d’être une très bonne affaire pour l’économie algérienne et notamment pour le pouvoir d’achat des Algériennes et Algériens.

Rappelons enfin que l’Algérie est le 2e consommateur africain d’huile de soja derrière l’Egypte et le 4e importateur mondial de la denrée. Il est donc temps de revoir le mécanisme de soutien des prix et de subventions publiques financé par l’argent public pour rendre le prix de l’huile de soja accessible puisqu’il suffit seulement d’importer tout court de l’huile de soja au lieu de la fabriquer localement.

 

 

8 COMMENTS

  1. Semmar ne croit pas si bien dire !
    C’est dans cette perspective qu’on encourage les chômeurs
    à el harga, puisque le maigre tissu industriel algérien est en
    quasi-faillite. On a entendu dire que les « décideurs » entre-guillemets
    envisagent de réduire la population algérienne aux quelques cinq à six millions
    d’individus utiles pour permettre le fonctionnement de la cour royale dictatoriale !
    Après quoi, le Koweit n’a qu’à bien se tenir pour le niveau du PIB/Habitant !

  2. Ce qui est rentable pour le pays, n’est pas forcément rentable pour la cosa.
    Ils continuent à s’en mettre pleins les coffres tout en affamant quarante millions d’âmes. ils devraient faire attention au retour du bâton, car bien souvent la répression et la famine conduisent les peuples à la révolte.

  3. c’est une aberration! importer de l’huile puis du sucre de la farine etc ..
    cet article est bidon ! pas constructif écrit par un hmar ignorant la solution toquard ce n’est pas d’importer des graines ! mais de planter du tournesol ou du soja! de faire des essais pour voir quelle est l’espèce la mieux résistante et adaptée
    les résultats sont rapides ! le temps d’une germination et d’une récolte
    ensuite encourage nos fellah à généraliser ce genre de culture qui ne demande pas une technicité élevée puisque cela se faisait au temps des romains !
    voilà des pistes de solutions que le dépt de l’agriculture devrait vulgariser et de se rendre sur le terrain et faire de la vulgarisation
    et laisser la bureaucratie aux grattes papiers

  4. Je ne vois pas en quoi les mouches à Khra du makhnez sont concernés par l’huile algérienne. Toujours prompts à venir salir ce qui ne les regarde pas.
    Zemmara la messe est dite ! Encourager l’importation et mettre en faillite nos entreprises déjà fragiles pour enrichir la mafia !
    Le premier truc à faire et te déchoir de ta nationalité algérienne ainsi l’affront d’avoir enfanter des rejetons ingrats et indignes sera lavé.