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A J-1 du scrutin électoral du 12 juin, plusieurs opposants et journalistes algériens ont dormi à « Antar »

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L’opposant Karim Tabbou, les journalistes El Kadi Ihssane et Khaled Drareni ainsi que plusieurs autres activistes du Hirak ou des militants démocrates partisans du changement pacifique en Algérie ont dormi jeudi soir à la caserne Antar, le lugubre centre opérationnel de la Direction Générale de la Sécurité Intérieure (DGSI), principale branche des services secrets algériens. C’est un véritable coup de fil contre l’opposition algérienne à J-1 d la tenue des élections législatives anticipées le 12 juin prochain. 

Les arrestations ont été violentes et leur mode opérationnel nous rappellent les tristes années 90 où les activistes disparaissant subitement pour se retrouver ensuite enfermés dans une caserne militaire des services secrets afin de les soumettre à des auditions et des interrogatoires souvent accompagnés par des sévices et des violences caractérisées.

Ces arrestations ont eu lieu hier jeudi en fin de journée  à 48 heures des législatives anticipées censées apporter une nouvelle légitimité au régime mais rejetées par le mouvement contestataire Hirak et une partie de l’opposition, sur fond de répression généralisée.

Karim Tabbou, 47 ans, avait été libéré le 29 avril sous contrôle judiciaire après une altercation avec Bouzid Lazhari, le président du Conseil National des Droits de l’Homme (CNDH), un organisme officiel. Emprisonné de septembre 2019 à juillet 2020, Karim Tabbou est un visage très populaire de la contestation antirégime, Hirak, déclenchée en février 2019. Il a été arrêté par une trentaine d’éléments de la DGSI à son domicile familial à Douéra, dans la banlieue ouest d’Alger.

Quant à Ihsane El Kadi, il a été placé sous contrôle judiciaire le 18 mai. Il est accusé de «diffusion de fausses informations à même de porter atteinte à l’unité nationale», «perturbations des élections» et «réouverture du dossier de la tragédie nationale» des années 1990. Ce dernier chef d’accusation se réfère à la Charte pour la paix et la réconciliation, censée tourner la page de la guerre civile de la «décennie noire» (1992-2002). Le directeur de Radio M a été arrêté à la sortie de son bureau situé en plein coeur d’Alger-centre.

Khaled Drareni a été également arrêté jeudi soir à Alger-centre et la DGSI l’a autorisé à la fin de la nuit de contacter sa famille pour lui confirmer officiellement son arrestation et son maintien en garde-à-vue au niveau de la caserne Antar. D’autres services de sécurité ont procédé jeudi soir à l’arrestation de plusieurs autres militants et activistes du Hirak à Oran, Sétif, Alger ou ailleurs. Plusieurs militants arrêtés ont été d’ores et déjà identifiés par le comité national de libération des détenus d’opinion (CNLD). Il s’agit de Smail Aggoun, Mustapha Radjouh, Farid El Bar, Sofiane Rabiai.

Ces arrestations  sont intervenues au moment où le procureur du tribunal de Sidi M’Hamed à Alger a annoncé, lors d’une conférence de presse tenue hier jeudi, l’arrestation de dix personnes membres d’une «cellule qui incitait aux rassemblements et à l’atteinte à la sécurité nationale». Douze autres personnes sont en fuite, dont une partie à l’étranger, selon le procureur, qui a mentionné la France et les Etats-Unis. Le Comité national pour la libération des détenus (CNLD), une association de soutien, a fait état d’autres arrestations à Alger et Oran (nord-ouest).

Dans le même temps, le président Abdelmadjid Tebboune a affirmé que «le citoyen est souverain dans le choix de ses représentants à l’Assemblée populaire nationale», lors d’une visite à l’Autorité nationale indépendante des élections (ANIE). A l’approche de l’échéance électorale, le régime – façade civile de l’armée – a multiplié les interpellations et les poursuites judiciaires visant opposants politiques, militants hirakistes, avocats et journalistes indépendants. C’est une terrible régression pour l’Algérie de 2021. Le pays est définitivement en train de sombrer dans un inquiétant totalitarisme.

 

 

 

3 COMMENTS

  1. La junte militaro- islamiste algérienne veut réussir là où le système colonial français a échoué : soumission des peuples algériens (respect par rapport à la diversité), par la répression, le terrorisme d’état et l’islamisation rétrograde. En un mot l’abrutissement des indigènes légués par la colonisation pour mieux piller les richesses du pays. La France coloniale, diabolisée par, la junte militaro- islamiste algérienne, malgré son code d’indigénat avait permis une petite lueur, l’ouverture de quelques écoles de la république qui forma une élite indigène de haute qualité, qui la chassera d’une manière définitive. Riche de cette expérience coloniale, la junte militaro- islamiste algérienne utilise tous les moyens et sans état d’âme pour mener a bon port sa « réussite » historique. Mais, elle ne réussira pas.

  2. @Ben² vous voulez réécrire l’histoire et nous faire croire que la France colonial était bien meilleur
    Il faut demander l’avis au 2 millions d’indigènes qui ont été délogé de leurs villages ou Dechras puis parqué dans des camps comme es animaux, ou la faim, les maladies et les mauvais traitements ont décimés des dizaines de milliers d’enfants : rapport de Michel Rocard , future premier minsitre ( livre disponible chez Amazon )
    Les dizaines de milliers de femmes algériennes violées par des paras, des soldats et des harkis
    Les centaines de milliers de civils morts sous la tortures, les bombardements , ou de privations
    Non désolé, avant 1962; 90 % des autochtones vivaient sous le seuil de pauvreté, étaient sans aucune instructions, et sans droits dans leurs propres pays
    On aime pas le pouvoir en place, soit, mais votre comparaison n’a pas de sens

  3. Ben
    « La junte militaro islamiste »
    Tu peux expliquer ce que tu entends par islamiste?
    J’arrive pas à comprendre ce terme « islamiste » mis à toutes les sauces.
    La junte militaro cleptomane serait plus approprié non?
    Arrêtez de toujours vouloir instrumentalisé la religion musulmane, où alors faites le pour tout et n’importe quoi.
    Ex: si ton boulanger ne te rends pas bien la monnaie, tu vas dire « mon boulanger islamiste»…

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