A la une Dévaluation, ce choix chaotique qui va faire mal, très...

Dévaluation, ce choix chaotique qui va faire mal, très mal aux Algériennes et Algériens

-

Ce qui était craint par de nombreux experts économistes va être finalement adopté et déployé par le régime algérien : une forte dévaluation du dinar algérien sera lancée dés l’année 2021 avec des conséquences désastreuses sur les modestes bourses et les catégories les plus fragiles de la population algérienne. Explications. 

D’abord, un peu de pédagogie s’impose.  En quelques mots, la dévaluation monétaire consiste à changer la parité entre deux monnaies. Plus précisément, cela revient à modifier le taux de change officiel d’une monnaie, c’est-à-dire sa valeur exprimée en or ou dans une autre monnaie internationale de référence, en l’abaissant. Cette réduction volontaire de la valeur de la monnaie est décidée par les autorités monétaires du pays concerné. C’est en actionnant ce levier que le régime algérien a décidé d’abaisser la valeur du dinar face au dollar. La baisse commencera de 10 % en 2021 pour dépasser les 21 % en 2023.

Ce mécanisme est possible en Algérie parce que le pays est régi par  un système de changes fixes. Dans un tel système, la valeur des monnaies est fixée par rapport à un « étalon » de référence, à savoir un métal, une monnaie ou un panier de monnaies, par la banque centrale qui émet cette devise. L’étalon sert alors d’unité de mesure commune à toutes les monnaies. L’Algérie n’est pas dans la catégorie des pays dotés d’un régime de taux de change flexibles ou flottants car dans ces pays aucun engagement n’est pris au sujet du taux de change, qui évolue librement en fonction de l’offre et de la demande sur le marché des changes, ce qui complique toute dévaluation.

Pourquoi le régime algérien recourt à la dévaluation ? Parce qu’il veut améliorer sa compétitivité économique faute d’un véritable tissu de production industrielle et d’une organisation économique moderne. Grâce à la baisse de la valeur de la monnaie, le prix des biens exportés et importés est directement impacté. Les autorités algériennes espèrent ainsi réduire les importations en les rendant inaccessibles et très chères tout en gonflant les recettes fiscales en dinars puisque les exportations des hydrocarbures rapporteront grâce à la dévaluation de plus grosses quantités en dinar.

L’objectif clairement affiché est d’importer moins de produits de l’étranger. Cependant, ce mécanisme va provoquer également une hausse des prix intérieurs qui seront revus à la hausse du fait de l’augmentation du prix des exportations. Généralement, dans les pays qui recourt à la dévaluation, des révisions des salaires sont programmées pour limiter les effets de l’inflation liée à la dévaluation. Or, sur ce volet, le régime algérien n’a absolument rien prévu dans le projet de loi de finances 2021.  En somme, vous l’aurez compris, la dévaluation monétaire a également un impact sur notre pouvoir d’achat. Et les autorités algériennes ne semblent guère s’en soucier !

Que va-t-il arriver d’ici 2021 en Algérie ?

La dévaluation va raviver la spéculation et encourager des fuites de capitaux. La perte brutale de la valeur du dinar va contraindre celles et ceux qui voudront épargner à acheter massivement des devises pour les dissimuler et les transférer à l’étranger afin de ne pas subir la dépréciation de leurs épargnes en dinars. D’autres, la dévaluation du dinar algérien va  accroître les pressions inflationnistes et il n’est pas sûr que  la Banque d’Algérie ait les moyens de lutter efficacement contre ces pressions.  Les conséquences d’une dévaluation ne seraient donc pas négligeables pour les millions de petits fonctionnaires et de petits salariés algériens pour lesquels une hausse des prix maîtrisée est importante.

Soulignons enfin que le dinar algérien est, certes, surévalué. C’est-à-dire qu’il n’est pas échangé contre le dollar ou l’euro à sa juste valeur. Mais la dévaluation n’est pas la solution idéale pour l’Algérie car la dévaluation agit sur la compétitivité par les prix, mais ne résout pas à elle seule tous les problèmes : elle ne dispense pas de faire des réformes structurelles, de mener des politiques commerciales, fiscales ou favorisant l’environnement général des affaires. Ce que le régime algérien n’est pas encore incapable d’accomplir.

 

 

 

2 COMMENTS

  1. En Algérie il y a du sable au Sahara ,le jour où le système a tout bouffé et bien il donnera du sable a bouffé au peuple , jusqu’à présent il leur a donné du sable des plages mélangé au sel pour construire les maisons et les ponts comme ça quand la pluie fait fondre le sel le sable tiendra bien a garantie a 100/oo garantie d’état puisqu’il s’en intégralement.

  2. La dévaluation est une nécessité mais il faut qu’elle soit menée intelligemment. La dévaluation va décourager les importations et encourager les exportations

LEAVE A REPLY

Please enter your comment!
Please enter your name here

Dernières news

En 2022, les autorités algériennes envisagent d’importer seulement 1,7 milliard de dollars USD de céréales

En 2022, l'Etat algérien ambitionne de réduire drastiquement les importations du blé depuis l'étranger. L'objectif fixé est de limiter...

L’équivalent de 130 millions de dollars USD pour soutenir les catégories les plus fragiles de la société : où ira cet argent public...

En 2022, l'Etat algérien s'est engagé à dépenser l'équivalent de 130 millions de dollars USD pour soutenir et prendre...

Le déclin inquiétant et dangereux de plusieurs secteurs industriels se poursuit en Algérie

Le discours officiel du régime algérien sur la nécessité de développer l'économie nationale en la diversifiant pour renforcer la...

La majorité écrasante des jeunes algériens habitent encore avec leurs parents et peinent à obtenir leur indépendance

La majorité des jeunes algériens habitent encore avec leurs parents et peinent à obtenir leur indépendance en ayant leurs...

Révélations – Le Consul Général à Marseille, le Conseiller de la Présidence Sont-ils Véritablement au Service du Peuple Algérien ?

Nul besoin de le dire. Les Algériens savent que dans ce club très fermé de privilégiés et d’opportunistes composé...

Plus de 8,6 millions d’enfants et 6,8 ans d’adolescents algériens : quel pays va-t-on léguer pour les générations futures ?

L'Algérie compte plus de  8,6 millions d'enfants âgés de moins de 9 ans et plus de 6,8 millions d'adolescents...

Les plus lus

- Advertisement -

You might also likeRELATED
Recommended to you