C’est la répression qui est plus forte ou c’est le Hirak qui a faibli ?

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A Alger, pour le deuxième vendredi successif, à savoir après celui de la semaine passée le 21 mai, les marches populaires et grandioses du Hirak n’ont pas pu avoir lieu. Pour le deuxième vendredi successif, le régime algérien a imposé un blocus sécuritaire impitoyable sur Alger-centre. Les quartiers les plus stratégiques qui étaient empruntés depuis février 2019 par les manifestants du Hirak, à savoir la place de la Grande-Poste, Place de l’Emir Abdelkader, Place Audin, Boulevard Didouche Mourad, Place du 1er Mai,  etc., ont été totalement verrouillés et bouclés par les services de sécurité. 

Fouilles minutieuses, interpellations massives, surveillance systématique de tous les mouvements des habitants d’Alger, nombre des barrages de sécurité et des points de contrôle quadruplé, principaux accès routiers bloqués et fermés à la circulation, ce vendredi 28 mai, la capitale Alger était dirigée par un dispositif sécuritaire qui nous rappelle les heures les plus sombres de la décennie noire.

Une ville encerclée, quadrillée parce qu’elle est en guerre, voila l’image que véhicule, désormais, Alger chaque vendredi. Face à ce dispositif répressif et « guerrier », les manifestants du Hirak ont disparu des rues de la capitale. Des groupes de manifestants ont pu manifester sporadiquement à El-Harrach, Ain Benian, Bab El-Oued ou Belouizdad, des quartiers populaires périphériques. Des dizaines de manifestants ont tenté de secouer ces quartiers pour mobiliser des citoyens dans le but d’organiser des marches populaires au niveau de la Banlieue d’Alger contournant ainsi le dispositif répressif ayant cadenassé la capitale Alger.

Le constat est amer, mais il est véridique : le régime algérien a réussi à neutraliser le Hirak à Alger pour le deuxième vendredi successif. Les images des marches grandioses et mobilisant des milliers de manifestants font partie dorénavant des archives. Mais est-ce réellement une victoire uniquement « sécuritaire » du régime algérien ? En clair, est-ce que le dernier mot est revenu à la répression policière ? Pas si sûr car un autre constat s’impose. Le Hirak a fini par se démobiliser à Alger et les foules enfiévrées ont diminué graduellement au cours des dernières semaines rendant ainsi la tâche facile aux services de sécurité.

En effet, si le Hirak avait maintenu sa dynamique collective et sa mobilisation massive, aucun plan sécuritaire n’aurait pu le tuer. Il n’est pas possible que 40 mille policiers puissent arrêter des foules de plus de 300 mille manifestants. A moins que les policiers tirent à balles réelles sur des populations civiles et provoquent ainsi un carnage. Fort heureusement, et Dieu merci, ce n’est pas le cas en Algérie. Cela signifie que le Hirak n’a pas pu mobiliser des milliers de manifestants comme ce fut le cas lors de sa reprise le 22 février 2021.

Si les manifestants étaient encore convaincus et mobilisés, rien ne les aurait empêché de prendre d’assaut les rues d’Alger-centre. La capitale algérienne est peuplée par plus de 3 millions d’habitants rien qu’au niveau de ses principaux centres urbains sans compter les banlieues proches. Il n’est pas possible d’enfermer 3 millions d’habitants sans recourir aux tueries de masse. Or, force est de constater que le régime algérien n’a pas franchi cette ligne rouge consistant à assassiner des manifestants pour disperser des foules.

Les arrestations musclées ou les violences policières n’ont pas fait de mort en Algérie. Du moins jusqu’à aujourd’hui. La terreur inspirée par les emprisonnements et les arrestations ne peut pas justifier à elle-seule cette défaite, certes momentanée mais défaite quand même, du Hirak. Il y a bel et bien d’autres raisons. La démobilisation des foules est l’une de ces principales raisons. Une analyse profonde des tenants et aboutissants de la situation politique actuelle en Algérie s’impose pour comprendre ce constat. Le Hirak a-t-il échoué à convaincre les masses populaires ? Ou s’agit-il d’un repli stratégique pour mieux revenir en force avant de ne pas donner l’opportunité au régime algérien d’enclencher une confrontation armée ? Le débat se poursuit. Ces questions cherchent toujours des réponses…

 

9 COMMENTS

  1. « A vaincre sans péril, on triomphe sans gloire ! »

    Cit. Pierre Corneille (le Cid)

    60 ans de sur place, répressions, chômage de masse,
    inflation sans doute à deux chiffre, planche à billets qui tourne non stop
    pour laminer le pouvoir d’achat des citoyens, l’appareil économique quasiment
    en panne, la rente fond comme neige au soleil, pour combien de temps encore ?
    Et avec ça, on entend des cachiristes repus qui soutiennent la junte, chanter en
    choeurs que l’armée est la seule institution qui tient encore debout dans ce pays,
    et pour causes, ils se taillent la part du lion, par la force des baïonnettes.
    Face à la froideur du monstre insensible, on ne saurait conseiller au peuple
    meurtri de faire sagement le dos rond en laissant ces dinosaures imploser.
    M. Roshwald disait dans une de ses citations, « Ne pas agir, c’est aussi agir » !
    Ils vous empêchent de sortir manifester, ils ne pourront pas vous empêcher de
    boycotter leur prison à ciel ouvert. Il faut juste un peu de courage, se donner la
    main et attendre et voir venir !

  2. Le hiraq a réussi à sauté le verrou de boutef , mais l’équipe de boutef qui est actuellement au pouvoir font payer cher le hiraq ,une vraie vengeance contre le peuple et vous allez voir que les anciens partis changés de noms et puis se faire élire a nouveau.

  3. Le pouvoir ,dans son école n’a appris que la division ,il n’a jamais entendu parler de multiplication au bon sens du mot ni la soustraction et surtout s’il apprend la soustraction elle lui permet de soustraire avec courage et de laisser sa place aux plus intelligents.

  4. Je pense que le Hirak est en bonne voie et le régime est en train de se suicider à chaque vendredi. Rien que dans la capitale 10 000 policiers le 7/5, 20 000 le 14/5, 30 000 le 21/5 et 40 000 policiers le 21/5 et aujourd’hui 40 000 policiers … Et la mobilisation est toujours là comme vous le dites « Des groupes de manifestants ont pu manifester sporadiquement à El-Harrach, Ain Benian, Bab El-Oued ou Belouizdad, des quartiers populaires périphériques. Des dizaines de manifestants ont tenté de secouer ces quartiers pour mobiliser des citoyens dans le but d’organiser des marches populaires au niveau de la Banlieue d’Alger contournant ainsi le dispositif répressif ayant cadenassé la capitale Alger. »

    Je parie que vendredi prochain 4/6 il va y avoir des marches partout dans les quartiers d’Alger sauf dans le centre (Grande Poste, 1er Mai, Didouche,..) qui sera occupé par les 50000 policiers qui devraient affronter les fantômes !

    Après la mobilisation va se dérouler aussi les autres jours de la semaine pour épuiser les forces terroristes du DRS

  5. En 1954, Fafa disait après la 1er opération militaire dans les Aures c’est moi la plus forte, malheureusement pour elle en 1962 c’est la valise ou le cercueil. C’est qu’il va arriver aux gens du pouvoir, une armée contre une armée il y a toujours un gagnant mais une armée contre un peuple l’armée perdra sur est certain.