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COVID-19 : le gouvernement algérien prétend avoir dépensé l’équivalent de 4,3 milliards d’euros pour la couverture des salaires des employés mis au chômage

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Ce mardi 23 novembre, le gouvernement algérien a prétendu avoir dépensé l’équivalent de 4,3 milliards d’euros pour la couverture des salaires des employés mis au chômage pendant la période  la plus intense de la pandémie de la COVID-19. C’est le Premier-ministre algérien, Aïmene Benabderrahmane, qui a fait lui-même cette annonce intrigante à bien des égards en raison du manque criant de transparence concernant les véritables bénéficiaires de ces dépenses publiques consenties par l’Etat algérien. 

Aïmene Benabderrahmane a affirmé effectivement à Alger que les coûts de couverture des salaires des employés mis au chômage forcé pendant une durée de cinq mois en raison de la pandémie du Covid-19, s’élèvent à 674 milliards de DA.

Lors de la présentation du projet de loi de finances 2022 (PLF2022) devant les membres du Conseil de la nation, M. Benabderrahmane a précisé que l’Etat avait consacré plus de 298 milliards de dinars à titre d’aide directe, outre le paiement des salaires des employés et travailleurs qui ont été mis au chômage forcé à la suite de la pandémie, soulignant que les coûts de couverture des salaires de ces travailleurs et employés pendant cinq mois s’élèvent à 674 milliards de DA, à la charge du trésor public.

La déclaration du Premier-ministre algérien est d’une opacité sans précédent. D’abord, ce haut responsable a parlé « d’aide directe » évaluée à 298 milliards de Da, à savoir l’équivalent de 1,9 milliard d’euros. Mais il ne précise nullement les modalités de ces aides ni l’identité de leurs destinataires. Ensuite, le même Premier-ministre parle d’un « coût » de couverture des salaires. Il s’agit d’un langage alambiqué qui ne veut absolument rien dire. Que signifie le coût d’un salaire ? Ce concept englobe surtout les charges sociales qui pèsent sur un employeur qui recrute et emploie des salariés. Et le versement de chaque salaire comprend effectivement le coût des charges sociales qu’il faut verser aux caisses de certains organismes de l’Etat comme la Caisse nationale des assurances sociales (CNAS).

Or, Aïmene Benabderrahmane tente de nous faire croire qu’il y a d’autres coûts supplémentaires dont l’Etat algérien s’est acquitté pendant la pandémie de la COVID-19. Lesquels ? Personne ne le sait et le discours du Premier-ministre algérien demeure mystérieux. Il faut savoir qu’en Algérie, les autorités ont pris uniquement en charge la rémunération des congés spéciaux imposés au personnel des institutions et administrations publiques qui avaient été soumis à ce dispositif dés le 22 mars 2020, à savoir le début de la pandémie de la COVID-19.

Pour ce qui des travailleurs du secteur privé et économique, l’Etat algérien n’a absolument fait aucun geste. Pas le moindre centime n’a été versé par le gouvernement algérien aux entreprises privées qui emploient plus de 7 millions de travailleurs. Depuis le début de la pandémie en 2020, le gouvernement algérien se contentait d’appeler les travailleurs des entreprises privées à recourir aux reliquats des congés ou les congés par anticipation. Il avait également incité les travailleurs de ce secteur d’aller vers une « convention collective » en négociant directement avec les gérants et chefs d’entreprise.

En clair, le gouvernement algérien a abandonné à leur triste sort plus de 7 millions de travailleurs privés de toute aide financière et beaucoup d’entreprises privées ont été contraintes de limoger leurs salariés ou de cesser partiellement leurs activités. Excepté, les gels momentanés des pénalités de non-paiement des charges sociales et des mensualités des crédits bancaires contractés avant la pandémie de la COVID-19, aucune mesure d’aide financière directe n’a été décidée par le gouvernement algérien en faveur des entreprises privées du pays.

Quant aux travailleurs du secteur public, ils ont connu un sort beaucoup moins sinistre en raison des subventions publiques et nouveaux crédits bancaires débloqués pour assurer la survie des entreprises étatiques. Et malgré cette assistance financière, de nombreuses entreprises publiques ont subi d’importantes perturbations au niveau de leur trésorerie ce qui a provoqué de nombreux non-paiements des salaires. Et ces salariés infortunés ayant souffert de cette délicate conjoncture n’ont touché aucune aide directe.

Alors où sont partis ces fameux 674 milliards de DA dont parle le Premier-ministre algérien ? Comment ont-ils été dépensés et distribués ? S’agit-il uniquement de l’enveloppe dédiée à la prise en charge des congés forcés des fonctionnaires des administrations algériennes ? C’est fort probable. Mais le devoir de transparence exige que le gouvernement algérien publie des bilans financiers concrets et traçables. Une obligation à laquelle personne ne veut se conformer en Algérie.

 

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