Elles ont dépassé l’équivalent de 680 millions de dollars : le poids lourd des dettes des hôpitaux algériens sur le secteur de la santé

1
971
Algerian doctor Ahmed Bougroura (R), head of nephrology department at Batna's university hospital, 435 kms east of Algiers, talks to a transplanted patient on July 26, 2017. In Algeria and across the entire Maghreb in North Africa, many people continue to suffer or die because of the lack of donors. Part of the problem lies with laws restricting the harvesting of human organs, coupled with cultural or religious reticence, despite Muslim theologians' approval of organ donations. / AFP PHOTO / RYAD KRAMDI (Photo credit should read RYAD KRAMDI/AFP/Getty Images)

C’est un sujet entièrement tabou dont personne ne veut en parler en Algérie. Les hôpitaux algériens sont lourdement endettés depuis plusieurs années. Et leurs dettes ont dépassé depuis 2018 un seuil historique et vertigineux qui suscite de véritables inquiétudes sur leur fonctionnement interne ainsi que leur capacité à répondre aux besoins futurs d’une population algérienne de plus en plus croissante. 

Algérie Part a pu confirmer au cours de ses investigations qu’au niveau du ministère de la santé, des évaluations ont rapporté que les établissements publics hospitaliers enregistrent un important retard dans le paiement de leurs dettes vis-à-vis de la Pharmacie Centrale des Hôpitaux (PCH), le fournisseur attiré des hôpitaux algériens en médicaments, traitements et équipements médicaux, atteignant à fin 2018, un montant de 93,63 Mrds de DA, soit l’équivalent de plus de 680 millions de dollars.

Selon les documents consultés par nos soins au cours de nos investigations, au 31/12/2018, 8,21 Mrds de ces dettes remontent à la période antérieure à 2015, 12,40 Mrds de DA se rapportent à l’année à 2016, 19,33 Mrds de DA à l’exercice 2017, et 29,86 Mrds de DA l’exercice 2018. D’après nos sources, le montant de ces dettes s’est nettement aggravé depuis 2020 avec l’avènement de la pandémie de la COVID-19 qui a nécessité l’octroi de plusieurs fournitures médicales par la PCH aux hôpitaux publics. Aucune analyse n’a été encore dressée pour établir le montant final des dettes contractées par les hôpitaux algériens, mais selon diverses sources bien introduites au sein du ministère de la Santé, ces dettes ont dépassé largement l’équivalent de 1 milliard de dollars. Un montant très considérable.

Selon nos investigations, les dettes des hôpitaux algériens représentent jusqu’à 93 % de tous les revenus dont disposent ces établissements dans leurs caisses. C’est dire que sur le plan financier, les hôpitaux algériens sont totalement étouffés et cette situation s’est, malheureusement, nettement aggravée depuis le début de la pandémie de la COVID-19. Subissant une énorme pression en raison de la croissance démographique et de l’augmentation importante des maladies chroniques dans le pays, les hôpitaux algériens peinent à répondre convenablement aux besoins de la population et leur fonctionnement nécessite de plus en plus des budgets faramineux au moment où le pays manquent cruellement de croissance économique et de revenus à cause de son marasme financier.

 

1 COMMENT