Confidentiel. Les magistrats algériens : le téléphone pour le verdict et les visas français pour les soins

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Les magistrats algériens et les hauts responsables du ministère algérien de la Justice sont les acteurs principaux de la « justice du téléphone » en Algérie, cette justice arbitraire aux ordres du pouvoir politique qui écrase le plus faible et blanchit le plus fort selon les injonctions téléphoniques qui lui parviennent d’en haut, à savoir des décideurs politiques les plus puissants du régime. 

Mais si le « téléphone » est le principal instrument de travail pour les magistrats algériens, le visa français est leur le plus précieux désir pour partir en Europe se soigner et profiter du confort des hôpitaux les plus modernes des villes françaises. En effet, Algérie Part a découvert au cours de ses investigations que de nombreux hauts responsables de l’appareil judiciaire algérien ont multiplié les interventions ces dernières années auprès des représentants de la diplomatie française pour obtenir des visas Schengen leur permettant de se rendre en France afin de se soigner aux frais de la princesse grâce aux financements publics consentis par la Caisse Nationale de l’Assurance Sociale (CNAS) algérienne.

En avril 2018, l’ancien présidente du Conseil d’Etat (CE) Soumia Abdelsadok est intervenue en personne auprès des services du Consulat général de France à Alger pour demander un traitement de faveur au profit de son chef de cabinet Mokhtar REMADHNIA qui avait demandé un visa Schengen pour des soins qualifiés d’urgents en France. Des soins naturellement financés par les deniers de la CNAS et ce haut responsable du Conseil d’Etat, une autorité judiciaire installée en 1998 pour étudier les recours en annulation formés contre les décisions réglementaires ou individuelles émanant des autorités administratives centrales ainsi que des recours en interprétation et en appréciation de la légalité des actes délivrés par diverses institutions étatiques algériennes.

En mars 2017, les autorités de la Cour Suprême à Alger ont intervenu à maintes reprises auprès de l’ambassade de France à Alger pour réclamer la délivrance d’un visa pour des soins médicaux  à FOULANE Mohamed, conseiller à la Cour Suprême. Selon nos investigations, ce dernier était  gravement malade et devait se rendre en France pour subir une intervention chirurgicale au niveau du coeur dans le cadre d’une prise charge totale de la CNAS.

Ce conseiller à la Cour Suprême avait réclamé un visa de circulation de 5 ans, mais les services du Consulat général de France lui ont délivré un simple visa de 90 jours valables sur une période 6 mois.

En juillet 2017, c’est l’ancien ministre de la Justice, Tayeb Louh, lui-même qui avait intervenu auprès de l’ambassade de France à Alger pour obtenir des visas de soins médicaux en France au profit de ses beaux-parents OUKEBDANE Larbi et son épouse OUKEBDANE Larbia. L’ex-ministre algérien, qui croupit en ce moment à la prison d’El-Harrach après y avoir été placé en détention depuis le 22 août 2019, avait réclamé aussi un traitement de faveur et particulier au profit de ses beaux-parents afin qu’ils puissent obtenir leurs visas Schengen et partir ensuite en France pour jouir des bienfaits des infrastructures de santé  de ce pays développé alors que la population algérienne est contrainte de subir les archaïsmes moyenâgeux de leurs hôpitaux délabrés.

En juillet 2018, le président du Conseil Constitutionnel, Mourad Médecli, qui présidera cette institution juridictionnelle stratégique en Algérie jusqu’à sa mort en 28 janvier 2019, est intervenu lui-aussi auprès des services consulaires français pour réclamer la délivrance d’un visa médical et touristique au profit de sa fille et son époux, Hattab Réda accompagnés de leurs deux filles mineures. Lors de leur première demande de visa Schengen, la famille de la fille de l’ex-président du Conseil Constitutionnel ont essuyé un refus catégorique au motif d’absence de ressources financières nécessaires à leur séjour en France.

De nombreux autres hauts responsables des institutions judiciaires et juridictionnelles algériennes n’ont pas cessé ces dernières années d’abuser de leurs fonctions et pouvoir pour « négocier » avec les autorités françaises des titres de séjours ou des visas Schengen pour pouvoir voyager en toute liberté et savourer la modernité de l’Occident notamment des plus prestigieuses villes françaises alors que la population algérienne est accablée de jour comme de nuit par le sous-développement crasseux de leur pays. Un sous-développement qui s’explique aussi par l’absence d’un Etat de Droit capable d’offrir une chance à tous les Algériennes et Algériens de s’épanouir dans leur propre pays sans que leurs droits élémentaires ne soient bafoués par l’arbitraire.

 

11 COMMENTS

  1. Il n’ont aucun honneur à réclamer des visas pour se soigner et/ou faire du tourisme. Ces gens là n’ont pas eu le privilège d’avoir le passeport diplomatique donné au premier venu pour peu qu’il courbe l’échine aux ordres du régime.

    Pensez-vous, ces individus proches du pouvoir par alliance , tout comme ceux ayant pied dans ce pouvoir outre les hauts gradés de l’armée soit disant populaire, quémandent sans honte des visas, non pas pour faire du tourisme mais bien pour aller gérer et superviser leurs affaires.

    Moi, je suis ravi que les EAU ait pris la décision de refuser d’accorder des visas aux algériens car c’est surtout ceux qui ont des fonds importants qui se permettent d’y aller.

    Là le robinet est fermé, c’est tant mieux et tant pour ceux qui faisaient confiance aux enturbannés pour y faire des investissements avec l’argent des algériens détourné et dilapidé.

  2. Meme les morts n’échappent pas à vos ignobles vindictes et sinistres « investigations approfondies « , ex. feu Medelci-Allah yerehmou-.
    Vous nous faites sortir des « scoops » qui datent de 2017!!
    Vos sources au bleds sont taries depuis l’emprisonnement de Tahkout et ces relais, que vous rabattez sur les réseaux de vos nouveaux protecteurs la DST et compagnie.

  3. Algérie Part est le cauchemar du régime agonisant et de ses agents (comme vous!) qui ne font qu’aboyer comme des chiens enragés à défaut d’avoir des arguments pour défendre la junte! Bravo Algérie Part pour votre travail d’investigation et de révélations quotidiennes !!

  4. @ Daya 69,
    Vous êtes comme un roquet à défendre l’indéfendable. Si c’est cela être patriote pour vous cela explique largement le caca dans lequel est notre pays en Algérie. Etre patriote c’est mettre à l’index toute cette chienlit et celle qui est passé et qui a fait d’un paradis un desert. Autrement continuer à insulter mais bientôt il n’y’aura ni cachir ni sandwich car les caisses sont vides.

  5. Au crépuscule de leur vie tous les responsables algériens vont à Paris rendrent leur dernier souffle ! Certains espèrent ainsi avoir une prolongation ici bas. Pourquoi ne sont ils pas enterrés ou mieux incinérés à Paris puisqu’ils choisissent d’y mourir ????

  6. Medelci …! parlons en car si il etait vivant, lui aussi serait incarcere. je suis pour le jugement des morts et tout les documents qui les inculptent. ainsi que leurs enfants qui ont hérité de tout les euros/dollars/villas/appartement/biens fonciers que les parents ont détourné et dilapide et qui se trouvent dans les banques francaises et autres …non ! les milliards sont pas morts et ils ont meme fait des petits.

  7. Vous l’avez bien dit la plupart partent pour se soigner de mamadies et souvent mortelles après tant d’années de souffrances , tout ceci à cause de la corruption en piétinent les plus faibles , Allah voit tout et tout le monde va payer pour ce qu’il a fait et ce ne sera pas les hopitaux de la france qui vont les sauver du verdict de Allah le tout puissant .