COVID-19. Attention, l’Algérie est toujours en « zone rouge »

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La légère baisse des nouveaux cas contaminés déclarés par le ministère de la Santé ne signifie nullement que l’épidémie du coronavirus COVID-19 est en recul en Algérie. Bien au contraire, le pays est toujours en « zone rouge ». Et les données épidémiologiques recueillies par le dernier rapport scientifique officiel et très approfondi de l’Institut National de la Santé Publique (INSP) confirment amplement ce constat.

L’INSP est l’un des rares organismes publics en Algérie qui publie des données scientifiques très fiables sur la situation épidémiologique qui prévaut dans notre pays. Et pour cause, l’Institut National de la Santé Publique a pour objet de réaliser des travaux d’étude et de recherche en santé publique permettant de fournir au ministère de la santé les instruments scientifiques et techniques nécessaires au développement des programmes d’action sanitaire et de promotion de la santé publique et à leur coordination intra et intersectoriel.

Dans son bulletin sur la situation sanitaire du pays datant du 13 août dernier et entièrement consacré à la situation épidémiologique liée au COVID-19, l’INSP a noté qu’au 13 août, le nombre de cas diagnostiqués positifs grâce aux tests PCR+ et notifiés par le ministère de la Santé pour l’ensemble du pays, est de 37 187, correspondant à une incidence de 87,29 cas pour 100 000 habitants, soit une augmentation de la morbidité de 10,7 % sur l’ensemble du territoire algérien.

Il faut savoir qu’en épidémiologie, le taux d’incidence rapporte le nombre de nouveaux cas d’une pathologie observés pendant une période donnée – population incidente- à la population dont sont issus les cas (pendant cette même période)- population cible -. Il est un des critères les plus importants pour évaluer la fréquence et la vitesse d’apparition d’une pathologie. Le taux d’incidence s’exprime généralement en « nombre de personnes pour 100 000 personnes par année », afin de permettre des comparaisons entre les populations et dans le temps.

Les épidémiologistes considèrent qu’au-delà de 10 malades sur 100.000 personnes, il faut décréter le seuil de vigilance. Au-delà de 15 malades, il faut passer en seuil d’alerte. Mais lorsque le nombre de personnes infectées pour 100.000 habitants a dépassé les 50, la région étudiée ou même le pays concerné par ce taux d’incidence doit être classé en « zone active du virus », à savoir la fameuse « zone rouge » qui nécessite de prendre des mesures sanitaires contraignantes pour stopper la propagation du virus.

L’Algérie se retrouve exactement dans cette « zone rouge ». En termes d’incidence, la région Sud continue sa progression avec un différentiel de 13,7 points par rapport au
Centre. Les taux d’incidence régionaux sont 103,37 – 89,71 – 82,25 et 79,05 cas pour 100 000 habitants respectivement pour le Sud, le Centre, l’Est et l’Ouest. Cela signifie que la situation sanitaire demeure encore et toujours très préoccupante.

Concernant la mortalité, le rapport de l’INSP nous apprend que quatorze wilayas observent un taux supérieur au taux national, sept sont situées au Centre, trois au Sud, trois à l’Est et une à l’Ouest. Les wilayas qui enregistrent un taux supérieur à 4 décès pour 100 000 habitants sont : Blida (10,75), Sétif (6,63), Tipaza (6,41), Alger (6,14), Annaba (4,82), Bouira (4,30), Ouargla (4,29), Tamanrasset (4,12) et Sidi Bel Abbès (4,06).