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COVID-19. Taux d’incidence, nouvelles contaminations : pourquoi la 4e vague est une menace sérieuse et réelle contre l’Algérie

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Depuis le mois de septembre dernier, un relâchement général a été observé en Algérie où la population a énormément baissé la garde face à la menace d’une nouvelle flambée de l’épidémie de la COVID-19. Comme il a été expliqué dans un précédent article, la campagne de vaccination en Algérie tourne au ralenti et jusqu’à ce mois d’octobre, le pays n’a enregistré aucune avancée notable pour atteindre l’immunité collective. La santé publique est donc très fragile et les premiers signaux d’une prochaine détérioration de la situation sanitaire commencent à nous parvenir  de plusieurs wilayas. Des signaux qui nous alertent sur la forte probabilité d’une nouvelle 4e vague de COVID-19. 

Preuve en est, le dernier rapport épidémiologique de l’Institut National de la Santé Publique (INSP), un organisme scientifique relevant officiellement du ministère de la Santé et chargé de mener des enquêtes sanitaires au sein de la population pour cerner l’évolution des épidémies les plus dangereuses, nous apprend qu’au moins &3 wilayas ont enregistré une importante hausse dans les déclarations et par conséquent une augmentation des taux d’incidence entre le 01 septembre et le 01 octobre.

Les wilayas qui présentent un taux d’augmentation supérieur à 5,0 %, sont par ordre décroissant : Souk Ahras avec une incidence qui passe de 311,39 à 348,31 et une augmentation de 11,9 %, Adrar (228,65 – 248,82 ; 8,8 %), Sidi Bel Abbès (508,50 – 553,32 ; 8,8 %), Blida (805,97 – 863,58 ; 7,1 %), Jijel (693,87 – 739,33 ; 6,6 %), Ain Defla (107,56 – 114,58 ; 6,5 %), El Tarf (236,23 – 251,67 ; 6,5 %), Mila (129,30 – 137,51 ; 6,4 %), Tébessa (698,44 – 740,01 ; 6,0 %), Guelma (310,35 – 328,12 ; 5,7%), Mascara (154,85 – 163,38 ; 5,5 %), Tizi Ouzou ( 673,45 – 710,64 ; 5,5 %) et Oran (1060,26 – 1115,25 ; 5,2%).

Il s’agit de wilayas très peuplées et cette augmentation du taux d’incidence est un avertissement que les autorités sanitaires doivent prendre en considération car il précède une détérioration encore plus grave et alarmante dans les semaines à venir faute d’une immunité collective acquise grâce à la vaccination.

Pour rappel, le taux d’incidence correspond au nombre de personnes testées positives (RT-PCR et test antigénique) pour la première fois depuis plus de 60 jours rapporté à la taille de la population. Il est exprimé pour 100 000 habitants et permet de comparer des zones géographiques entre elles. Le taux d’incidence ainsi que le taux d’hospitalisation, à savoir le nombre de personnes malades du Covid-19 hospitalisées, sont les deux indicateurs les plus précieux pour mesurer l’ampleur de l’épidémie.

Malheureusement, en Algérie, les autorités attendent toujours l’explosion du taux des hospitalisations pour réagir et admettre l’existence d’un pic épidémique. Or, justement, si les bonnes mesures sanitaires sont adoptées en prenant en compte le taux d’incidence, il est possible d’éviter un scénario catastrophique dans les hôpitaux en sauvant des vies du péril des formes les plus graves de l’infection à la COVID-19.

Autre conséquence de la faiblesse de la vaccination en Algérie, le nombre des personnes contaminées augmentent dangereusement depuis la fin du mois de septembre dans des wilayas stratégiques. Les dernières données de l’INSP nous apprennent ainsi que trois wilayas sur douze au centre du pays observent une augmentation des notifications de nouveaux cas de COVID-19 au cours des sept derniers jours  du mois de septembre. Ce sont Blida (+53,8 % ; de 13 à 20 cas), Médéa (+11,1 % ; de 9 à 10) et Boumerdès (+187,5 % ; de 3 à 8 cas).

A l’est du pays,  Sétif et M’Sila enregistrent une hausse des notifications respectivement de 26,5 %  et de 16,7 %. L’épidémie a gagné, par ailleurs, une dynamique qui commence à inquiéter les médecins au sud du pays.

En effet, dans les wilayas de la région Sud, l’INSP a constaté une augmentation des déclarations depuis les deux dernières semaines du mois de septembre. Entre le 11 et le 17 septembre, 95 cas sont notifiés, puis, entre le 18 et le 24, ce nombre augmente à 126 cas, soit une hausse de 32,5 % et, entre le 25 septembre et le 01 octobre, 182 cas sont
déclarés avec un accroissement de 44,4 %. Trois wilayas voient leurs notifications augmenter ; ce sont Adrar (de 2 à 9 ; +350,0 %), Biskra (de 29 à 49 cas ; +69,0 %) et El Oued (de 16 à 71 cas ; +343,7 %).

Ces données doivent interpeller les autorités sanitaires et les inciter à se préparer au scénario de plus en plus probable d’une future 4e vague de l’épidémie de COVID-19 d’ici la fin de l’année en cours. Il est urgent de tirer les enseignements des erreurs de la 3e vague qui ont conduit à la mort de milliers de patients algériens infectés. Autrement, une énième catastrophe sanitaire sera reproduite dans le pays.

 

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