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Confidentiel. Scrutin du 12 juin : l’ANIE rejette des dossiers troublants, la Justice algérienne relance… les candidats sulfureux

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Les polémiques ne cessent de se multiplier autour de la transparence du prochain scrutin électoral concernant les élections législatives du 12 juin prochain. Dans plusieurs wilayas, les commissions de contrôle de l’Autorité nationale indépendante des élections (ANIE) ont rejeté un nombre important de dossiers de candidatures déposées par des personnalités sulfureuses ayant entretenu des liens troublants avec les milieux de l’argent ou les officines de l’ancien système Bouteflika. 

A titre d’exemple, dans la wilaya de Jijel, le dossier de candidature de Messaoud Mati, le maire de Jijel, à  la députation a été rejeté par l’ANIE en raison de l’implication de ce candidat dans pas moins de 15 affaires judiciaires dans lesquelles il est mis officiellement en examen. A Mila, c’est le fameux Mounder Bouden, coordinateur de l’instance dénommée « تكتل المسار الجديد » (connu pour avoir été un membre actif de la structure qui devait diriger la campagne électorale d’Abdelaziz Bouteflika pour un 5e mandat), qui défraie la chronique.

L’ANIE a rejeté officiellement le dossier de candidature de Mounder Bouden qui se présente comme le leader d’une nouvelle entité qui accompagne la soi-disant dynamique de changement initiée sous la houlette d’Abdelmajid Tebboune. La commission de contrôle de l’ANIE a justifié le rejet de la candidature de Mounder Bouden par l’inquiétante relation de proximité entretenue par l’intéressé avec des hommes d’affaires et des milieux affairistes qui peuvent utiliser leurs moyens financiers pour peser sur les résultats du futur scrutin électoral.

Toujours à Mila, l’ex-député RND Boudjemaa Torchi, l’un des notables de cette wilaya de l’est du pays, a essuyé également un refus catégorique de la part de l’ANIE tout comme son frère  Torchi Abdelhafid, richissime homme d’affaires et vice-président de l’APW de Mila, dont le dossier de candidature aux élections législatives anticipées a été rejeté également par l’ANIE.

Malheureusement, force est de constater que les personnalités sulfureuses écartées par l’ANIE recourent ensuite  au tribunal administratif pour procéder à des recours et « quémander » des interventions en haut lieu pour obtenir une « réhabilitation » et la possibilité de participer à la campagne électorale pour l’obtention des futurs sièges du nouveau parlement algérien.

A titre d’exemple, Algérie Part a pu confirmer au cours de ses investigations que dans la wilaya de Tipaza les dossiers de pas moins de 385 candidats ont été rejetés par l’ANIE pour des raisons sécuritaires et des considérations morales liées à la nécessité de préserver la transparence du scrutin du 12 juin prochain.

185 de ces candidats éconduits ont recouru au tribunal administratif pour contester les décisions de l’ANIE et revenir ainsi dans la course électorale au grand dam des contrôleurs de l’ANIE qui ont, pourtant, fourni des éléments matériels et factuels fondés pour éliminer ces candidats soutenus par des lobbys affairistes ou politiques peu recommandables.

Aujourd’hui, au sein de l’ANIE, les esprits se chauffent et les langues se délient pour exprimer un ras-le-bol généralisé contre cette nouvelle instrumentalisation de la Justice pour avantager des candidats dont la moralité est entachée de corruption. C’est dire que des lobbys continuent d’agir dans l’ombre de la justice algérienne pour peser sur les résultats du futur scrutin du 12 juin prochain.

Il est à rappeler enfin que le nombre total des listes de candidatures aux élections législatives anticipées du 12 juin prochain a atteint 2.400 dont 1.180 listes de partis et 1.220 listes indépendantes. Au total, 39 partis politiques ont déposé des dossiers de candidature auprès de l’ANIE à travers les 58 wilayas du pays, alors que la communauté nationale établie à l’étranger a présenté 65 listes dont 61 sous l’égide de partis politiques.

Pour les besoins de la la validation du dépôt des listes de candidatures, fixées par l’ANIE, les listes des candidats présentées au titre d’un parti politique doivent être appuyées par, au moins, vingt-cinq mille (25.000) signatures individuelles d’électeurs inscrits sur les listes électorales.

« Ces signatures doivent être recueillies à travers, au moins, vingt-trois (23) wilayas dont le nombre de signatures exigées pour chacune des wilayas ne saurait être inférieur à trois cent (300) signatures », a précisé à ce sujet l’ANIE. Pour les listes indépendantes, chaque liste doit être appuyée, pour chaque siège à pourvoir, par, au moins, 100 signatures des électeurs de la circonscription électorale.

Pour les circonscriptions électorales à l’étranger, la liste de candidats est présentée soit au titre d’un ou de plusieurs partis politiques, soit au titre d’une liste indépendante appuyée d’au moins 200 signatures pour chaque siège à pourvoir parmi les électeurs de la circonscription électorale concernée.

Si le dossier d’un candidat est rejetée par l’ANIE après examen, l’intéressé peut introduire un recours auprès du tribunal administratif territorialement compétent dans un délai de trois (3) jours francs, à partir de la date de sa notification, conformément aux dispositions de l’article 98 de la loi organique relative au régime électoral.

Toutefois, « ce rejet peut faire l’objet d’un recours auprès du tribunal administratif d’Alger dans un délai de cinq (5) jours francs, à partir de la date de sa notification, pour les candidats des circonscriptions électorales à l’étranger », a expliqué à ce propos l’ANIE.

Le tribunal administratif doit statuer dans un délai de cinq (5) jours francs, à compter de la date d’enregistrement du recours. Le jugement rendu est notifié, d’office et immédiatement, par tous les moyens légaux aux parties concernées, selon le cas, au wali ou au chef de la représentation diplomatique ou consulaire, pour exécution précisant que « le jugement n’est susceptible d’aucune voie de recours ».

1 COMMENT

  1. Eh oui tous ces vautours sont attirés par l’argent, même si l’argent n’a pas d’odeur, et la justice du téléphone va finir par leurs donner raison. Là où il y a de la misère, il y a toujours des charognards pour faire festin. Pauvre Algérie et pauvre martyrs morts pour rien.

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