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Elles ont coûté à l’Etat plus de 20 milliards de dollars durant ces 30 dernières années : les entreprises publiques, le lourd fardeau de l’Algérie

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Les entreprises publiques sont un véritable lourd fardeau pour l’Algérie qui pénalise sérieusement son développement. Même le Premier-ministre algérien Aïmene Benabderrahmane, vient de reconnaître cette vérité amère contre laquelle les autorités algériennes semblent impuissantes. Preuve en est, durant ces 30 dernières années, les entreprises publiques algériennes ont coûté à l’Etat algérien plus de 20 milliards de dollars de dépenses et budgets consacrés à leur soutien et l’assainissement de leurs dettes.  

En réponse aux députés de l’Assemblée populaire nationale dans le cadre du débat sur le Plan d’action du gouvernement, le Premier ministre a révélé effectivement qu' »en dépit du soutien de l’Etat à ces entreprises, celles-ci sont restées dans une situation difficile » et l’enveloppe financière affectée à leur assainissement depuis 1991 jusqu’au 30 juin 2021 s’élève à près de 2790 milliards de DA, à savoir l’équivalent de 20,72 milliards de dollars. Une somme colossale avec laquelle l’Algérie aurait pu se reconstruire ou lancer de nouvelles gigantesques infrastructures qui auraient pu permettre au pays de rattraper son sous-développement économique.

Tout cet argent a été consommé par des dizaines, voire des centaines d’entreprises publiques déficitaires, endettées et proches de la faillite. Pour sauver les emplois, l’Etat algérien n’a pas cessé de sortir le chéquier durant 30 dernières années. Une situation qui ne peut plus durer. Aïmene Benabderrahmane fait cet aveu. Mais compte-il faire concrètement ?

Il a promis à ce titre de revoir la gouvernance de ces entreprises et les modalités de leurs gestion, en les soumettant à des contrats de performance stricte pour qu’elles soient l’une des piliers « importants » pour la relance économique, a-t-il dit devant les députés de l’APN.

Il est inconcevable de voir l’aspect commercial et productif d’une entreprise économique composé de 600 travailleurs, alors que celui administratif est de 1000 travailleurs, a relevé le Premier ministre. D’après le Premier-ministre algérien, le gouvernement oeuvre à récupérer les potentialités des entreprises publiques économiques faisant état d’un recensement national des différentes entreprises qui se trouvent en état de fermeture ou de stagnation.

Entre autres ces entreprises, le Premier ministre a cité la société « ALZINC » de Ghazaouet, le complexe de papier à Saida, l’usine de levure à Bouchegouf, l’usine de marbre à Guelma, l’usine de verre à Tébessa, la société africaine de verre à Taher, l’usine de céramique sanitaire à Médéa et l’usine de cuirs à Sig, lesquelles constituaient « la fleur du tissu industriel de l’économie national ».

Le Premier ministre a indiqué que « certaines parties n’ont pas saisi l’occasion comme il se doit et se sont dirigées vers l’importation, ce qui nous a fait perdre des milliers d’emplois et la fermeture de centaines d’entreprises. Il est grand temps de récupérer ces entreprises et d’en faire un moyen de création de richesses et d’emplois ».

Force est de constater que la perspective dessinée par le gouvernement algérien reste encore une fois sombre et incompréhensible. Comment peut-on encore récupérer ou réhabiliter des entreprises étatiques qui ont démontré leur échec et leur incapacité de faire preuve d’une quelconque rentabilité durant ces 30 dernières années ? Après avoir perdu plus de 20 milliards de dollars pour soutenir et maintenir en vie vainement des entreprises étatiques qui ne sont pas rentables, le gouvernement algérien va-t-il encore se permettre le luxe de perdre encore de l’argent en tentant de miser sur ces entreprises totalement défaillantes ?

A ces questions, le Premier-ministre algérien n’apporte aucune réponse concrète ou explicite. Comme ses prédécesseurs, il se contente de faire des annonces superficielles, théoriques sans disposer de la moindre feuille de route qui trace des objectifs à la portée.

Il est à souligner enfin que plusieurs études et expertises ont recensé récemment  un peu plus de 1400 entreprises publiques économiques dotées d’environ 10.000 filiales toutes organisées en sociétés par actions (ÉPÉES/SPA), dont l’Etat algérien est l’unique actionnaire, qui souffrent de problèmes économiques et financiers si graves, que leurs commissaires aux comptes ont officiellement prononcés leurs dissolutions du fait de l’épuisement quasi total de leurs actifs. En2010, le ministère des finances faisait état de plus de 800 EPE en faillite ( actifs nets négatifs), qu’il faut impérativement mettre sur le marché de la privatisation, au risque de causer un énorme préjudice aux finances publiques.

Malheureusement, cette orientation n’a pas été adoptée et un nombre très limité d’entreprises publiques ont été privatisées. 10 ans plus tard, l’Algérie traîne toujours ce fardeau financier qui plombe ses finances et empêche son développement socio-économique.

 

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