Enquête. Terres, eaux et littoral : les ressources vitales de l’Algérie en grand danger

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Dans les années à venir, l’Algérie à de nombreux défis qu’elle doit relever avec brio pour pouvoir garantir sa sécurité et stabilité nationale. En effet, dans les 5, voire 10 années à venir, l’Algérie ne devra pas se contenter seulement de gérer des crises économiques ou financières. Elle devra s’engager à protéger ses ressources vitales qui sont menacés par de nombreux périls. Enquête. 

L’Algérie est, certes, le plus grand pays du continent africain avec une superficie de 2 381 741 km2, dont 87% sont occupés par le Sahara. Mais le territoire est essentiellement aride ou semi-aride, la portion du territoire qui reçoit plus de 400 mm de pluie se limite à une bande de 150 km de large à partir du littoral (bande réduite à moins de 100 km en Oranie). On passe ensuite, au-delà de l’Atlas tellien, à un climat semi-aride (pluviométrie se situant entre 100 et 400 mm) qui concerne une bande de 300 à 350 km de large. Enfin, et sur plus de 1 000 km en poursuivant vers le Sud, c’est la zone aride où la pluviométrie tombe à moins de 100 mm d’eau par an. La nature géographique de son territoire expose l’Algérie de grands défis.

D’abord, ses terres agricoles qui sont en danger. Et pour cause, l’Algérie dispose de 8500 000 hectares de Surface Agricole Utile dont 2500 000 seulement se trouvent dans la zone tellienne avantagée sur le plan climatique. Le reste se trouve en zones arides
ou désertiques. Malgré l’existence de ressources hydrauliques fossiles importantes dans le Sahara (nappes fossiles profondes exploitables à hauteur de 4.9 milliards de m3/an) leur exploitation dans le domaine agricole reste très couteuse au stade technologique actuel.

En plus de leur caractère fragile et limité, les terres agricoles subissent une forte pression
démographique qui tend à les cannibaliser au profit de l’urbanisation. A cette pression s’ajoutent des facteurs d’érosion hydrique, éolienne, et de la salinisation des terres, notamment à l’ouest du pays.

Par ailleurs, les ressources en eau sont limitées malgré les efforts très importants consentis par les pouvoirs publics en matière de construction de barrages, et l’alimentation en eau potable des grandes villes ne peut se faire que grâce à l’appoint de stations de dessalement d’eau de mer.

En raison de son climat aride/semi-aride, Les apports de surface saisonniers ne permettent pas de couvrir les besoins en eau de la population, de l’industrie et de l’agriculture. L’Algérie dispose aussi de ressources fossiles importantes, partie intégrante de la plus grande ressource fossile en eau douce du monde, mais son exploitation est très couteuse et doit faire l’objet d’un principe de précaution.

Le pays est divisé en 5 régions hydrographiques regroupant les 17 bassins versants du pays. Les potentialités en eau de l’Algérie sont globalement estimées à 19,4 milliards de m3/an, dont :

– 12 milliards de m3 en eau superficielle et 2,4 milliards de m3 en eau souterraine pour les régions nord du pays et 5 milliards de m3 exploitables dans les régions sahariennes.

– 71 barrages d’une capacité de 7,1 milliards de m3. S’agissant des nappes du Nord du pays où 146 aquifères sont identifiés, le taux d’exploitationdes eaux souterraines atteint environ 90 %, soit près de 2 milliards de m3/an. Certaines nappes setrouvent en état de surexploitation important.

S’agissant des nappes du Sahara, les volumes actuellement exploités sont évalués à 1,8 milliardsde m3/an, ce qui représente 30 % des volumes théoriquement exploitables. Les principalesressources en eau du Sahara sont situées au niveau des deux grands systèmes aquifères profondsdu «Complexe Terminal » et du « Continental intercalaire », dont les potentialités globalesexploitables sont évaluées à 5 milliards de m3/an.

En 2015, le Centre National des Technologies de Production plus Propre « C.N.T.P.P » basé à Alger et placé sous la tutelle du Ministère des ressources en eau et de l’environnement, a établi un rapport approfondi dans lequel il explique clairement les dangers qui pèsent sur l’environnement naturel de l’Algérie et ses principaux atouts géographiques.

Commençons par la dégradation du littoral. La pression démographique sur le littoral est extrêmement importante et près de 70% de la population vit sur une bande littorale de 5% du territoire. Ce phénomène a des conséquences environnementales très importantes dont il ya lieu de citer :   La pollution marine, en raison des rejets de déchets d’activité humaines (industriels, ménagers, déversement des réseaux d’assainissement) et l’érosion côtière due a l’agression des dunes et plages sablonneuses, à la fois o Par l’urbanisation et le bétonnage des côtes.

Le même rapport cite également la surexploitation halieutique des espèces côtières, en raison de la prolifération des petits métiers de pêche au détriment des flottes professionnelles de pêche hauturière, quasiment absentes en Algérie. La même source souligne l’urbanisation anarchique, le développement d’activités industrielles (les installations classées ICPE nécessitent des études d’impact sur l’environnement) sans plans de réduction des impacts environnementaux, la non-réhabilitation des habitats naturels, ainsi que la déforestation et la destruction d’habitats par les projets d’infrastructure. Il s’agit des principales causes humaines d’atteintes à la biodiversité. A ces causes s’ajoutent le réchauffement climatique et la progression du désert comme facteurs supplémentaires.

Les forêts algériennes sont également en grand danger. Les surpâturages, les coupes de bois et les incendies représentent des dangers majeurs pour l’avenir des forêts de notre pays.  L’urbanisation anarchique est l’autre préoccupation majeure que doit gérer l’Etat algérien.  L’urbanisation accélérée, la croissance démographique, la densité de population et les changements de modes de consommation ont engendré une dégradation constante du cadre de vie (pollutions des ressources en eaux, pollutions de l’air, déchets solides, etc.), exposant l’environnement à des risques de pollution permanente tout en portant atteinte à la salubrité et la santé publique.

Les aléas climatiques sont aussi un énorme danger qui va peser sur l’avenir de la population algérienne. L’Algérie est particulièrement affectée par la désertification et la dégradation des sols. Le pays est majoritairement aride et semi-aride. Les zones du territoire qui reçoivent plus de 400 mm de pluie par an se limitent à une bande d’un maximum de 150 km de profondeur à partir du littoral. De plus, en raison des changements climatiques, la pluviométrie a baissé de plus de 30% au cours de ces dernières décennies.

Par leur disposition parallèle au littoral, les chaines de relief accentuent la rapidité de l’assèchement du climat en allant vers le Sud. Les effets anthropiques ont aggravé les effets induits par les caractéristiques du relief. 85% de la population algérienne est concentrée dans la partie nord du pays, aggravant ainsi sa vulnérabilité aux aléas des changements climatiques. De plus, les caractéristiques du sol pénalisent lourdement l’Algérie en matière de séquestration de carbone par rapport aux pays disposant d’un large couvert végétal.

Notre pays se trouve de plus en plus confronté à la recrudescence d’évènements climatiques extrêmes qui accentuent sa vulnérabilité. En outre, la récurrence des cycles de sécheresse, devenus de plus en plus longs, a accentué la désertification. En effet, plus de 50 millions d’hectares connaissent actuellement un niveau de dégradation très avancé, des populations rurales constituées principalement d’agriculteurs et d’éleveurs pour assurer leur survie sont contraintes à l’exode vers les grandes agglomérations.

Cette situation est le résultat direct de l’appauvrissement des sols et de la diminution des ressources hydriques. D’importants programmes ont été lancés par les pouvoirs publics à partir des années 1970 qui se sont traduits par la réalisation d’un grand barrage vert sur une longueur de 1200 km et une profondeur d’une moyenne de 20km. Cette réalisation constitue aujourd’hui l’une des grandes fiertés de notre pays et qui représente un véritable puits de carbone. De même, de grands projets ont été initiés tels que le programme de plantation pastorale couvrant des milliers d’hectares.

Concernant les inondations, le pays est constamment confronté à ce phénomène. De nombreuses régions ont connu des épisodes tragiques qui ont engendré d’importantes pertes en vies humaines et des dégâts matériels considérables. On peut citer à titre d’exemple le cas des inondations qui ont frappé la ville d’Alger en 2001, causant la mort de 715 personnes, en plus de 115 disparus et de milliers de sinistrés. Ces inondations, compte tenu de leur caractère récurrent, continuent à peser lourdement sur le trésor public.

L’Algérie, est donc en droit de bénéficier de la solidarité internationale climatique découlant de l’Accord de Paris sur le climat de 2015, du fait qu’elle est particulièrement vulnérable aux effets de l’accumulation des gaz à effet de serre dont elle n’est nullement responsable ni historiquement, ni présentement, ni dans le futur en raison de la prépondérance du gaz naturel dans son mix énergétique, énergie propre contrairement au charbon. Dans ce contexte les ressources prouvées et estimées de l’Algérie en matière de gaz naturel devraient pouvoir aider ses partenaires à promouvoir l’utilisation de cette source propre d’énergie.

Elle doit aussi faire face aux défis liés à la sécurité alimentaire, à la résilience de ses écosystèmes et de son agriculture vis à vis des changements globaux, aux risques majeurs et à la raréfaction des ressources naturelles. Comme elle doit, aussi, faire face à la satisfaction des besoins sans cesse croissants d’une population en constante augmentation en matière d’emploi, d’éducation, de santé et d’habitat, et cela dans un contexte économique et financier aggravé par la baisse sensible des prix des hydrocarbures. »

Les défis sont donc énormes et nécessitent un Etat fort, structuré et stable. Ils nécessitent une économie prospère et des revenus conséquents. Or, l’Algérie de 2021 se débat toujours dans une profonde crise politique et financière aux conséquences sociales désastreuses. Si le pays ne revient pas dans le droit de chemin, il sera débordé rapidement par  de nombreux problèmes qui l’accableront de partout.

4 COMMENTS

  1. bonsoir quand est ce que vous direz du bien de l’avenir de l’Algerie? 1,7 millions d’étudiants,tous les enfants scolarisés 99% des foyers electrifiés et 65% des foyers raccordés au gaz naturel y compris dans les villages des montagnes des Aurès,de Kaylie et de l’Ouarsenis 103 barrages opérationnels et non 70, 70 000 milliards de réserves d’eau dans l’albien,le plus grand potentiel de production d’électricité photovoltaique au monde de quoi fournir trois fois les besoins de toute l’UE en électricité selon une étude financée par l’Etat Allemend,20 millions d’HA de terres agricoles à mettre en valeur,etc.. et j’arrête là

  2. A redalger, malheureusement le nombre de barrages et de villages électrifiés ne suffisent pas à un pays de se développer, il faut aussi des dirigeants politiques dignes de ce nom , et ça malheureusement tu ne cite aucun nombre, pourquoi ?

  3. Redalger
    Tu fais bien d’arrêter là, comme tu dit, parce que rien de ce que tu mentionnes ne fonctionne ou n’est terminé…
    (Et on n’en rajoutera pas sur le coup en terme de sur facturation et de rétro commissions que cela implique pour nos valeureux harkas).