COVID-19 : l’épidémie continue de progresser dans le sud algérien

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Le virus du coronavirus COVID-19 continue de circuler très activement dans les wilayas du sud du pays. C’est du moins ce que démontre la dernière étude réalisée sur la base d’un rapport scientifique officiel et très approfondi de l’Institut National de la Santé Publique (INSP). 

L’INSP est l’un des rares organismes publics en Algérie qui publie des données scientifiques très fiables sur la situation épidémiologique qui prévaut dans notre pays. Et pour cause, l’Institut National de la Santé Publique a pour objet de réaliser des travaux d’étude et de recherche en santé publique permettant de fournir au ministère de la santé les instruments scientifiques et techniques nécessaires au développement des programmes d’action sanitaire et de promotion de la santé publique et à leur coordination intra et intersectoriel.

Dans son bulletin sur la situation sanitaire du pays datant du 8 août dernier et entièrement consacré à la situation épidémiologique liée au COVID-19, l’INSP a noté qu’au 8 aout, le taux d’incidence de l’épidémie du COVID-19 reste très élevé dans plusieurs wilayas du sud.

Dans son rapport, les experts de l’INSP ont réparti les wilayas du sud du pays en deux régions sanitaires :  le Sud-est et le Sud-Ouest. Le Sud-est comprend les wilayas de Laghouat, Biskra, Tamanrasset, Ouargla, Illizi, El Oued et de Ghardaïa, et le Sud-ouest, les wilayas d’Adrar, Béchar, El Bayadh, Tindouf et de Naâma.

A ce propos, le rapport de l’INSP note clairement qu’en termes d’incidence des cas PCR+, à savoir le nombre des cas contaminés déterminés et identifiés par les tests de dépistage PCR pendant une semaine et sur une population de 100 mille habitants, la région Sud continue sa progression avec 96,07 cas pour 100 000 habitants, soit un différentiel de 12,29 points avec celle de la région Centre (83,78). En clair, les wilayas du sud connaissent une moyenne de nouvelles contaminations au COVID-19 beaucoup plus élevée que celle des wilayas du centre du pays ! Entre le 1 et 7 août dernier, les taux d’incidence par wilaya varient de 67,40 à 145,03.

En revanche, concernant l’incidence des cas TDM+, à savoir le nombre des cas contaminés et diagnostiqués par le scanner thoracique, pour la région Sud est de 104,98 cas pour 100 000 habitants. Les taux s’échelonnent entre 0,32 pour la wilaya de Naâma et 508,08 pour la wilaya d’El Bayadh. Cependant, le taux extrêmement bas observé à Naâma « est dû au fait que l’imagerie médicale ne semble pas être utilisée pour le diagnostic de l’infection Covid-19 », explique à ce propos le rapport de l’INSP pour expliquant que dans cette wilaya, il n’y a pas de scanner thoracique. Ce qui ne permet pas de dépister la population avec ce matériel médical.

Notons enfin que le rapport de l’INSP souligne que six wilayas enregistrent un taux de mortalité supérieur au taux régional (2,69 décès pour 100 000 habitants). La majorité de ces wilayas sont situées dans le Sud-est à l’exception de Tindouf. Ce sont par ordre décroissant Ouargla (4,29), Tamanrasset (4,12), Biskra (3,12), Tindouf (3,11), El Oued (2,93) et Ghardaïa (2,78).  Concernant les décès cumulés, les quatre cinquième émanent du Sud-est avec 82,5 % des décès. Plus de la moitié (57,1 %) ont été notifiés par trois wilayas : Ouargla (20,8 %), Biskra (19,5) et El Oued (16,9).