En un mois, deux enfants morts lors d’une tentative de Harga : les raisons de l’impuissance de l’Algérie face au désespoir des Harragas

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Quatre corps de migrants algériens ont été repêchés et cinq autres ont pu être sauvés suite au naufrage d’une petite embarcation au large de Mostaganemn à l’ouest du pays, a annoncé jeudi l’agence de presse officielle algérienne. Selon cette source, les garde-côtes poursuivent leurs recherches pour retrouver d’éventuelles autres victimes. Mais un autre drame est survenu ensuite au large des côtes d’Ain Témouchent : les services de la Protection civile ont repêché  les corps sans vie d’une femme de trente ans et d’un enfant de 9 ans, alors que les éléments des garde-côtes ont réussi à secourir, vers 4 heures 30, 19 autres parmi les candidats à l’émigration clandestine suite au renversement de leur embarcation. 

Un enfant mort lors d’une tentative désespérée de traversée de la Méditerranée. C’est un drame qui a secoué toute l’oranie. Et c’est le deuxième enfant qui meurt noyé après avoir tenté de fuir le pays avec sa maman en moins d’un mois.

Le 10 août dernier, c’était le petit Kenzi G., âgé d’à peine 3 ans, qui était mort noyé, suite au renversement d’une embarcation de fortune à bord de laquelle se trouvait une trentaine de harraga, navigant à destination des côtes italiennes.

38 personnes ont pris la mer, avait à l’aube, pour tenter de rejoindre la rive Nord de la méditerranée, à bord de deux barques de la mort. A bord de l’une des deux embarcations se trouvaient mère, âgée de 27, accompagnée de son fils de 3 ans. Arrivés en haute mer, les aspirants harraga ont été confrontés à une importante houle qui a renversé les deux barques. Sur les 38 passagers de fortune, seul le petit Kenzi a trouvé la mort. L’ensemble des harraga aurait connu le même sort, s’ils n’avaient pas été secourus par l’équipage du navire TIMGAD, battant pavillon algérien. L’équipage du TIMGAD a réussi, vers 15h00 à secourir 37 personnes, dont 4 femmes.

A Ain Témouchent, on ne connait pas encore les circonstances exactes de la mort tragique de cette âge maman âgée de 30 ans et de son fils âgé de 9 ans, mais les premiers éléments indiquent que les maman infortunée et son petit enfant était dans embarcation, avec à son bord 22 autres candidats à l’émigration clandestine, qui avait chaviré en mer non loin des îles Habibas. Les deux corps sans vie ont été transférés à la morgue de l’hôpital Ahmed-Medeghri d’Aïn Témouchent et les unités de la Protection civile poursuivent les recherches après une troisième personne portée disparue.

Ces drames témoignent de l’ampleur totalement tragique que prend le fléau des Harragas. Des enfants en bas âge meurent noyés dans cette Méditerranée devenue le cimetière des espoirs et le tombeau de dizaines de harragas. Un fléau qui est aggravée par la réaction totalement inadéquate des autorités algériennes.

Ces dernières, au lieu se lancer dans les réformes politiques et économiques pour améliorer les conditions de vie des jeunes algériens afin de leur redonne de l’espoir, continuent de répondre à la détresse par de… prison ferme ! Les services de la gendarmerie nationale viennent d’annoncer sur un ton fier l’arrestation  de 21 Harragas, âgées entre 17 et 35 ans, originaires de plusieurs wilayas du pays, qui avaient tenté de fuir le pays depuis les côtes de Mostaganem.

La gendarmerie algérienne a parlé d’enquête ! Une enquête sur quoi au juste ? Les raisons de leur désespoir ? Leur détresse socio-économique dans un pays si riche de potentialités, mais incapable de leur fournir la moindre lueur d’espoir d’une vie meilleure ? Non, une enquête sur leur tentative de quitter illégalement le pays. « Une fois l’enquête terminée, les personnes arrêtées seront remises aux instances judiciaires compétentes territorialement pour le chef d’inculpation de «tentative de quitter le territoire national illégalement» », a promis la gendarmerie nationale. Les jeunes Harragas risquent ainsi entre 2 mois jusqu’à  6 mois de prison ferme. De quoi renforcer encore leur rage et leur désespoir. De quoi renforcer leur détermination tout court de quitter cette Algérie qui rajoute à la détresse, la prison ferme !

Une réponse totalement inappropriée qui a démontré l’inefficacité de ce traitement pénal et judiciaire du phénomène de la Harga.

Il faut savoir qu’en Algérie, la loi no 09-01 du 25 février 2009 modifiant et complétant l’ordonnance no 66-156 du 8 juin portant code pénal est publiée dans le Journal officiel de la République algérienne le 8 mars 20096. L’article 175 bis prévoit une peine de deux à six mois de prison ainsi qu’une amende de 20 000 à 60 000 dinars d’amende pour les Algériens et les étrangers résidents qui tenteraient de quitter le territoire sans passeport
ou visa.

La loi no 09-01 prévoit également des sanctions sévères à l’encontre des « passeurs » et de toute personne qui vient en aide à ceux qui aspirent à quitter le territoire de façon « irrégulière ». Ils sont désormais passibles d’une peine d’emprisonnement de trois à cinq ans et d’une amende de 300 000 à 500 000 dinars. Force est également de constater que le ministère de la Justice algérien ne communique pas de données concernant le nombre de harragas jugés annuellement en Algérie et les peines auxquelles ils sont condamnés au titre de cet article.

Selon plusieurs sources judiciaires approchées par Algérie Part, dans la plupart des cas, les harraga sont condamnés à une peine de prison avec sursis et à 60 000 dinars d’amende.  Les peines de prison ferme semblent prononcées uniquement en cas de récidive ou lorsqu’il y a des morts lors de la tentative d’émigration.

Quoi qu’il en soit, ce traitement judiciaire n’a produit aucun effet sur le fléau de la Harga. Tous les entretiens menés auprès des harraga permettent de conclure que cette
loi n’a pas d’effet dissuasif. En effet, tous les Harragas sont au fait de son existence, mais ils ont déclaré qu’ils ne l’avaient pas prise en considération au moment de décider de « brûler ».

Les harraga risquent leur vie pour quitter le pays, il n’est donc pas étonnant que la peine de prison ne soit pas dissuasive. La plupart ne se sont même pas embarrassés de s’acquitter de l’amende et n’ont pas été inquiétés. Ainsi, la pénalisation de la harga n’introduit pas un changement fondamental dans les pratiques en vigueur en Algérie puisque les harraga étaient d’ores et déjà jugés et condamnés, sans fondement
juridique.

Malheureusement, cette pénalisation de la question de la Harga aggrave le fléau dans notre pays et contraint les jeunes Harragas à renouveler leur tentative de quitter illégalement le territoire algérien. Et pour cause, les harraga qui ont vécu une expérience difficile et qui doivent admettre l’échec de leur tentative d’émigration sont arrêtés, humiliés, jugés et traités tels des enfants turbulents. Ils considèrent ces procès comme une illustration de l’injustice qui règne en Algérie. Aussi, au lieu de les dissuader de partir, la pénalisation
de la harga les conforte dans l’idée qu’il faut quitter l’Algérie. Cette bêtise du régime algérien démontre enfin qu’il ne veut guère trouver de véritables solutions au mal qui ronge la société algérienne. Il se contente de jouer son éternel rôle : répression et hogra…

1 COMMENT

  1. Tu dois ouvrir une école de formation de Harga, pour enseigner aux titulaires Algériens à la harga comment sortir du pays tout en étant sous le coup d’une ISTN.
    Toi, le maître de la Harga, tu peux enseigner sur ton site torchon les techniques de Haraga sans se faire repéré par les gardes frontières et la PAF.