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Enquête. La santé en Algérie : autopsie d’un système encore archaïque

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Hier dimanche 2 mai, le secteur de la Santé a été au coeur des discussions et travaux du Conseil des Ministres présidé par le Président Abdelmadjid Tebboune. A cette occasion, Tebboune a beaucoup insisté sur l’accélération de la réforme hospitalière. Le Président algérien a demandé à son gouvernement la définition d’un calendrier clair pour la mise en œuvre du projet de Réforme hospitalière, la révision impérative de l’organisation des Urgences et autres services hospitaliers pour améliorer la relation du citoyen avec l’Hôpital ainsi que la mise en place d’une approche prenant en compte l’efficacité du Service civil en vue de l’encouragement des compétences nationales et de la protection de la Santé publique. 

Mais pourquoi il faut réformer en urgence le système de santé algérien et que faut-il changer à ce système pour le rendre réellement efficace ? Pour répondre à cette question, la Rédaction d’Algérie Part a mené l’enquête.

Il faut, d’abord, comprendre les caractéristiques et spécificités du système sanitaire algérien. Les indicateurs de la couverture sanitaire en Algérie sont les suivants :

– 1,76 lits pour 1000 habitants
• 1 polyclinique pour 23.917 habitants
• 1 salle de soins pour 6.886 habitants
• 1 médecin général pour 1.118 habitants
• 1 médecin spécialiste pour 1413 habitants
• 1 chirurgien dentiste pour2972 habitants
• 1 pharmacien pour 3467 habitants
• 1 paramédical pour 325 habitants
• 1 sage femme pour 1203 habitants

Ces indicateurs témoignent d’un important accusé par l’Algérie en matière de couverture sanitaire, à savoir les dispositifs adoptés pour répondre aux besoins des patients algériens. Les médecins sont définis comme des médecins qui étudient, diagnostiquent, traitent et préviennent la maladie, la maladie, les blessures et autres déficiences physiques et mentales chez les humains par l’application de la médecine moderne. Ils planifient, supervisent et évaluent les plans de soins et de traitement d’autres fournisseurs de soins de santé. L’Organisation mondiale de la santé (ONS) estime que moins de 2,3 agents de santé (médecins, infirmières et sages-femmes seulement) par 1 000 seraient insuffisants pour couvrir les besoins en soins de santé primaires.

Or, l’Algérie ne dispose que d’un médecin général pour 1118 habitants. Ce qui est anormal pour un pays qui disposait pendant de longues années d’importants moyens financiers comme l’Algérie. C’est une moyenne très faible, pour ne pas dire insignifiante. Des pays beaucoup plus modestes et beaucoup moins riches que l’Algérie ont une densité médicale beaucoup plus importante.

A titre d’exemple, Cuba dispose de 8 médecins généralistes et spécialistes pour 1000 habitants. Le Kazakhstan dispose de 4 médecins pour 1000 habitants et la Jordanie compte au moins 2 médecins pour 1000 habitants. Concernant la moyenne mondiale des lits d’hôpital pour 1 000 personnes, la norme est d’au moins 2 lits pour 1000 habitants. L’Algérie flirte à peine avec cette norme mondiale même si la plupart des spécialistes de la santé publique s’accordent à dire que le niveau de services hospitaliers requis pour chaque pays dépend de plusieurs facteurs  tels que les problèmes démographiques et le fardeau de la maladie. Ainsi, alors que 2 lits pour 1 000 dans un pays peuvent être suffisants, 2 lits pour 1 000 dans un autre peuvent être terriblement insuffisants en raison du nombre de personnes hospitalisées pour cause de maladie. Avec une forte croissance démographique, plus d’un million de bébés par an, l’Algérie fait partie des pays qui ont besoin d’augmenter régulièrement leur capacité d’accueil dans les hôpitaux.

Il faut savoir que les lits d’hôpitaux comprennent les lits d’hospitalisation disponibles dans les hôpitaux publics, privés, généraux et spécialisés et les centres de réadaptation. Dans la plupart des cas, les lits pour les soins aigus et chroniques sont inclus.

Il faut savoir que dans les pays développés comme la Corée du Sud, la Belgique, l’Allemagne ou la France, la capacité d’accueil varie de 6 jusqu’à 14 lits d’hôpital pour 1000 habitants. C’est tout le retard qu’accuse encore l’Algérie concernant les capacités d’hospitalisation de sa population.

Ainsi, rien qu’en prenant deux indicateurs de couverture sanitaire, on se rend compte que l’Algérie est encore un pays largement sous-développé sur le plan sanitaire. Il faut savoir que l’Algérie compte 15 centres hospitaliers universitaires (CHU) qui datent presque tous de l’époque… coloniale à l’image de l’hôpital Mustapha Bacha, le plus grand hôpital publique en Algérie, date de…1854 !  L’Algérie compte officiellement 573 établissements publics de soins. Un nombre considéré comme insuffisant dans un pays doté d’une population qui s’apprête à dépasser les 45 millions d’habitants.

Le recours aux établissements privés est devenu depuis quelques années une obligation pour la population algérienne.  Les infrastructures privées de soins occupent effectivement maintenant une place importante dans le secteur de la santé. Ces infrastructures se répartissent comme suit :

• 28 cliniques médicales
• 249 cliniques médico-chirurgicales
• 36 cliniques de diagnostic
• 151 centres d‘hémodialyse avec 1 780 reins disponibles
• 709 cabinets de groupe
• 9 042 cabinets de spécialistes
• 7 298 cabinets de généralistes
• 6 514 cabinets de chirurgie dentaire
• 10 260 officines pharmaceutiques

Concernant les cabinets privés de médecins, l’Algérie compte officiellement 9 042 cabinets tenus par des médecins spécialistes et 7 298 cabinets de médecins généralistes sans oublier les cabinets de chirurgiens-dentistes estimés à 6 514. La répartition géographique de ces cabinets privés cause un énorme problème car de nombreuses régions, voire des wilayas entières notamment celles de l’intérieur du pays et du sud manquent cruellement de médecins spécialistes, voire de médecins tout court créant ainsi de vastes déserts médicaux sur le territoire algérien. Une problématique délicate dont les autorités algériennes ont parfaitement conscience.

L’Algérie devra ainsi corriger ces insuffisances en toute urgence car sa forte croissance démographique lui impose un important rythme de réformes. Malheureusement, il faut reconnaître que l’actuelle crise politique qui dure depuis 2019 et son impact négatif sur les équilibres économiques et financiers ont fortement ralenti les programmes de réformes sanitaires. Le secteur de la santé est stratégique en Algérie et représente le 4ème budget public en raison de besoins sanitaires importants. Une refondation globale du système de santé a été lancée depuis 2016/2017 et devait tracer la nouvelle politique sanitaire.

Mais à cause de l’instabilité chronique du pays depuis 2019 et l’impact de la crise sanitaire de la pandémie de la COVID-19, le volume de réalisations de structures sanitaires a été largement compris alors que l’Algérie devait réceptionner à fin 2020 près de 40 hôpitaux de moyenne capacité (60 à 240 lits), dont certains spécialisés (brûlés, psychiatrique, anticancer, mère-enfant …). Il était prévu aussi un volume similaire de réalisation pour 2021. Des objectifs qui ont été abandonnés dans le sillage des crises qui paralysent actuellement le pays. Aujourd’hui, en pleine crise financière et de légitimité politique, l’Algérie peine à relancer la réforme de son système de santé.

 

 

3 COMMENTS

  1. Dans la majorité des pays du monde, le sytème de santé comme l’éducation sont payant pas en algérie
    Le sytème de santé algérien est classé 4e en Afrique par l’OMS devant le Nigéria, l’Egypte et le Maroc
    On est devancé par des pays qui ont des sytème santé privé haut de gamme ( payant) comme en Afrique du Sud et au Kenya

  2. Normalement les medecins et infirmiers et infirmieres et tous le staff qui travaille dans la sante’, ne recoivent pas un « president » qui ne soigne pas en Algerie. Il ne leurs fait pas confiance eux aussi ne doivent pas lui faire confiance. En plus ils/elles se soignent sur le dos du contribuable. C’est des parasites.

  3. Zoukakhra75 qui ose nous vendre un système de santé que ses maîtres ont bien du mal à valider.
    Il était où ton harki qui te sert de président pendant plus de trois mois?
    Galek 4 ème en Afrique.
    Va faire juste un tour dans nos hôpitaux, en plus de mourir à coup sûr tu attrapes la chiasse en préalable.
    L’hmar ben hmar .

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