Algérie : la « Justice du téléphone » s’offre un budget historique en 2022 dépassant les 670 millions de dollars

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Largement décriée pour « sa servitude volontaire » vis-à-vis du pouvoir politique et de son arbitraire, la justice algérienne, communément appelée la « Justice du Téléphone », va bénéficier d’un budget historique en 2022. Un budget qui dépassera les 92,2 milliards de Da, soit l’équivalent de plus de 670 millions de dollars, nous apprend à ce sujet le projet de loi de finances (PLF) pour l’exercice 2022. 

En effet, pour l’année prochaine, à savoir 2022, l’Etat algérien va allouer à sa justice, qui ne cesse de susciter des controverses au sujet de son instrumentalisation politique permanente contre les militants et opposants pacifiques, plus de 92,3 milliards de Da. C’est un budget inédit car il atteint des seuils financiers jamais égalés par le passé pour la justice algérienne. Pour s’en convaincre, il suffit de savoir qu’en 2018, uniquement 74,54 milliards de Da ont été accordés aux tribunaux et magistrats algériens, à savoir l’équivalent de 540 millions de dollars américains. En 2019, ce même budget est monté légèrement jusqu’à 75,8 milliards de Da, soit l’équivalent de 550 millions de dollars US.

En 2020, le budget du ministère de la Justice était également de 77,5 milliards de Da, soit l’équivalent  de 570 millions de dollars. Deux ans plus tard, ce budget explose puisqu’il a été hissé jusqu’à plus de 92,2 milliards de Da. Une augmentation anormalement élevée qui n’a nullement été justifiée par les pouvoirs publics. Mais selon plusieurs sources officieuses proches du gouvernement approchées par Algérie Part, en 2022, les dirigeants algériens envisagent de bien choyer les juges et magistrats. Augmentations de salaires, rénovation de plusieurs tribunaux, création de nouveaux pôles judiciaires, renforcement des moyens et services de l’administration centrale du ministère de la Justice, etc., le pouvoir algérien veut absolument faire comprendre aux juges et magistrats qu’il compte bien les récompenser pour leurs « services rendus » dans la répression musclée et arbitraire du mouvement de contestation populaire pacifique qui est le Hirak menée tout au long de l’année 2021.

En revanche, aucun investissement notable n’a été prévu pour l’administration pénitentiaire alors que la plupart des prisons algériennes sont vieillissantes et peu respectueuses des droits élémentaires pouvant protéger la dignité humaine. Dans ce domaine, uniquement des promesses ont été faites, mais rien de concret n’a été réalisé.

 

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