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En 2020, face à la crise, l’Etat algérien a sacrifié l’Education, la production nationale et l’Agriculture

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En 2020, face à la crise financière qui s’est aggravée en Algérie à cause des effets désastreux de la pandémie de la COVID-19, l’Etat algérien à sacrifié les investissements dans des secteurs clés comme l’Education, la Production Nationale ou l’Agriculture ainsi que l’Hydraulique. En revanche, il n’a fait aucun effort de rigueur en matière de dépenses militaires et sécuritaires puisqu’aucune baisse des investissements n’a été imposée dans ce domaine par les autorités algériennes. 

C’est du moins ce que nous apprend le Rapport de présentation de l’Avant-Projet de la Loi de Finances Complémentaire pour 2021 dont Algérie Part a obtenu une copie au cours de ses investigations. Ce document rédigé par le ministère des Finances explique clairement qu’en 2020, les dépenses d’équipement de l’Etat ont baissé effectivement de 26,5%, passant de 2069,1 Mrds DA à fin septembre 2019 à 1521,03 Mrds DA à la même période de 2020.

Mais cette baisse a été rendue possible par la réduction des crédits alloués à des secteurs stratégiques dont l’Algérie avait justement cruellement besoin pour assurer son autonomie et faire face aux conséquences financières de la pandémie de la COVID-19.

Ainsi, les autorités algériennes ont décidé en 2020 de baisser drastiquement les crédits alloués à des investissements dans le secteur de  l’Habitat (-76,2 Mrds DA, soit -25,5%), l’Agriculture-Hydraulique (-44,5 Mrds DA, soit -37,3%),  l’Education- Formation (-31,6Mrds DA ; soit -41,9%) ou les services Productifs (-13,9 Mrds DA, soit -51,7%), à savoir l’industrie manufacturière et la production nationale industrielle.

Cela signifie que l’Etat algérien, face à la crise, a décidé de se priver d’investissements dont le but était justement de renforcer l’indépendance économique du pays et améliorer l’outil de production nationale. Cette baisse drastique des investissements a produit un effet désastreux sur l’économie nationale car elle est demeurée encore plus dangereusement dépendante des importations depuis l’étranger faute de perspectives concrètes pour lancer des projets industriels locaux. La baisse des crédits alloués à l’Agriculture et l’Hydraulique soulève également des interrogations car le pays est confronté à une énorme crise de stress hydrique, pénurie d’eau potable, et l’annulation de plusieurs projets a fini par aggraver cette crise. Dans le secteur de l’éducation, la réduction de plus de 41 % des crédits alloués à de nouveaux investissements est également une décision troublante car avec la croissance démographique importante du pays, l’Algérie a toujours besoin de nouveaux équipements et infrastructures scolaires pour recevoir de nouveaux écoliers.

Grâce, ou à cause, de la très importante croissance démographique de l’Algérie, chaque année une moyenne de plus de 3 % de nouveaux écoliers doivent être admis dans les écoles primaires. Cela signifie concrètement que chaque année l’Algérie doit prendre en charge 140 mille nouveaux élèves dans les écoles primaires publiques. L’éducation est l’avenir d’une nation face aux incertitudes de l’avenir et des citoyens bien éduqués sont un atout majeur pour réussir le développement d’un pays. Décidément, le régime algérien préfère sacrifier ces secteurs stratégiques pour maintenir les dépenses élevées de l’armée, l’équivalent de 10 milliards de dollars, et divers services de sécurité comme la DGSN, la police algérienne et ses diverses structures, qui ont consommé l’équivalent de plus de 1,78 milliard d’euros en 2021.

Soulignons enfin que les opérations budgétaires de l’Etat sont réparties en deux sections :

1 – le fonctionnement regroupe toutes les opérations qui concernent l’exploitation et la gestion courante des services des institutions de l’Etat comme les divers ministères. Les dépenses de fonctionnement sont : les dépenses de personnel,  les achats de fournitures et de services, etc.

2- l’investissement ou l’équipement regroupe toutes les actions qui accroissent ou diminuent la valeur du patrimoine économique. Les dépenses d’investissement sont : les dépenses directes d’investissement (acquisitions mobilières et immobilières, travaux,…) ou  les subventions d’équipements versées, etc.

 

3 COMMENTS

  1. La vie est une question de priorités.
    Et puis c’est quoi, l’éducation, l’agriculture, l’emploi et la santé dans un pays aussi moderne que le nôtre que tous le monde envie.
    Vive le généralFLN !!!!
    ( ça va, j’ai bon les cachiristes ?)

  2. avec LE COVID 19, le gouvernement ne freine pas ni pour les depenses militaires ni les depenses des elections..

    BALOU ,merci pauvre algerie, pauvre de nous

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