Enquête. Il va faire de plus en plus chaud en Algérie d’ici 2050 et il va pleuvoir de moins en mois

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L’Algérie est un pays très vulnérable sur le plan climatique car il est exposé fortement aux dégâts du changement climatique.  L’Algérie couvre la plus grande zone géographique de tous les pays africains, dont environ les quatre cinquièmes sont couverts par le désert du Sahara. C’est le pays africain le plus vaste. La population, fortement urbanisée, occupe les zones côtières et les régions semi-arides au nord du Sahara où les températures croissantes renforcées par des précipitations annuelles normales voire décroissantes pourraient constituer un risque pour cette économie fortement dépendante du gaz et du pétrole et dans laquelle l’industrie de l’agriculture emploie environ un cinquième de la population, prévient un rapport approfondi de la Banque Africaine de Développement (BAD) qui étudie les conséquences du changement climatique sur chacun des 54 pays africains. 

Ce rapport s’appuie essentiellement sur les études et prévisions scientifiques établies par le projet d’inter-comparaison des modèles couplés (CMIP pour Coupled model intercomparison project en anglais). Il s’agit d’un projet du programme mondial de recherche sur le climat (WCRP). Ce projet vise à réaliser des simulations climatiques de façons coordonnées entre les différents groupes de recherche, permettant une meilleure estimation et compréhension des différences entre les modèles climatiques. Il permet, en outre, d’estimer l’incertitude due à l’imperfection des modèles dans l’estimation du changement climatique lié à l’homme. La cinquième phase de ce projet (la plus récente achevée) a associé près de 20 centres climatiques du monde entier, et près de 50 modèles climatiques1. Les résultats des recherches basées sur ces simulations sont pris en compte dans l’évaluation de l’état des connaissances sur le climat par le groupe intergouvernemental d’expert sur le climat (GIEC).

Les recherches du projet CMIP permettent d’établir les tendances projetées (futures) du changement climatique, y compris la température, les précipitations et la saisonnalité. Et en ce qui concerne l’Algérie, les prévisions ne sont guère joyeuses. Et pour cause, plusieurs paramètres font de l’Algérie un pays très vulnérable face au changement climatique comme la proportion relativement importante de la population qui occupe les zones côtières, où les zones basses d’habitations ainsi que les développements et activités qui y sont associés sont vulnérables à la montée du niveau de la mer et autres détériorations qui y sont liées.

Ainsi, en termes de précipitations, les projections dans l’ensemble des régions algériennes montrent une tendance éventuelle à la baisse, émergeant aux alentours de 2050 dans les trois régions septentrionales. Les amplitudes relatives de précipitations décroissantes potentielles représentent entre 40% et 50% de la normale de base. La région de l’Intérieur Aride connaît de très faibles précipitations et aucun changement évident n’est projeté dans le futur. En clair, les prévisions scientifiques prévoient des baisses des quantités des pluies de 40 jusqu’à 50 % d’ici 2050. Ces changements radicaux de dynamiques de fortes précipitations indiquent que l’accès à l’eau représentera un énorme défi à l’avenir en Algérie.

Les mêmes modèles climatiques du CMIP prévoient également des changements de température importants projetés entre aujourd’hui et 2100. D’après les plus recherches scientifiques les plus récentes du CMIP, la température de l’air devrait augmenter d’environ 2 ° C à 3 ° C dans les régions algériennes d’ici les années 2050. D’ici 2100, la fourchette de températures projetée est plus importante dans les régions côtières avec des augmentations projetées entre 4 ° C et 6 ° C sur l’ensemble du territoire algérien.

A titre d’exemple, les côtes méditerranéennes de l’Algérie devraient connaître des  températures Croissantes +2°C à +3°C d’ici les années 2050.  Ces fortes perturbations climatiques vont produire de graves conséquences socio-économiques. En effet, les vulnérabilités climatiques qui menacent l’Algérie ont été présentées et visualisées par des rapports de la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques (CCNUCC).

La CCNUCC est entrée en vigueur le 21 mars 1994. Aujourd’hui, l’adhésion à la Convention est quasi universelle. Les 197 pays qui l’ont ratifiée sont appelés Parties à la Convention. La CCNUCC est une « Convention de Rio », l’une des trois adoptées lors du « Sommet de la Terre de Rio » en 1992. Ses conventions soeurs sont la Convention sur la diversité biologique (CDB) et la Convention sur la lutte contre la désertification (CLD). Les trois sont intrinsèquement liés. C’est dans ce contexte que le Groupe Mixte de Liaison a été mis en place pour renforcer la coordination entre les trois Conventions de Rio, dans le but ultime de développer des synergies dans leurs activités sur les questions d’intérêt mutuel. Désormais, il intègre aussi la Convention de Ramsar sur les zones humides.

Les rapports de CCNUCC nous apprennent ainsi que les futurs changements climatiques vont avoir beaucoup d’impacts sur de nombreuses secteurs en Algérie. Concernant l’agriculture, l’Algérie va souffrir de la baisse des ressources en eau, de la réduction des rendements agricoles et de l’augmentation des besoins croissants d’irrigation, de l’augmentation de l’érosion des sols et perte de terres agricoles, de la désertification affectant les moyens de subsistance et infrastructures et de la salinisation des eaux souterraines côtières.

Concernant justement les ressources en eau, l’Algérie devra faire face à partir de 2050 à une demande croissante de ressources en eau, entraînant une augmentation de l’extraction des eaux souterraines et une surexploitation des aquifères. Elle devra gérer également une demande croissante d’eau d’irrigation, en particulier dans le nord où se situe la production agricole. La Salinisation croissante des eaux souterraines côtières sera particulièrement préoccupante le long de la côte nord de l’Algérie où se trouve la plus grande partie de la population, de la production agricole et de l’industrie.

Enfin, ces changements climatiques brutaux auront des conséquences dangereuses pour la santé humaine en Algérie. Les Algériennes et Algériens devront affronter d’ici 2050 une transmission croissante des maladies infectieuses, une prévalence accrue des maladies diarrhéiques, une douleur chronique accrue chez les personnes souffrant de maladies cardiovasculaires ou respiratoires. Ces risques ont été scientifiquement prouvés et démontrés par des recherches sérieuses. L’Algérie ne devrait vraiment pas prendre à la légère les dangers des changements climatiques futurs. Elle devra se préparer d’ores et déjà pour trouver les solutions idoines à ces problèmes.

 

5 COMMENTS

  1. merci a Algérie part qui ne cesse de nous fournir des informations alarmantes sur tous les maux et les malheurs qui n affectent que la seule Algérie tant dénigrée hélas par ses enfants. qui lui vouent une haine tenace à moins que c est téléguidé à dessein

  2. Il y a deja une augmentation de plus 2 degree de plus que les annees 60. Le changement climatique est mondiale, c’est un fait et un de ses consequences les plus dramatique c’et la disparition des maga-pole, d’apres les calculs, les mega-pole et toutes les villes cotieres du monde, de New York a Sidney, name it.
    L’Algerie a un probleme de precipitation, d’augmentation d’utilisation de l’eau et d’urbanisation sur les sols qui permettent de remplire les nappes phreatiques tel celle de la mitidja, par exemple.

    Le Mexique connait tres bien le probleme de la secheresse et le tarissement de la nappe phreatique avec les Aztheques qui ont ete’ obliges de quiter leurs ville et partir plus loin (40 kms) pour construire une autre ville qui est maintenant appele’ Mexico. Mexico city vit actuellement le meme probleme de rarete’ de l’eau que Theotihucan, due a l’augmentation de la population, industrie, agriculture, urbanisation et pas de filtrations vers la nappe phreatique des pluies meme en temps de Mousson, que celui vecu par les des que la premiere cite’ abondonne’ Theotihucan.
    Mexico est ravitaller avec de l’eau a partir d’un systeme de stations de pompage et pipes long de 800 kms et les problemes ne s’arretent pas car la ville s’enfonce dans le sol, faisant craindre l’effondrement des immeubles en plus des activites sismique!

    Alger n’a pas la topographie de mexico, a part la mitidja ou l’axe Bordj Menaiel-Boufarique-Afroun. C’est un probleme complexe mais interessant!

  3. Même le réchauffement climatique est de la faute de l’Algérie ? On aura tout vu avec vous! Tout le monde se rend compte que vous êtes en panne puisque vous ne faites que gigoter pour faire plaisir à vos maîtres,qui, une fois n’est pas coutume ne sont plus esclaves!!